Il y a Toi, bonne à tout subir et à tout faire, Makenzy, en père pire que maudit, Orcel, le frère mutique posté devant la mer, l’Envoyé de Dieu et ses bacchanales infernales, et puis les loups qui rôdent en mauvais anges expropriateurs… Et il y a la voix, une voix de femme qui monte du fond de l’abîme ou du tréfonds du ventre. Elle s’incarne, libre, puissante, en récitante héroïque de sa vie de rien, celle d’avant la mort, avant que les siens ne l’abandonnent dans ce village perdu – « je suis le rare cadavre ici qui n’ait pas été tué par un coup de magie, un coup de machette dans la nuque ou une expédition vaudou, il n’y aura pas d’enquête, de prestidigitation policière, de suspense à couper le souffle comme dans les films et les romans – et je te le dis tout de suite, ce n’est pas une histoire –, je suis morte de ma belle mort, c’était l’heure de m’en aller, c’est tout » Un roman tout entier porté par le souffle d’un verbe incandescent. Makenzy Orcel est né à Port-au-Prince en 1983. Après les Immortelles, premier roman très remarqué, salué par le Prix Thyde Monnier de la SGDL, il nous revient avec l’Ombre animale, magistral.
L'ombre animale est un livre cruel, n'ayant pas vraiment d'histoire (comme le dit la narratrice dès le début) mais pourtant à couper le souffle. L'écriture est haletante, tout s'enchaîne alors que le roman est dénué d'action avant les 100 dernières pages... C'est un roman difficile, qui demande de s'accrocher, mais je n'arrive pas à déterminer si ça en valait vraiment la peine. Mitigée donc.
Un roman très bien écrit. Syntaxe épurée pas de majuscule pas de points. Un rythme assez particulier mais qui colle bien à l'histoire. On suit une morte qui nous raconte ce que qu'à été sa vie: sa famille, ses rêves, les personnes qu'elle a connu, son village. Un roman aussi beau que dur. Dur par ces thèmes TW. Le style est poétique et cru à la fois.