Et si toutes nos rencontres avaient un sens caché ? Même les plus malheureuses… Et si nous avions plusieurs vies ? Et si nos rêves nous guidaient parfois sur les chemins de notre existence ? Et si la perte d’un être cher pouvait nous permettre de nous transformer ? Et si l’ombre et la lumière étaient indissociables, à l’intérieur de nous comme à l’extérieur ? Et si une nouvelle ère était en marche ? Et si l’espoir était au bout du chemin ?
« Et que nos âmes reviennent » de Sabrina Philippe. Un livre percutant, extrêmement bien ficelé et dont la thèse est passionnante. Une idée du monde d’aujourd’hui servi par le passé. Des réminiscences de ce que nous avons été pour sauver un maximum d’être humains de notre ère .. contre la déshumanisation, la banalisation, et contre la cruauté qui peuple nos vies de l’assiette au racisme en passant par l’effervescence de l’attention captée qui s’éloigne de la conscience des âmes. J’ai adoré ce bouquin. À lire ! 284 pages
« Oui, un combat bien plus vaste nous attendait, un combat mondial, au-delà de toutes les religions, de toutes les ethnies, de tous les territoires, un combat majeur qui s'amorçait en ce début de xxI siècle, la sauvegarde du vivant. Une vaste déshumanisation était à l'œuvre, partout. Elle avait pris naissance dans ce matérialisme forcené, où nous ne regardions déjà plus l'animal comme tel. L'industrialisation de la mort avait recommencé avec eux, dans ces élevages et ces abattoirs sordides, où un poulet n'était plus qu'un beignet, où l'on faisait manger à ces vaches la protéine de leur propre espèce. Et ensuite, ce serait notre tour. Déjà des robots émergeaient, parlant, discu-tant, nous ressemblant, mimant ce vivant qui était pourtant unique, divin. Déjà des machines prenaient des décisions à notre place, déjà nous étions fichés, pistés et bientôt marqués comme du bétail. Et face à cette déshumanisation, nous étions tous revenus, pour en sauver le plus possible. Car pour enrayer ce mécanisme implacable qui commençait déjà à nous broyer, seule l'émergence d'une nouvelle conscience pourrait nous préserver, et c'est ce à quoi nous travaillions tous, telles les abeilles d'une même ruche, écri-vains, médecins, thérapeutes, philosophes... Cette nouvelle conscience ne pouvait passer que par le retour du sacré, ce qui nous sépare du matériel pour nous unir à l'autre, par l'émergence d'une spiritualité qui nous relie et non de religions qui nous divisent. Cette nouvelle conscience devait ouvrir une fenêtre sur ce qui était de l'autre côté de la vie, l'unité, alors qu'ici-bas nous ne vivions que dans la dualité, la séparation de corps de nos sem-blables, et la séparation intérieure entre l'ombre et la lumière. Le ciel porte l'unité des âmes, et la terre la dualité des hommes. Et c'est bien cette dualité qui entrainait le pire. Dualité entre le bien et le mal, système binaire du 1-0 propre aux machines qui prendraient bientôt notre place. Seule l'unité nous sauverait, en reconnaissant nos semblables comme nous-même, en reconnaissant l'ombre en chacun de nous et non à l'extérieur. La seule façon de combattre ces ténèbres-là, c'était de les identifier à l'intérieur de nous, pour les dissoudre. Elle était là la force du vivant, nous sommes l'un et le zéro en même temps, opération qu'aucun ordinateur ne pourra jamais effectuer. Et voilà pourquoi il me fallait écrire autant sur la lumière que sur l'ombre, autant sur la beauté que sur la laideur, autant sur le noir que sur le blanc, puisqu'ils sont un, à l'intérieur de nous comme à l'extérieur. »
Une légère confusion au début de ma lecture avec les différents personnages et époques qui s'entremmêlent. Cependant, une fois ces personnages assimilés, le livre offre une lecture fluide et enivrante. J'aime beaucoup l'apport spirituel qu'amène l'autrice au fil de ses romans, de façon très subtile. Cette légère touche permet autant aux esprits en phase d'éveil que ceux qui ne le sont pas encore, à apprécier le roman. Pour ma part, une plume rassurante qui confirme mes croyances.
« J’y répondis, au début, puis cela me lassa. Il n’y avait aucune fantaisie dans cette communication très factuelle, aucun intérêt sinon celui de maintenir un lien dont je ne saisissais pas la teneur. »