« J’allais souffler ma chandelle et me coucher. J’ai jeté un dernier regard par la fenêtre avant de la fermer. La lumière lointaine brillait toujours. La jeune fille a réapparu.
Elle se protège le visage du bras gauche, et tend l’autre en avant. Elle recule. Un homme surgit à gauche, noir, le bras levé. Il lui prend le poignet d’une main. Il lève l’autre bras. Un éclair d’acier. Une sorte de couperet. Il la frappe sur le bras ; la lame se relève, sanglante, puis s’abat sur la tête. La lampe tombe et s’éteint. La nuit.
J’en suis atterré. Je ne rêve pas, mais je suis dans un cauchemar. Que puis-je y faire ? À cette heure ? »
Floréal Krattz, le doux poète, devient enquêteur malgré lui, à la poursuite d’un tueur fou. Le commissaire Engelberger, Théophile le carabin, Massiot le détective, Helmuth l’ancien bagnard et sa compagne Barbara lui offrent leur aide.
Ce thriller historique nous replonge avec brio dans les bas-fonds du Strasbourg du XIXe siècle. Un hommage aux grands romans de crime et de mystère de cette période fameuse, à Balzac, Sue, Féval, Dumas...
Un bel hommage aux romans "policiers" du 19e, mais un peu scolaire et cousu de fil blanc. On tire un fil ici, il se recoupe avec un autre là et puis tout se déroule pas à pas. Par contre, on est délicieusement plongé dans le Strasbourg d'avant le printemps des peuples entre bonne société protestante, milieux fouriéristes, bonapartistes, républicains et monarchistes, - et j'en oublie sûrement - moeurs frivoles des notables, paysages poisseux de la ville non hygénique et bucolique de la proche campagne bientôt urbanisée.