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La vie solide: La charpente comme éthique du faire

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Ce « récit d’apprentissage » mêle témoignages de chantiers et réflexions théoriques sur le métier de charpentier et l’artisanat en général. Il questionne les vertus de la transmission dans une époque de disruption.

126 pages, Kindle Edition

Published January 23, 2019

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About the author

Arthur Lochmann

18 books2 followers

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Displaying 1 - 9 of 9 reviews
Profile Image for charlie medusa.
603 reviews1,462 followers
January 9, 2024
beaucoup de chouettes passages et de chouettes observations, on apprend beaucoup, j'aime beaucoup quand les textes grocervo se mettent au service de l'artisanat sans complaisance et surplombance et pas le contraire, c'est assez rare.
Profile Image for Herve.
93 reviews253 followers
July 2, 2019
Magnifique livre que La vie solide d’Arthur Lochmann qui tombe à point nommé quand la France se pose la question de réparer la charpente de Notre Dame. A partir la page 182, il fait une analyse brillante du patrimoine et de l’innovation. Il y parle de durée et de temps, qui m’a fait immédiatement penser à toutes les activités que j’ai mis des années à maîtriser (capital-risque, recherche sur les startups, hobbies plus personnels sur le Street Art). Sans la durée, pas de maîtrise. Voici donc mes derniers extraits de ce bel ouvrage.

A l’autre bout du spectre frétille l’innovation. En quelques décennies, celle-ci a remplacé l’idée de progrès dans les discours publics. Le succès de la rhétorique de l’innovation est l’une des expressions les plus palpables du phénomène d’accélération du temps dans l’espace moderne. Aujourd’hui on parle de disruption pour désigner les innovations radicales ayant pour effet de casser les structures sociales existantes. Comme le monte Bernard Stiegler dans un ouvrage récent [1] cette disruption a pour principe de fonctionnement même le fait de prendre la société de vitesse sans lui laisser le temps de s’adapter. […] Comme le résume l’auteur, pour les « seigneurs de la guerre économique […] il s’agit d’aller plus vite que les sociétés pour leur imposer des modèles qui détruisent leurs structures sociales ». Comment ne pas devenir fou : tel est le sous-titre de cet ouvrage qui s’intéresse aux effets sur les individus et les groupes sociaux dans le désert nihiliste qui naît de ces constantes mutations.

Le physicien et philosophe Etienne Klein a comparé les conceptions du temps qui sous-tendent respectivement les notions e progrès et d’innovation. Le progrès, perspective structurante depuis les Lumières, repose sur l’idée d’un temps constructeur., « complice de notre liberté ». Le futur est crédible et désirable, c’est lui qui nous permet de consentir des sacrifices de temps personnel présent pour rendre possible un meilleur avenir collectif. L’innovation, en revanche, projette une tout autre conception du temps : il est corrupteur, abîme les choses. C’était déjà le cas avant les Lumières, chez Bacon notamment, pour qui la notion d’innovation désignait les menues modifications nécessaires pour conserve la situation en l’état. C’est de nouveau le cas aujourd’hui, d’une manière un peu différente : face à la catastrophe climatique en cours, qui est encore capable d’imaginer un quelconque avenir ? En somme, l’innovation est la notion qui a pris la place du progrès quand ce dernier est devenu impossible faute d’avenir. Comme le patrimoine, mais d’une façon inversée, c’est une forme d’immobilisation dans le présent. En somme, la conservation du patrimoine et le culte de l’innovation sont deux aspects d’une même chose : l’abolition de la durée par l’avènement d’un temps détemporalisé. [Pages 185-7]

« Une société liquide est celle dans laquelle les contextes d’action de ses membres changent en moins de temps qu’il n’en faut aux modes d’action pour se figer en habitudes et en routines », écrivait Zygmunt Bauman dans La Vie liquide [2]. Dans le capitalisme de l’innovation, chaque jour apporte son lot de nouveaux changements. Les structures sociales, de même que les liens amicaux et amoureux, ont perdu leur ancienne rigidité pour devenir fluides. Tout va toujours plus ite et le temps file au point de n’être plus qu’un présent sans perspective. L’effet paradoxal de l’accélération, c’est la pétrification du temps et l’effacement de la durée. [Page 191]

Ce n’est pas un hasard si la figure de l’artisan connaît ces dernières années un retour en grâce, aussi bien du côté de la critique sociale d’un Richard Sennett ou d’un Matthew B. Crawford qu’auprès des enthousiastes que sont les makers des fablabs ou les « premiers de la classe » en reconversion. D’abord parce que l’artisanat est très vivant et fait constamment voler en éclats l’opposition apparente entre tradition et modernité Sur un chantier de charpente, il n’y a pas le choix entre les anciennes techniques et les nouvelles. Il y a toujours un savant mélange des unes et des autres. La pratique de la charpente, en particulier, nous enseigne qu’être à la pointe de la modernité n’implique pas de renoncer aux techniques vieilles de plusieurs siècles. Les savoirs du passé ne sont pas dépassés, ils sont enrichis par les nouvelles méthodes de travail, et parfois même par d’autres plus anciennes que l’on redécouvre. [Pages 193-4]

[1] Bernard Stiegler, Dans la disruption : Comment ne pas devenir fou ? Paris, Les liens qui libèrent, 2016.
[2] Zygmunt Bauman, La Vie Liquide, traduit par Christophe Rosson, Paris, Albin Michel, 2013, p. 7 (traduction modifiée]
38 reviews
August 20, 2024
3,5⭐️

Vrm pas le genre de livre que j'aurais lu par moi-même, je l'ai lu pr la prépa, mais franchement j'ai vrm bien aimé ! C'était intéressant, et même si c'est pas le genre de livre que je lis en temps normal, je me suis pas ennuyé ou quoi. Ça aurait même été cool de le lire avant le bac de philo vu ttes les notions abordées dedans 🤣
Bref j'vais pas dire que je le recommande forcément prcq je ne pense pas qu'il m'ait apporté qq chose personnellement, mais je ne suis pas pr autant déçu de ma lecture et j'ai passé un bon moment !
83 reviews3 followers
April 16, 2021
"Quatre mots, qui en disent long sur le métier de charpentier : le cœur au soleil." Après des études de droit et de philosophie, Arthur Lochmann décide de prendre de la hauteur en devenant artisan. Le récit de sa reconversion et de son apprentissage, éclairant et sensible, raconte le caractère essentiel du savoir-faire quand tout nous pousse à le perdre de vue.
Profile Image for Jake Goretzki.
752 reviews155 followers
January 13, 2020
Pleasurable meditation on the value of artisanship (in this case, joinery) and its wider lessons for our attitudes to work, innovation and technology. Charmingly delivered in unpretentious, grounded prose, supported with references to thinkers from Richard Sennet (to which this owes a lot) to Ruskin. At times I found it hypnotic and warm - there's something quite admirable about Lochmann's love of his work and what sounds like the timeless, simple pleasure in doing a job that, frankly, has sustained value.

It's very much a book of our times and there are similar books in English (that one about the pleasure of working with one's hands that has done very well in the Anglophone world). It's a reaction against the dehumanisation of work and the pace of change that has tuned so many of us into stressed, unrewarded Sector 7G drones. I envy people who can look at a building and say 'I did that and I did it well' - it's something the white collar service sector doesn't really experience. And, oh, the French language is a dream here - I could listen to someone talking about 'egouines', 'poutres' and 'troncons' for hours - you feel could be in a precision kitchen at times. Delightful little book. And a fantastic cover, by the way. Bravo. Ca biche!
116 reviews
June 27, 2020
Métier, savoir-faire, expérience, défense du patrimoine, innovation... Réflexion d'un universitaire qui fait l'expérience de l'artisanat et de la charpente sur le travail, notre rapport au temps et le sens de nos existences. Brillant. "En adaptant l'éthique artisanale du bien faire, j'ai trouvé des clés pour m'orienter dans notre époque frénétique."
Profession, know-how, experience, defence of heritage, innovation... Reflection of an academic who experiences craftsmanship and carpentry on work, our relationship with time and the meaning of our lives. Brilliant. "By adapting the craft ethic of doing well, I have found keys to orient myself in our frenetic times. »

Profile Image for kawartistic.
2 reviews
February 24, 2024
Le processus de fabrication a permis à l’auteur de reprendre en main sa vie lors des périodes troublantes en remplaçant la question de l’identité (qui suis-je ?) par la question de l’agir et y répond par une éthique du faire

Une belle leçon sur ce qu’apporte le travail de la matière aux côtés d’autres individus, très accessible au niveau de l’écrit
23 reviews
March 31, 2021
Si vous saviez, vous aussi, que l'on scie du bois autant avec ses mains et ses bras qu'avec ses pieds, ce livre est fait pour vous. Vous y découvrirez aussi des explications sur la relativité du temps qui passe tout à fait passionnantes.
Profile Image for Eva Jeanne.
117 reviews3 followers
January 9, 2025
c’était super !!! bravo les artisanes love u on est ensemble, ce livre m’a aidé à trouver du sens
Displaying 1 - 9 of 9 reviews

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