Un matin comme les autres, Éric Deguide prend les clés de la voiture, lance un dernier regard vers Emily, hésite et part sans se retourner. Depuis, réfugiée sur les bords du lac Majeur, Emily ne peut se résoudre à cette disparition, d'autant que la police semble avoir classé le dossier. Elle, continue de chercher des traces d'Éric, d'essayer de comprendre. Jusqu'au jour où Alain Lallemand, journaliste d'investigation au Soir, prend contact avec elle. Lui aussi a connu Éric, et lui non plus ne veut pas se résoudre.
Ce livre plaira à ceux qui ne sont pas gênés par les stéréotypes, et ne sont pas exigeants quant à l'écriture. Ce n'est pas mal écrit, mais c'est sans style. Pour ma part, c'est un énième livre avec des personnages stéréotypés. Surtout les femmes d'ailleurs. Nous avons la première, décrite comme séduisante et manipulatrice, et si ces messieurs succombent, ce ne sera pas de leur faute. Camille, elle, est à la fois belle, intelligente, bonne cuisinière, drôle, intéressée par les histoires de travail de son compagnon qu'elle accueille chaque soir par un repas et de l'écoute, quand ce n'est pas au lit... Une troisième porte encore le deuil d'un époux mort une décennie plus tôt. Les fantasmes et désirs de l'auteur sont pesants et sans surprise. Peut-on un jour arriver à dépasser ces images construites des femmes,et décrire des êtres humains ? Les hommes, eux, transportent des fantasmes de virilité. Le petit gros et obséquieux tient un mauvais rôle. Le journaliste ancien casse-cou assagi monte en grade, réussit. Il a aussi arrêté de fumer et s'il parie encore c'est pour les amis seulement... S'y joignent un tueur à gages, un webmaster jaloux et dépressif... Le pire, peut-être, est l'homme d'église repenti "beau comme un Italien" (comme aurait dit Dalida), dont les confidences épistolaires rythment le roman d'une police cursive. J'ai systématiquement passé ces parties qui n'apportent rien au polar, si ce n'est un happy end.
D'autres ajouts séparent les parties du livre, comme si des documents d'enquête y avaient été glissés. Cela apporte une respiration. L'enquête, malgré des faiblesses, se tient, mais il faut dépasser les cent premières pages, -c'est à dire parvenir à trouver supportable la petite amie du disparu qui chante de l'opéra au petit déjeuner (je serais partie moi aussi 😁). J'ai été prise par l'envie de connaître la fin et je reconnais que le fond de l'enquête est intéressant. On comprend où l'auteur voulait en venir. D'ailleurs, il s'en explique en fin de livre. (Selon moi, c'est la démonstration que le récit ne suffit pas seul et n'est donc pas au point).
Enfin, on m'a dit que ce livre était sympathique car il se passe à Bruxelles, ville que je connais très bien, et qu'on s'y reconnait. Peut-être est-ce par manque d'habitude, mais cela m'a surtout déconcentrée. Et, là aussi, j'y ai vu des stéréotypes de lieu : la ville Brabançonne chicos, la place m'as-tu-vu, etc. Enfin, comme je le pensais, la partie italienne du récit prend place sur le lieu de vacances de l'auteur (sans doute pour le petit air de réalité vraie 🙄).
En conclusion, c'est très moyen. Mais ce n'est que mon avis, faites vous le vôtre. Je ne peux pas écrire, Colize lui est reconnu et primé.
« Un jour comme les autres » est l’histoire d’une disparition. De ces disparitions semblables à une virée dans un bureau de tabac pour acheter des cigarettes en oubliant de revenir…. Une journée presque ordinaire, identique à toutes les autres qui se termine par l’absence. Eric Deguide est professeur de droit, mais c’est aussi un homme engagé. Fervent défenseur des droits de l’Homme, contre l’extrémisme de toute sorte, soucieux du respect de la Loi, il publie également des articles électro-choc dans le journal belge « Le soir ». De quoi se faire quelques ennemis… de quoi expliquer peut-être sa disparition. Emily, sa compagne l’attend. Passionnée par la numérologie et les nombres, elle parvient à se persuader que son mari rentrera dans 423 jours, car, comme Jean-Paul Kauffmann qui a été fait prisonnier à Beyrouth durant 1037 jours, Éric a déjà effectué 614 jours en pseudo-captivité.
Le roman est construit comme un opéra, en 4 actes précédés d’un prologue, se terminant par un épilogue. Je n’ai pas réussi à comprendre pourquoi. Quelque chose de certainement fondamental m’a échappée dans la construction du roman. Certes, Emily, chanteuse soprano vit au rythme de ses cours de chants et de musique classique qu’elle écoute en boucle, dans l’attente du retour de son époux, mais cela n’explique probablement pas tout. Elle a un côté très Pénélope attendant Ulysse.
Le premier acte est très lent et se compose de 21 tableaux/chapitres oscillants entre espoir et désespoir, bouteilles lancées à la mer, suffocation, reprise d’une bouffée d’air. Ce premier acte est léthargique, comme l’attente. Rien ne se passe vraiment, si ce n’est l’évocation d’une relation qui semble idéalisée, déformée par l’obsession de l’absence et l’expectative du retour. Cent trente pages où j’ai eu la sensation de me noyer avec Emily, partagée entre la compassion de la plaindre et la rage de la secouer. La langueur de l’héroïne plongée dans cet éternel espoir, secouée de temps en temps par une conversation avec Michel Lambert, webmaster, enquêtant lui aussi sur la disparition d’Éric, a engendré de longs bâillements agrémentés de quelques piquages de nez. Des évènements importants pour la suite de l’intrigue sont dévoilés dans cet acte 1, distillés au compte-gouttes, mais générateurs d’une mélancolie encore plus vertigineuse. Je n’ai pas vraiment eu de doute sur l’issue de cette disparition, mais ma curiosité titillée m’a incitée à terminer le roman.
Acte 2 : le lecteur retrouve Frédéric, le journaliste de « Zanzara ». Celui qui avait su conquérir le cœur de Camille. Mon attachement pour ce personnage fait repartir mon intérêt. Nous sommes bien un roman noir. C’est l’intérêt de Paul Colize pour le monde journalistique qui reprend le dessus et le début d’une véritable enquête sur la disparition d’Éric. Les actes suivants sont consacrés à démêler le vrai du faux, le lecteur accompagne le journaliste dans ses découvertes.
Vous avez sans doute l’impression que je galère avec cette chronique. C’est tout à fait vrai. J’avais découvert la plume de Paul Colize dans « Zanzara » et le roman en lui-même m’avait passionnée. Cela a été moins le cas dans celui-ci et pour plusieurs raisons. D’abord le rythme. Trop lent, trop pesant, trop déprimant. Puis, l’impossibilité de comprendre le fil logique de l’histoire, de raccrocher les wagonnets, de métaboliser le sens de certains chapitres pour en tirer les informations importantes. J’ai eu l’impression de me noyer dans des détails sans percuter sur les choses importantes. Les mots et les idées ont fini par m’engloutir, me plongeant dans un état semi-dépressif proche de la catatonie. Je n’ai pas compris le sens profond de ce roman, je m’en rends bien compte, pas compris où l’auteur voulait en venir, ni ce qu’il cherchait à me dire. Je suis restée sur une impression de flou artistique, une lecture abstraite dont je ne ressors ni plus riche, ni plus pauvre.
La sensation qui demeure, 3 semaines après l’avoir achevé est la circonspection et la sensation d’être totalement passée à côté. J’irai même plus loin : j’aurai besoin qu’on le lise avec moi, qu’on m’en fasse explication de texte et qu’on me montre du doigt où, précisément, j’aurai dû être plus attentive ou me sentir plus concernée. Je suis d’ailleurs avide de découvrir les chroniques d’autres lecteurs ! Le style de l’auteur reste fidèle à ce que j’avais découvert de lui, certaines phrases sont magnifiquement écrites sorties de leur contexte, mais cela ne m’a pas permis d’en tirer l’émotion que j’espérai trouver, ni le sens général, essentiel. Je suis restée perplexe devant le traitement d’une certaine distanciation de l’auteur par rapport à ses personnages, comme s’il ne prenait pas vraiment part à l’histoire qu’il racontait.
Je vous engage à découvrir ce texte pour me permettre, égoïstement, de le comprendre. De sortir les petits papiers des bouteilles à la mer lancées par Paul Colize pour me montrer ce que j’ai raté.
Rien de tel que différents point de vue sur une affaire de disparition pour faire monter au sommet mon imagination fertile ? Je suis restée en admiration du procédée narratif qu’à choisi l’auteur pour nous mettre en présence de tous les personnages qui ont côtoyé Eric avant que celui-ci ne disparaisse. Le sujet concernant la disparition de personne fait souvent la une de l’actualité et laisse les proches dans une attente et un désarroi très bien retranscrit ici. Professeur d’université, apprécié par ses collègues et ses étudiants, nous allons au fil de chapitres courts et intense faire la connaissance de sa dernière compagne Emily qui n’arrive pas à se résoudre à le croire disparu, elle n’est pas la seule deux journalistes se lancent sur la piste en une enquête vibrante. D’autres personnages apparaissent qui donnent une vision du personnage, une vision telle une pièce de puzzle, la leur. La liste des personnages que l’on trouve en début de livre m’a été bien utile pour me repérer plus facilement. Peu à peu l’intrigue se dévoile et les liens se mettent en place, la compréhension aussi et là c’est jubilatoire. J’ai apprécié le côté enquête journalistique qui nous change des enquêtes policières. J’avoue avoir plus apprécié tout ce qui entoure cette disparition que le dénouement. J’ai trouvé le début de l’intrigue un peu lente à se mettre en place mais une fois cela fait, c’était comme sur du velours. Il faut dire que la personnalité des deux journalistes donne envie de voir comment ils vont s’y prendre pour avancer dans leur recherche. J’ai aimé voir la collaboration entre Alain et Fred, le côté pygmalion qui était prégnant. J’ai eu plus de mal avec le personnage d’Emily qui m’a semblé à certain moment superficielle. L’écriture de Paul Colize sait être fluide et élégante tout en ayant des pointes de poésie ou encore d’humour. Un livre qui se lit rapidement tant on a le nez dedans. Bonne lecture.
Emily, traductrice littéraire vit en Italie depuis quelques mois. Elle a du mal à se remettre de la disparition mystérieuse de son compagnon, Eric, professeur de droit et militant pour les droits de l’homme et de la non-violence.
Aidée de Michel Lambert, webmaster qui anime un forum d’investigation, elle cherche à comprendre ce qui est arrivé à Eric.
Les chapitres étant très courts, j’avais la sensation de lire un journal, une enquête minutieuse.
Une histoire très bien documentée ou la fiction et la réalité se rejoignent.
Au fond le personnage d’Emily n’est que secondaire, elle n’apporte pas grand chose à l’enquête comme sa relation avec Massimo. Elle se montre complexe, on doute d’elle par moment, Il n’y a pas de véritable personnage principal, mais une multitude de personnes, qui ensemble vont résoudre une énigme. Pas d’action, pas de violence dans ce roman à part. Un livre écrit comme une enquête journalistique.
Paul Colize est une belle découverte, sa façon d’écrire n’a rien à voir avec ce que j’ai pu lire jusqu’à présent.
Ultra déçue ! L intrigue est très faible, la construction super décousue rend le tout indigeste et quasi incompréhensible, les personnages alambiqués ne me touchent pas une seconde, ni suspense, ni émotion. Mais qu est ce qu il lui arrive ???