"Elle aimait les voyages, la vitesse, le tennis, les fêtes de famille et les soirées parisiennes. Elle rêvait d'être comédienne et de voir les États-Unis. Elle a traversé le siècle, la Seconde Guerre, les épreuves de la vie. Elle a enduré la solitude et les deuils avec une conviction chevillée au coeur : en toutes circonstances, il faut faire bonne figure et garder le sourire. A 95 ans, après une énième chute, Suzanne s'est résignée à s'installer dans une Ehpad, un établissement pour personnes âgées dépendantes. Infantilisée, humiliée parfois par un personnel débordé, elle s'étonne de ne bénéficier que d'une douche par semaine, trouve les journées bien longues et la nourriture immangeable. Depuis qu'elle a quitté son domicile, elle a perdu vingt kilos et moi, quelques grammes d'humour car Suzanne, c'est ma grand-mère." F.P. Dans ce récit poignant, Frédéric Pommier explore la mémoire d'une femme lucide et battante, emblématique de sa génération. Il interroge la manière dont sont traités nos aînés, mais aussi les soignants. Avec humour et tendresse, il nous plonge dans une histoire d'amour et de transmission où, en dépit des drames et de la violence, triomphent le rire et la passion. Frédéric Pommier est journaliste à France Inter.
Entre témoignage sur les conditions de vie en EHPAD et récit de vie, Frédéric Pommier signe un bel et touchant hommage à sa grand-mère, Suzanne. Souvent contée à la troisième personne, cette histoire prend un ton d'autant plus personnel et plein de tendresse dès que l'auteur passe à la première personne et évoque ses propres souvenirs liés à Suzanne. La plume, délicate et légère, rend les passages pénibles plus faciles à lire mais j'ai tout de même trouvé cette lecture difficile.
J'ai aimé l'histoire de cette femme qui a eu une vie longue et riche heurtée par les grands bouleversements historiques du XXe siècle et les drames personnels mais les paragraphes sur ses journées passées en EHPAD étaient vraiment durs. On a ici une vraie critique sur ces établissements non seulement du point de vue des personnes âgées mais aussi des soignants qui sont également en grande souffrance. C'est brut et révoltant.
Au final cette lecture a été douloureuse mais il n'empêche que c'est un beau livre car à la fois plein d'amour pour la vie mais aussi utile et instructif pour nos sociétés trop peu attentives aux personnes âgées.
Frédéric Pommier, l’auteur de l’essai « Suzanne » retrace la vie de sa grand-mère, une femme qui fût dynamique, fantasque, enthousiaste, optimiste. Suzanne a pour devise : « sourire quand même ». Le récit se déroule en courts chapitres qui alternent entre le passé trépidant de Suzanne et le présent où nous la découvrons âgée vivant dans une maison de retraite. Le personnel médical à plus en charge un numéro de chambre, qu’une personne. Nous sommes au cœur de la maltraitance ordinaire. Les personnes âgées sont peu considérées et leur personnalité est niée. L’auteur s’interroge : « Lui a-t-on demandé comment elle se sentait ? Lui a-t-on demandé si elle s’ennuyait ? Lui a-t-on posé des questions sur sa vie d’avant ? Que sait-on d’elle ici ? Rien, absolument rien. Tout juste connait-on ses pathologies. Elle aimerait discuter...Il fait déjà nuit. On vient lui prendre ses « constantes ».
Nous nous attachons à Suzanne et à son mari décédé trop jeune dont Frederic Pommier dresse un portrait élogieux. Elle est courageuse Suzanne et relève les défis de la vie pour ses filles. L’attachement du lecteur Pour Suzanne rend encore plus insupportable la désinvolture du personnel soignant et le manque d’humanisme pour les personnes dépendantes. Frédéric Pommier constate cet état de fait sans condamner le personnel débordé, et mal payé. Ce récit est poignant, tout en restant optimiste et plein d’humour. J’ai beaucoup apprécié ce livre sensible dont le sujet sous-jacent, l’hospitalisation dans de bonnes conditions des personnes dépendantes, et la lutte contre la maltraitance ordinaire me tiennent à cœur. Un beau moment de lecture pour moi qui pousse à la réflexion.
C'est une lecture très touchante. Ce sont deux histoires à la fois : celle de Suzanne, de sa jeunesse à sa vieillesse, mais aussi celle de Suzanne âgée, faisant face aux violences envers les plus âgés.
C'est une lecture très touchante puisque l'on découvre Suzanne de celle qu'elle fut, à celle d'aujourd'hui. Après des années difficiles, faite de joie et de peine, on la découvre fragile, faisant face à la vieillesse, aux maux de cette période. Mais aussi, l'auteur dénonce toute la violence à laquelle les personnes âgées font face : le manque de temps qui leur est accordé, les soins qui sont faits dans une précipitation (quand ils sont faits). Cette solitude pesante. Ce silence. Cette recherche de la tendresse et des petites joies qui sont tout désormais. C'est beau et dur à la fois aussi.
Suzanne est une femme comme tant d'autres : elle a dû faire prendre de courage, d'humilité, de force. Elle a connu la perte d'un enfant, de son mari, à connu de jolies joies aussi. Grâce à son caractère, elle a pu conduire, travailler avec son époux.
Suzanne, c'est une petite histoire, c'est aussi une histoire universelle en quelque sorte. C'est une histoire qui permet de prendre conscience de l'importance de prendre soin de nos anciens qui ont eu une vie avant, qui ne méritent pas autant de peu d'attention, de soin, de tendresse. D'écoute aussi.
C'est beau, cela se lit rapidement et avec beaucoup d'émotion sans tomber dans le sordide. C'est émouvant, c'est tendre. À découvrir !
J'ai trouvé que la grande force de ce livre réside dans l'alternance et le contraste saisissant et violent entre les tranches de vie de Suzanne (étape après étape, aussi fortes et riches les unes que les autres, pleine d'énergie, de volonté, de liberté et ayant toutes ses capacités) et sa retraite en EHPAD, glauque et triste à souhait. Jamais nous ne serons aussi jeunes qu'aujourd'hui. En aussi bonne santé qu'aujourd'hui. Aussi maîtres de nos choix et de nos vies qu'aujourd'hui. Jamais nous ne serons aussi indépendants qu'aujourd'hui. Jamais la question de notre propre dignité ne se posera avec moins d'acuité qu'aujourd'hui. Et les nourritures affectives sont et seront encore et toujours tout.
J'ai aimé ce parallèle fait entre la vie passée de cette femme et sa vie actuelle en mai son de retraite. C'est plein de tristes vérités et bouillonne de joie de vivre. Un témoignage sensible et intime. Le style reste moyen.
J'ai lu ce livre pour mon bac et j'ai choisi de le présenter à l'oral avec grand plaisir. L'histoire est très touchante et montre les étapes de la vie de Suzanne. C'est aussi un livre qui met en lumière des sujets importants (comme dénoncer les conditions de vie en EHPAD).
Belle histoire de Suzanne, la grand mère de l'auteur, sur presque un siècle en parallèle avec des petits extraits de la vie de cette vieille dame dans un EHPAD. C'est très émouvant, sensible, ça bouscule et nous fait réfléchir sur la fin de vie et le regard que l'on porte sur nos anciens dans notre société moderne, individualiste où tout va trop vite sauf pour les habitants de ces maisons de retraite, où le temps semble s'arrêter ! Ce livre ne peut pas laisser indifférent.