Pour ma dernière année au secondaire, j’ai droit à une nouvelle école. Encore une. Mais j’ai l’habitude. Mes parents déménagent souvent. Au début, c’était difficile ; toutefois, au fil du temps, je me suis réglée.
Je suis une horloge qui fonctionne selon son propre rythme : régulier, fixe, immuable. La clé de ma stabilité ? Je n’ai besoin de personne. Je n’ai pas d’amis. Ça pourrait sembler triste, mais, pour moi, c’est reposant. Avoir des amis, ça multiplie les risques d’imprévus. Et puis, je n’ai jamais compris comment connecter avec les gens.
J’étais à l’aise dans ce rythme jusqu’à ce que je reçoive un diagnostic de TSA. Depuis que j’ai été étiquetée comme « Asperger », mes parents insistent pour que je m’intègre, que je me fasse des amis. Eh bien, d’accord. Je vais m’y mettre. Ce sera mon plan pour prouver au monde que je suis capable d’accomplir ce que j’ai en tête.
Évidemment, tout ça, c’était de la théorie. Le plan ne s’est pas passé comme prévu. Tous mes rouages ont explosé. Je suis une horloge brisée.
Les personnes vivant avec un syndrome d’Asperger peuvent adopter des comportements compulsifs ou stéréotypés, développer des intérêts très profonds pour certains sujets, accorder une grande importance aux routines et présenter des difficultés à déchiffrer des situations sociales et à y participer. Prendre conscience de leur façon unique d’être et de penser, mais aussi respecter l’individualité de chacun, est essentiel pour bien les accompagner dans leur cheminement.
Iris M. est asperger elle-même. L’histoire qu’elle raconte est donc particulièrement sentie : on a ici affaire à un récit personnel qui, bien que n’étant pas de l’autofiction, fait écho à du vécu. Et c’est ce qui fait la force du récit en lequel on croit dès le départ. Parce que Camille a des TOC, fait preuve de maladresse dans ses rapports sociaux, a des tics de langage… mais tout ça est bien réel. Et lire ce roman permet de vraiment comprendre comment se passe le quotidien de ceux qui vivent avec un TSA, à la fois quand ils sont seuls avec eux-mêmes et quand ils font face au regard des autres. D’ailleurs, les différentes tentatives sociales de Camille (dont une première relation amoureuse) sont vraiment intéressantes à découvrir.
Ce qui est aussi chouette dans L’horloge, c’est l’écriture d’Iris M. Constituée de phrases souvent courtes, mais fluides, elle est évocatrice tout en étant accessible. Ainsi, on peut vraiment entrer dans la tête de Camille et ressentir ses émotions comme son impression de décalage. Chapeau!
J’ai adoré voir comment c’était dans la tête d’une personne Asperger. Les difficultés de la narratrice semblent tellement banales, mais sont ô combien éprouvantes! Un beau récit sur la différence et l’amitié.
Encore un que j’ai beaucoup aimée, cette fois sur le TSA.
C’était hyper intéressant de voir un personnage avec ce diagnostic dans un livre. Par contre, si vous avez ce diagnostic, ne faites pas comme Camille et n’essayez pas de changer à tout prix.
Ce livre nous montre que d’essayer de changer, ça peut empirer la situation. Peu importe comment vous êtes, si vous êtes différent vous êtes beaux quand même. C’est ce que j’aurai eu envie de dire à Camille, lui dire qu’elle est une belle personne et de ne pas avoir peur.
Chronique complète: https://au-boulevard-du-livre.blogspo... ____________________________________ Aussitôt, le prologue nous aiguille sur la raison du titre, si bien choisi d'ailleurs. Les comparaisons et les explications sont parfaites, éloquentes, vraies et réalistes. Camille expose ses pensées et ses questionnements à un point où l'on se met aisément à sa place, dans sa peau. Avec ce récit, on prend conscience de certaines choses et on vient à les voir différemment, du point de vue de Camille, et à les comprendre. Des moments que l'on n’a jamais cru angoissants nous apparaissent maintenant sous un nouvel angle, et cela devient beaucoup plus aisé de saisir la façon dont les gens comme elle se sentent.