"London after the war wasn't a place you went to on holiday…"
Gunther Sloam comes to Nazi-occupied London in search of an old flame. But when she turns up dead, Gunther is accused of the crime…
Moving through the dark streets of London, pursued by the enigmatic Everly of the British Gestapo, Gunther is in way over his head. London after the Nazi occupation is a place haunted by shadows, and everyone he meets is lying to him. As Gunther gets drawn into a deadly web of conspiracy, illicit drug dealing, prostitution and blackmail, the only question can he stay alive long enough to find answers?
Lavie Tidhar was raised on a kibbutz in Israel. He has travelled extensively since he was a teenager, living in South Africa, the UK, Laos, and the small island nation of Vanuatu.
Tidhar began publishing with a poetry collection in Hebrew in 1998, but soon moved to fiction, becoming a prolific author of short stories early in the 21st century.
Temporal Spiders, Spatial Webs won the 2003 Clarke-Bradbury competition, sponsored by the European Space Agency, while The Night Train (2010) was a Sturgeon Award finalist.
Linked story collection HebrewPunk (2007) contains stories of Jewish pulp fantasy.
He co-wrote dark fantasy novel The Tel Aviv Dossier (2009) with Nir Yaniv. The Bookman Histories series, combining literary and historical characters with steampunk elements, includes The Bookman (2010), Camera Obscura (2011), and The Great Game (2012).
Standalone novel Osama (2011) combines pulp adventure with a sophisticated look at the impact of terrorism. It won the 2012 World Fantasy Award, and was a finalist for the Campbell Memorial Award, British Science Fiction Award, and a Kitschie.
His latest novels are Martian Sands and The Violent Century.
Much of Tidhar’s best work is done at novella length, including An Occupation of Angels (2005), Cloud Permutations (2010), British Fantasy Award winner Gorel and the Pot-Bellied God (2011), and Jesus & the Eightfold Path (2011).
Tidhar advocates bringing international SF to a wider audience, and has edited The Apex Book of World SF (2009) and The Apex Book of World SF 2 (2012).
He is also editor-in-chief of the World SF Blog , and in 2011 was a finalist for a World Fantasy Award for his work there.
He also edited A Dick and Jane Primer for Adults (2008); wrote Michael Marshall Smith: The Annotated Bibliography (2004); wrote weird picture book Going to The Moon (2012, with artist Paul McCaffery); and scripted one-shot comic Adolf Hitler’s I Dream of Ants! (2012, with artist Neil Struthers).
Lavie is such a genius, and so good at writing stories like this: stories masquerading as a genre which they're not, really; seemingly about one thing but really about something else entirely.
Auteur d’origine israélienne, Lavie Tidhar aime bien remuer notre Histoire récente pour en tirer des récits percutants qui laissent leur empreinte. Après Aucune terre n’est promise découvert en 2021 chez Mu, je récidive avec cette nouvelle au titre évocateur : Une espèce en voie de disparition.
J’ai toujours eu un faible pour les uchronies, et celle se déroulant dans un univers où les nazis ont gagné, tout particulièrement. Après la trilogie de Jo Walton que j’ai terminé il y a quelques mois, ce fut donc un plaisir d’y retourner avec cette nouvelle qui a tout du roman noir. Car comme dans Aucune terre n’est promise où il s’intéressait à la Palestina et à Ararat City et ses camps de réfugiés africains, imaginant l’évolution qu’elles auraient pu connaître et comment notre humanité aurait réagi, Lavie Tidhar mélange également très bien disparition, enquête et évolution d’une Angleterre sous régime nazi avec extinction des Juifs, totalement annihilés par Hitler et ses comparses.
Le volet policier fut tout ce que j’aime, avec une aura vintage que j’adore, où j’entendais presque la voix dans le narrateur qui nous faisait suivre l’histoire. On y retrouve espionnage, réseaux, sales types et sales femmes. C’est écrit simplement mais finement. Le rythme est bon et je n’ai pas pu lâcher une fois commencé, me sentant obligé d’aller jusqu’au bout. Il faut dire que c’est attachant de suivre l’idéaliste et naïf Gunther Sloam, venu à Londres retrouver un amour de jeunesse, Ulla Blau, une starlette d’avant-guerre, qui lui a envoyé un SOS, mais qu’il ne trouve pas une fois sur place, et qui pire, est peut-être la femme qu’on vient de retrouver morte. En se calant dans ses pas, on met le nez dans les affaires de l’époque et on répond à la question : à quoi ressemblerait une Londres soumise à l’idéologie nazi. Étrangement, cela ressemble énormément à ce que Jo Walton a elle-même imaginé et concrètement, on y croit.
L’ambiance est ainsi grisâtre, terreuse, crasse, collante et poisseuse. On est dans la Londres des bas quartier. On remontre le fil de proxénètes et autres dealers de drogues. On est révoltés par tout ce que ces gens font, car il vont loin dans l’abjection humaine sans le cadre humaniste posé par les opposants aux nazismes. Tout est permis désormais, il y a encore moins de morale que maintenant. C’est juste frustrant de n’avoir cela que sur une nouvelle. Certes, on ne ressent pas de manque car le format est parfaitement calibré. Mais on n’aurait pas été contre y rester plus longtemps et voir développé tout cela, car cela file clairement des frissons et avoir des réflexions plus poussées sur la politique mais également la morale de nos sociétés quand elles ploient sous le joug du totalitarisme aurait été édifiant. Là, c’est un peu survolé au profit de l’enquête.
Une enquête qui comme je le disais m’a apporté son lot de surprises jusqu’au bout, avec même un petit air de l’Etude en rouge de Conan Doyle où tout le monde est pourri, ce que j’apprécie grandement. Elle nous a emmené à explorer les tréfonds l’âme humaine, à nous interroger sur les liens qu’on peut avoir avec nos amis et le regard qu’on porte sur eux, même quand ils dévient de la voie. C’était court mais passionnant et l’alternance entre Gunther, scénariste berlinois candide découvrant Londres, et l’inspecteur Everly, qui travaille pour la Gestapo locale, fut une riche idée pour nourrir encore plus l’histoire.
Je ressors donc conquise de ce court récit dont l’ambiance et la morale grise m’ont beaucoup plu. L’auteur a parfaitement su exploiter le décor uchronique qu’il avait imaginé, explorant bien l’âme humaine lorsqu’elle est tordue par le mal. Je regrette juste que ce ne fut pas un roman pour pleinement développer ce cadre si riche. Mais je me suis tellement fondue dans l’enquête lors du récit que je n’ai ressenti aucun manque lors de la lecture. Soyez rassuré, le format est parfait. Je suis juste gourmande 😉
Avec Une espèce en voie de disparition, Lavie Tidhar poursuit son exploration singulière de l’uchronie en mêlant polar noir, satire politique et réflexion vertigineuse sur la mémoire culturelle européenne. L’auteur imagine un monde où l’Allemagne nazie a remporté la Seconde Guerre mondiale, transformant l’Angleterre en simple protectorat du Reich. Mais loin d’un récit spectaculaire ou militaire, Tidhar choisit un angle plus insidieux : celui de la décadence morale et artistique d’un monde privé d’espoir.
Gunther Sloam, scénariste berlinois de films mineurs, arrive dans un Londres occupé à la recherche d’Ulla Blau, actrice disparue et amour ancien dont la lettre énigmatique réveille un passé qu’il croyait enterré. Dès les premières pages, la ville apparaît comme un personnage à part entière : une capitale défigurée, rongée par la peur, la corruption et la surveillance permanente. Le Londres de Tidhar n’est pas seulement occupé ; il semble vidé de son âme.
L’auteur détourne les codes du roman noir classique. Sloam incarne le détective malgré lui, figure fatiguée et désabusée, évoluant dans un univers où la vérité n’a plus réellement de valeur. Les cadavres s’accumulent, les pistes se brouillent, et la Gestapo locale impose une atmosphère de paranoïa constante. Mais l’enquête criminelle devient rapidement secondaire face à une interrogation plus profonde : que reste-t-il de la culture, du désir et de l’humanité lorsque le totalitarisme triomphe durablement ?
Lavie Tidhar excelle dans cette ambiguïté tonale. Son roman oscille entre hommage aux pulp fictions, critique politique acerbe et méditation mélancolique sur la disparition d’un certain imaginaire européen. Le cinéma, omniprésent dans le récit, agit comme une métaphore centrale : dans ce monde alternatif, la fiction elle-même semble avoir perdu sa capacité à rêver.
L’uchronie fonctionne ici moins comme un exercice spéculatif que comme un miroir déformant de notre propre histoire. Tidhar ne cherche pas à expliquer comment le Reich aurait gagné, mais à explorer les conséquences psychologiques d’une victoire prolongée du fascisme : fatigue morale, compromis permanents, banalisation de la violence. Les personnages évoluent dans une zone grise où survivre implique souvent de renoncer à toute innocence.
Le style, dense et imprégné d’ironie noire, évoque autant le roman d’espionnage que le film noir des années 1940. L’écriture refuse le spectaculaire pour privilégier une atmosphère oppressante, presque poisseuse, où chaque dialogue semble chargé de menace implicite.
Si l’intrigue peut volontairement désorienter par ses détours et son refus des résolutions simples, cette désorientation participe pleinement du projet de l’auteur : montrer un monde où les repères moraux et narratifs eux-mêmes ont été corrompus.
Avec Une espèce en voie de disparition, Lavie Tidhar signe un roman sombre et intellectuellement stimulant, où le polar devient un outil d’exploration historique et philosophique. Une œuvre inquiétante, qui rappelle que certaines victoires imaginaires révèlent surtout nos peurs bien réelles.
Au début des années 50, suite au triomphe de l’Allemagne nazi, l’Angleterre est devenue une colonie du Reich. Gunther Sloam, scénariste berlinois de seconde zone, débarque à Londres après l’appel au secours d’Ulla Blau, une ancienne actrice dont il a été l’amant. Ne l’ayant pas trouvée chez elle, il échoue dans un pub où il rencontre un drôle de personnage avant de sombrer dans un trou noir et de se réveiller face à un inspecteur de la gestapo qui l’accuse de meurtre... Un court texte, qui vaut surtout pour son ambiance. L’immersion dans un Londres vaincu par les nazis où des swastikas flottent sur Buckingham Palace est saisissante de réalisme. Tout y est poisseux, humide, les ruelles désertés manquent de luminosité et les décombres des bombardements jonchent les trottoirs tandis que les anglais, sous le joug de l’envahisseur, courbent l’échine dans leurs habits usés jusqu’à la corde, sans véritable espoir de jours meilleurs. Les histoires où l’Allemagne a gagné la guerre sont légion et l’on pourrait craindre que celle-ci n’apporte rien de nouveau à ce type d’uchronie. Ce n’est heureusement pas du tout le cas, Lavie Tidhar orientant son intrigue vers le polar old school, avec des personnages qui pourraient être tout droit sortis d’un roman de Raymond Chandler. Aussi culotté que percutant !
De haber sido lo primero de Tidhar en llegar a mis manos me hubiese parecido una barbaridad: está tan bien escrito que no se puede aguantar, y el típico juego al que nos tiene acostumbrados el autor con el género del la historia y las convenciones narrativas que lo sustentan mola muchísimo. Sin embargo, al haber leído ya bastantes cosas del autor, es algo que no me ha cogido por sorpresa: posteriormente reutilizaría muchos elementos aquí presentes en obras como «Unholy land» (que he leído y disfrutado) y por tanto pierden parte de su efectividad.
Esto no quita que haya disfrutado mucho de esta novela corta: la prosa de Tidhar no se lee, se bebe. Tiene un sentido del ritmo narrativo y del lenguaje al alcance de muy pocos escritores/as. Además el girito final está chulo. Muy recomendable.
Une lecture (très) rapide et agréable. J'ai beaucoup aimé le côté uchronie. L'histoire se passe dans le Londres d'après-guerre, mais une guerre gagnée par les Allemands. Nous sommes donc dans un pays vaincu, colonie du Reich. Les anciens pays neutres sont devenus des protectorats. Bref, l'Europe est allemande, et le reste du monde en passe de le devenir. Tout ça, c'est le décor. Un décor bien construit, qui se précise au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire, mais sans perte de temps en explications (et j'ai beaucoup apprécié ce côté "c'est comme ça"). Par contre, l'histoire en elle-même, je l'ai trouvée un peu confuse. Je reste sur quelques questions non répondues, et j'ai horreur de ça. [spoiler] LA question principale, pour moi, c'est "pourquoi Ulla a-t-elle demandé à Gunther de venir à Londres???"[/spoiler] La fin, par contre, était un chouette twist!
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I really liked this alternate history noir novella. The story is taking place in Nazi occupied London, and contains some clever twists. The fact that the first person narrator is not the main character made this all the more interesting, and there is an important reason for this choice. On the downside, the formatting of the ebook has some glitches, and the editing was sloppy. Also, what is it with English speaking authors and weirdly spelled German names?
A fun little pulpy noir romp through the seedy underworld of post-war London occupied by the third reich. There are some fun twists and turns, well-executed characters and characterizations, and interesting narrator. My only issue with the ebook is that it needed some better editing and proof-reading, as there are some odd grammatical parts and misspellings that irks me.
An alternate history noir mystery set in a post-war Nazi-occupied London, as the hapless Gunther flails about looking for his ex-lover Ulla. I really liked the narrator, Everly, a British Gestapo agent. The dry narrative voice and the shifts in perspective really worked for me, and the ending was quite appropriate.
He's good, isn't he? Beautifully rendered alternate history noir, set in London still reeling after being destroyed by the German victory in WWII. It's always about the girl, isn't it?
Plutôt 2,5/5. La dystopie n'est qu'un prétexte à une banale histoire policière. L'univers est peu recherché. Durant ma lecture, je n'ai pas ressenti l'envie de savoir ce qui est arrivé à Ulla...
Everyone likes alternative history, and the premise - a run-down London conquered by the Nazis - is promising. But the execution is disappointing. Plot twists of the kind that are exciting then and there, but once you think about them, don't make sense.
Uchronie finalement assez sage, lecture courte et plaisante mais il n’y a guère que le twist final qui reste en tête quelques jours après l’avoir refermé.