"À supposer qu'ils habitent la même ville, Louisa Makhloufi et Romain Praisse y resteraient-ils encore cent ans que la probabilité qu'ils se croisent, s'avisent et s'entreprennent resterait à peu près nulle. En sorte que si l'une des 87 caméras de surveillance installées en 2004 par les techniciens d'un prestataire privé de la mairie les voit se croiser, s'aviser, s'entreprendre, ce ne sera qu'à la faveur d'un dérèglement des trajectoires lié à une conjonction hasardeuse de faits nécessaires." Dans une France contemporaine fracturée, François Bégaudeau met en regard violence économique et drame personnel, imaginant une exception romanesque comme pour mieux confirmer les règles implicites de la reproduction sociale.
He was born in Luçon, Vendée and was first a member of the 1990s punk rock group Zabriskie Pont. After receiving his degree in Literature, he taught high school in Dreux and in an inner city middle school in Paris. He published his first novel, Jouer juste in 2003. In 2005, he published Dans la diagonale and Un démocrate, Mick Jagger 1960-1969, a fictionalized account of the life of Mick Jagger.
In 2006, his third novel entitled Entre les murs earned him the Prix France Culture/Télérama.
François Bégaudeau is a movie critic for the French version of Playboy, having previously worked for the Cahiers du cinéma. He also was a regular contributor for several French magazines, including Inculte, Transfuge and So Foot. Since September 2006, he is a columnist for La Matinale and Le Cercle on Canal+ television.
He worked on the screenplay of Entre les murs, a film based on his 2006 novel, in collaboration with Laurent Cantet. He also starred in the film, which received the Palme d'Or at the 2008 Cannes Film Festival, and an Academy Award nomination for Best Foreign Language Film in 2009 (though it lost to Japan's Departures). The English language version of Entre les murs was published in April 2009 by Seven Stories Press under the title The Class.
Le style que j’avais aimé dans Amour pouvait être un peu lourd par moment ici, et globalement un livre qui par son cynisme met un peu dans l’inconfort mais j’ai bien aimé !
J'achète 'En guerre', du gars Bégaudeau François, dans l'espoir de faire l'acquisition d'un livre où la guerre idéologique (les attentats, le délire sécuritaire, le wakhbrisme, t'yavu) primerait sur une guerre sociale qu'on préfère passer sous silence (un peu comme si le code du travail subissait une purge, en fait), en me disant : "Ah, enfin un auteur, et pas un mauvais, en plus, pour mettre en littérature ce que nous vivons au quotidien." (pour les mal-comprenant, on le sait déjà : le risque sécuritaire PRIME sur le risque social - pire : le risque sécuritaire ANNULE la question sociale ; question de priorité). J'ai lu mon Sartre, et je n'ai toujours pas compris ce qu'est la littérature. Mais si Bégaudeau fait de la littérature dans 'En guerre', alors voilà comment on pourrait définir la littérature : ce serait un condensé de BFMtv pris en levrette par Médiapart. Beaucoup d'actualité. Beaucoup de machins qui ne sont déjà plus à la mode au moment où on lit un bouquin que son auteur - pas con, juste un peu poussif sur le métier - voulait ou savait trop urgents au moment où il le rédigeait. Témoigner d'une époque (surtout contemporaine) est un peu plus complexe que de brasser des faits de société (vraiment, la tournée de Trump au Bataclan, chéri, c'est SO 2015)… 'En guerre', de Bégaudeau, c'est comme tous ces "essais" d'actualité qui polluent les tables de librairies. Sitôt écrits, déjà has-been. Editeurs, vous n'êtes pas assez réactifs...
Je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire un titre signé François Bégaudeau alors que j’ai souvent vu des articles sur ses romans. Je l’ai vu aussi à « La Grande Librairie » de mémoire, mais point de passage à l’acte, il y a toujours tant à lire. Donc quand j’ai vu passer cette opportunité pour la rentrée littéraire de 2018, j’ai un peu sauté dessus. J’ai cru me casser les dents lors des premières pages. C’était assez lourd et j’ai eu quelques craintes. L’écriture m’a paru très ambitieuse, trop même. J’étais prête pour de la littérature, mais pas comme cela. Désagréable sensation de douche froide qui heureusement n’a pas duré.
Petit à petit, je suis rentrée dans l’histoire que l’auteur voulait me narrer. J’ai reconnu des faits, une sérieuse impression de déjà vu est née, mais impossible de remettre les véritables noms en place. Légèrement frustrant, mais cela n’est guère important. C’est mon côté légèrement (complètement) maniaque. J’ai pris mes marques avec les divers protagonistes. Certains ne m’ont pas intéressé plus que cela, enfin disons que je n’étais pas attirée vers eux. C’est comme dans la vie réelle. Vous êtes assez naturellement tourné vers des personnalités, des genres qui vous plaisent, fascinent, intriguent, aimantent… et d’autres au contraire ne vous correspondent pas. Certes, en faisant un pas en avant plutôt qu’en arrière, possible que les choses changent, évoluent, mais soyons honnête, on le fait rarement pour de bonnes et aussi de mauvaises raisons. Sinon pour en revenir aux protagonistes de « En guerre », certains m’ont aussi plu (Romain, Louisa et Cristiano, les principaux en fait). J’ai apprécié les découvrir et pas seulement pour leurs qualités. Leurs défauts étaient souvent encore plus intéressants. Forcément cela nous renvoie un peu à nous et tout n’est pas joli-joli. Là encore, comme dans la vie bien réelle car l’écriture de François Bégaudeau est très réaliste, parfois presque trop. C’est presque plus un documentaire qu’une fiction.
Notre société, ses codes, son fonctionnement même absurde, tout y est avec des incursions dans le jeu des politiques, le monde économique, sa réalité qui broie tant de personnes car tout est forcément lié. Cela forme un tout où personne ne peut en sortir vraiment vainqueur. On y laisse obligatoirement des plumes, voir la vie. Vraiment beaucoup de thématiques au final sont abordées et cette foison donne le tournis. Le style aussi de l’auteur ne facilite pas toujours les choses. C’est dense, cela ne s’arrête jamais encore et toujours comme l’existence. Même si on meurt, la Terre ne s’arrête pas de tourner pour autant.
Assurément ce roman n’est pas une comédie ou plutôt si, mais bien grinçante. L’existence n’est que comédie, jeu de dupes, d’influences, de pouvoir, d’ascendants jusqu’à ce que l’on quitte la partie, mais il y a toujours de nouveaux joueurs donc point encore de Game Over.
Un livre brilliant qui nous montre les injustices sociales et les mensonges que l’ont se dit histoire de se sentir plus à l’aise dans les milieux privilégiés. Louisa et Romain n’auraient jamais dû se rencontrer et même s’ils l’avait fait ils ne se seraient jamais parlé. Et pourtant Louisa trompe l’homme qu’elle aime avec Romain qui la désire mais ne la veut pas. Et quand leurs milieux se cognent ils en resteront changés à jamais. Une histoire d’amour qui n’en est pas une et un livre très bien écrit et qui me restera en tête longtemps.