avec tout ce qui se passe en ce moment en france, (le covid, la présidence de macron, la montée du nationalisme et de la droite, la fracture de la gauche, les urgences payantes, l’obligation vaccinale, les mesures anti covid prises avec les pieds, ect.) ce recueil de poème est une fraîcheur.
honnêtement.
je suis retombée pleinement amoureuse de la France, de Paris mais pas uniquement, aussi des campagnes et des régions françaises, de l’histoire et du patrimoine français.
le patriotisme d’Aragon n’a rien n’avoir avec celui de la droite. il est doux, il est certain, comme une brise dans un été cuisant. ce n’est pas un patriotisme qui cherche à ne garder la France que pour les français, c’est un patriotisme, un hymne d’amour pour la France pour TOUT LE MONDE.
je vous laisse une douce citation : “le sanglot organique et profond de la France, comme ce parler de toute la terre et de toute l’histoire, dont chaque poète français est l’héritier.”
bien sûr on ne peut parler d’Aragon sans parler de Triolet, et surtout de ses yeux (puisque comme l’affirme Aragon c’était ce qu’il voulait que l’on retienne d’elle “Elles diront Ce sont ses yeux qui lui plurent”). et on ne peut parler de l’amour Triolet-Aragon sans évoquer la vision de l’amour portée par ce dernier.
je n’ai pas besoin d’ajouter quoi que cela soit, sauf qu’il était un féministe avant gardiste je suppose, et que certainement sans s’en rendre compte visait à déconstruire les a priori du genre, en particulier lorsque cela concernait l’amour. “On dira qu’un homme se doit de ne pas exposer son amour sur la place publique. Je répondrai qu’un homme n’a rien de meilleur, de plus pur, et de plus digne d’être perpétué que son amour.”
outre son amour pour Elsa Triolet, Aragon est connu pour sa présence, forte, dans la Résistance durant la Seconde Guerre Mondiale. (notamment a travers son poème, ode de la Résistance, la Rose et le Réséda.) j’avouerai que cet aspect de sa vie est plutôt évident lorsque l’on considère son amour inconditionnel pour France.
cet amour, ainsi qu’une haine et un dégoût pour la guerre, sont bien présent ici, notamment lorsqu’il y mêle ses souvenirs de Dunkerque.
il rend un hommage glaçant et beau, dont les larmes viennent teinter les yeux, à ses frères d’armes.
un dernier aspect qui rends Aragon unique parmi les poètes français est son analyse, auto-analyse, de ses poèmes. il statue que personne n’est mieux placé pour en parler que le poète lui-même, et je ne peux qu’être d’accord.
il débute ainsi ce recueil avec une analyse de ses poèmes, moins de leur thème, plutôt de leurs métriques et des rimes.
il analyse la rime française, l’hypocrisie de certain poètes, et comment certaine faute de français, à travers le prisme du temps, son devenue des œuvres d’art.