Tout est possible ! À l’instant où pour toi ça devenait trop lourd de continuer à vivre, j’ai perdu pied. En une nuit tout a basculé. Je suis tombée. J’étais bel et bien dans l’œil du cyclone.
C’est un automne étrange. Un vent mauvais semble souffler sur la meute, accablée par la maladie de deux de ses membres, deux sœurs qui se ressemblent, les deux artistes de la fratrie. Alors que l’aînée, Suzanne, est terrassée par une explosion de vaisseaux sanguins dans son cerveau, la narratrice, elle, implose littéralement, écrasée par l’épuisement. Puis le vent se met à tourner. Pendant que la première se meurt, la seconde recommence à vivre, tout doucement, comme si la force de l’une s’écoulait dans les veines de l’autre. Ce pourrait être une histoire triste, noire, désespérée. Mais c’est plein de couleurs et d’espoir. Sylvie Drapeau réussit, encore une fois, à transformer cette page de vie en « moment sublime de pure beauté ».
Sylvie Drapeau est comédienne. Elle a joué dans de nombreuses productions théâtrales ainsi qu’au cinéma et à la télévision. L'enfer est le troisième opus d'une tétralogie qui compte déjà Le Fleuve et Le ciel.
Une chance qu’ils sont petits les romans de Mme Drapeau! « La terre » est aussi intense et tragique que les trois autres, mais ici on a droit à une belle introspection. L’auteure se dévoile et la finale est magnifique...
Magnifique tétralogie dans laquelle la narratrice s’adresse à un proche décédé différent dans chaque tome. La narratrice revient avec douceur sur les moments partagés et ce qui a mené à leur déchéance. L’écriture de Mme Drapeau est douce et aborde avec délicatesse plusieurs moments difficiles vécus par les divers personnages. J’ai beaucoup aimé me retrouver parmi cette « meute » et de suivre leur parcours de l’enfance à l’âge adulte. J’ai rapidement dévoré les quatre petits tomes. Ce fut une lecture toute en douceur, sensibilité et délicatesse malgré certains sujets plus durs abordés.
Je commente les 4 tomes ici, car il s'agit en fait d'un seul roman coupé en 4 volets. Le 4e a été mon préféré, le sujet de la reconstruction après les drames m'a beaucoup touchée et j'ai trouvé l'écriture de Sylvie Drapeau encore plus poignante, directe, criante de vérité mais exprimée tout en douceur.
Par exemple, des passages comme "La détresse ne s'expose pas. Alors on joue les princesses, on se fait tout un théâtre, en attendant d'aller mieux." Et ce dernier du livre qui m'a complètement bouleversée: "La force ne m'a jamais quittée. Elle attendait patiemment que je revienne à elle."
Bref 4 petits livres tout bon, qui raconte l'histoire familiale de l'auteure, l'actrice Sylvie Drapeau, une histoire parsemée de moments tragiques si bien décrits qu'on en sort pas si tristes que ça finalement. Le synopsis parlait de lumière dans l'ombre, c'est exactement ça.
Aussi lourd que les trois précédents. Cette fois-ci, l’habituel “tu” partage la place avec le “je”. La meute a perdu une fille au même moment que chutait une autre, l’actrice.
Toujours la triste et poétique lecture de Sylvie Drapeau, reçue comme un doux baiser, entendue sur OhDio. J’ai moins appréciée que Le Fleuve et Le Ciel, car La Terre est davantage centré sur l’égo dépressif de la narratrice. Il reste que l’auteure est douloureusement réaliste, elle a l’œil juste sur le monde qu’elle habite.
Le drame frappe encore sur la meute. La sœur de l’autrice est malade et va mourir. La narratrice, quant à elle, la narratrice, s’épuise mentalement. «Puis le vent se met à tourner. Pendant que la première se meurt, la seconde recommence à vivre, tout doucement, comme si la force de l’une s’écoulait dans les veines de l’autre.» Roman touchant, comme les 3 autres. Je vous les suggère tous.
«Nous sommes ignorants du sens profond de ce qui nous entoure et, malgré cela, nous passons le plus clair de notre temps dans la logique des apparences. Nous nous y enlisons. Nous avons tout jeté du ciel et de sa contemplation.»
C’était magnifique, le récit de sa sœur qui se mêle au sien m’a émue… belle réflexion sur le métier de l’acteur, mais il me semble que l’autrice m’a perdue avec la fin.