Clara et Romain forment un couple improbable : il est actuaire, toujours tiré à quatre épingles, rigoureux, solitaire; elle est brouillon, atteinte de schizophrénie, sans emploi. C’est pourtant leur rencontre qui marque le point de départ de ce roman à plusieurs voix : celle de Romain, et celles de Clara, qui souffre d’épisodes de dissociation. Quand la vie la bouscule, quand les chocs sont trop difficiles à encaisser, Clara s’efface au profit d’autres personnalités, pendant quelques jours ou quelques semaines. Elle se réveille souvent à l’hôpital, incapable de se souvenir de ses faits et gestes, entièrement dépendante d’une famille et d’un système souvent infantilisants. Si Romain souhaite de tout cœur fonder une famille, Clara s’y refuse. Quand elle comprend qu’elle est enceinte malgré les précautions prises, elle panique, s’emballe, se rebiffe et fuit. Au fil des pages se développe un jeu de manipulation et de pouvoir, dans lequel le corps de la jeune femme lui est en quelque sorte confisqué, son identité bafouée, au profit de cet enfant dont elle ne veut pas. Entre la folie de Clara, son honnêteté et sa vulnérabilité, et le désespoir de Romain, qui s’accroche à l’idée de la famille comme à une bouée de sauvetage, Marie-Ève Muller dépeint des personnages à vif, chacun pris dans ses contradictions et ses chimères, sans tomber dans un manichéisme primaire.
J’ai beaucoup aimé les thèmes explorés dans ce roman, comme le rejet de la maternité, qui a peu été exploré dans la littérature québécoise. Les deux personnages principaux ont une décision des plus difficiles à prendre, dans une situation impossible. Le thème de la maladie mentale aussi est intéressant, même si le trouble dissociatif de l’identité (dont est atteinte Clara) reste plutôt controversé, dans la réalité. Combinés ensemble, ces deux sujets (maternité et maladie mentale) font exploser les questions dans notre tête à la lecture.
Une histoire bouleversante, un récit fort bien construit entre deux narrateurs et des retours dans le passé. Personnellement, le fait que le récit soit écrit avec la nouvelle orthographe m'a un peu agacée. Bravo à l'auteure qui construit son récit autour de la maladie mentale et non-désir d'enfant.
Très bon roman bien écrit. Histoire originale et surprenante (ce qui est rare tout de même). Personnages développés et bien ancrés. Des moments forts et des émotions fortes. Sortir des clichés et des sentiers battus.
Un livre qui permet de plonger dans la réalité d’une personne vivant avec la schizophrénie, de prendre conscience, ne serait-ce qu’un peu, de la détresse que la maladie peut entrainer. La perte complète de repères. Être à boutte. Pis, le traumatisme du milieu hospitalier. La façon complètement déconnectée pis parfois inhumaine dont les patient.es sont traité.es.
J’ai eu des fissons en lisant. Entre autres quand Romain parle du décès de son frère. Pis de ses parents. Le deuil, le pilote automatique, que je connais trop bien. Seul au monde. Sauf qu’il a Clara. Celle qui l’a « remis au monde ».
J’ai apprécié le switch du français de France au français quebécois avec le changement de narrateur. Subtile mais efficace, du coup.
Ah pis c’est beau l’amour. Tumultueux et effrayant desfois, mais tellement précieux. Jme compte chanceuse d’être en amour.
J'ai adoré. Je lis rarement des livres en aussi peu de temps que j'ai lu celui-ci. L'écriture était fluide et l'intrigue captivante. L'idée de départ était originale, puis bien développée jusqu'à la toute fin. Entre deux moments de lecture, je tombais constamment dans la lune, repensant aux personnages riches du roman, me demandant ce qui pouvait bien leur arriver ensuite. Je vais certainement continuer de lire ce qu'a écrit, et écrira, cette auteure.
J'ai découvert cette écrivaine au Salon du livre. Agréablement surprise. Récit qui nous fait réfléchir à la santé mentale, à la façon dont les gens souffrant peuvent être traités, à ce qu'ils peuvent vivre en lien avec les "étapes de la vie" et ce qui peut être jugé comme étant la "norme". Fin abrupte, j'aurais aimé lire davantage!
Un sujet principal abordé dans ce roman, soit, la dissociation de personnalité est fascinant et j’ai réellement envie d’en apprendre plus.
Par contre, on ne s’attache pas vraiment aux personnages… je crois que le personnage principal masculin est un des personnages que j’ai le plus haï EVER, mais pas dans le « bon sens ».
Ce n’était pas assez bien ficelé à mon goût, certaines intrigues duraient beaucoup trop longtemps alors que d’autres sur lesquelles on aurait voulu plus de détails passaient en vitesse et semblaient sorties de nul part.
Bref, beaucoup de potentiel, mais l’oeuvre est un peu décevante au final.