Astringents, houleux et cadencés, les poèmes de Jean-Sébastien Larouche sont à la fois caresses et claques s’‘a gueule, embrassades et étranglements, bouteilles vides, bouteilles pleines ; l’impression de nager ardemment, sans bouée, pendant que le reste du monde semble naviguer à bord d’embarcations.
Des longueurs dans le Styx est le dernier recueil de poèmes qu’a fait paraître en son nom Jean-Sebastien Larouche, décédé en 2024. Cofondateur des éditions de l’Écrou avec Carl Bessette, Larouche aura publié deux livres à cette enseigne, l’autre étant une anthologie de publications antérieures.
Les poèmes présentés dans Des longueurs dans le Styx mettent de l’avant une poésie trash, mais humaine, sensible mais violente. Des vers sales côtoient des vers où le rythme et l’oralité rappellent les performances et le slam qu’affectionnaient Larouche. Une poésie humaine transpire donc de texte meurtris et pétris de colère, de tristesse, de déception et de mort. Le poète livre ainsi des textes parfois violents et provocateurs, mais dans lesquels les qualités littéraires restent très présentes. Le goût de l’auteur et son talent pour dénicher des trésors poétiques, à titre d’éditeur, se reflètent dans cet ultime recueil. Une œuvre à découvrir!
j't'a l'abri de tout au fond du puits y'a pas grand chose... et pis la patente étincelante que tu m'avais montrée avant de l'y jeter tout au fond en disant : va chercher ben, c'est con j'arrive pas à la r'trouver