Sexe contre ressources : et si cet échange sulfureux, stigmatisé comme le monopole des filles de joie et autres sugar babies, constituait en réalité le ressort de toutes les relations sentimentales ? Tel est le sens de l’échange économico-sexuel, théorie selon laquelle, de la simple « passe » au mariage bourgeois, il n’y a de différence que d’amplitude, et non de nature.Le monde des sentiments est aujourd’hui un marché, entretenu par un modèle culturel dominant ayant capitalisé sur une nature humaine d’homo comptabilis qui n’a jamais cessé de s’exploiter elle-même. Internet a achevé ce travail de marchandisation en nous transformant tous en acteurs d’un mercato permanent, au sein duquel chacun évolue comme client et marchandise. Monnaie d’échange et intimité sont substantiellement liés, mais nous sommes perpétuellement invités à faire comme si ce n’était pas le cas.Dès lors, notre époque se caractérise par un gigantesque refoulement de la nature comptable de l’être humain et de la nature vénale de l’amour. Ce qui nécessite un double mouvement en apparence contradictoire : la mise au ban de la putain comme rappel de cette insupportable vénalité, et l’investissement dans l’amour comme religion ultime.
J'ai eu du mal à le terminer est la toute première chose à dire. Il ne m'a pas vraiment amusée, tout comme il ne m'a pas vraiment énervée. Par conséquent, il n'a pas fait la différence dans ma pile de livres.
Très bien documenté, il est en réalité une réflexion sur un fait qui a marqué l'auteur à savoir la condamnation par certains de la publicité sur un site universitaire de "sugar daddies". Pour ce dernier, pourquoi la condamner alors que la société est structurée sur des rapports économiques entre genres? Que ce soit la prostitution, le mariage etc. avec l'amour comme nouvelle religion contemporaine.
Rien de réellement extravagant avec, en plus, un passage par des thèses naturalistes.
Très grande déception de la part d’un philosophe dont j’admire la position éclairée et nuancée sur d’autres sujets. Il décrit et justifie un monde peuplé de brutes épaisses(riches et âgées) avides de ‘jeunes et jolies’ femmes prudes et timorées qui n’en veulent qu’à leur fric. Pauvres hommes perdus parce qu’ils n’ont plus le monopole de celui qui entretenait le ménage, ce qui leur apportait une suprématie indiscutable et l’admiration de toutes. Avec tant de citations de Houellebecq, j’aurais dû me méfier !