Jump to ratings and reviews
Rate this book

Mon Père

Rate this book
« Mon Père c’est, d’une certaine manière, l’éternelle histoire du père et du fils et donc du bien et du mal. Souvenons-nous d’Abraham.
Je voulais depuis longtemps écrire le mal qu’on fait à un enfant, qui oblige le père à s’interroger sur sa propre éducation. Ainsi, lorsque Édouard découvre celui qui a violenté son fils et le retrouve, a-t-il le droit de franchir les frontières de cette justice qui fait peu de cas des enfants fracassés ? Et quand on sait que le violenteur est un prêtre et que nous sommes dans la tourmente de ces effroyables affaires, dans le silence coupable de l’Église, peut-on continuer de se taire ? Pardonner à un coupable peut-il réparer sa victime ?
Mon Père est un huis clos où s’affrontent un prêtre et un père. Le premier a violé le fils du second. Un face à face qui dure presque trois jours, pendant lesquels les mensonges, les lâchetés et la violence s’affrontent. Où l’on remonte le temps d’avant, le couple des parents qui se délite, le gamin écartelé dont la solitude en fait une proie parfaite pour ces ogres-là. Où l’on assiste à l’histoire millénaire des Fils sacrifiés, qui commence avec celui d’Abraham.
Mon Père est un roman de colère. Et donc d’amour. »

219 pages, Paperback

First published February 20, 2019

2 people are currently reading
163 people want to read

About the author

Grégoire Delacourt

25 books337 followers
Grégoire Delacourt est un publicitaire et écrivain français né le 26 juillet 1960 à Valenciennes.

Il publie son premier roman à l'âge de cinquante ans en 2011: "L’Écrivain de la famille" puis, en 2012, son deuxième roman est un bestseller "La Liste de mes envies" traduit dans 35 pays.

Son troisième roman, "La Première chose qu'on regarde", sort en avril 2013 et, outre un procès avec Scarlett Johansson qui se voit déboutée de toutes ses demandes mais obtient néanmoins 2500 euros de dommages et intérêts pour atteinte à la vie privée, s'écoule à plus de 150 000 exemplaires. David Baron, producteur des films Harry Potter, acquiert les droits pour le cinéma.

Suivent ensuite "On ne voyait que le bonheur" en 2014, "Les Quatre saisons de l’été" en 2015, "Danser au bord de l’abîme" en 2017 et "La Femme qui ne vieillissait pas" en 2018

Grégoire Delacourt remporte plusieurs prix en France et en Europe (en Allemagne plusieurs de ses livres se classent dans le Top 10 de la liste des bestsellers du Spiegel). "On ne voyait que le bonheur" figure sur la première liste du Prix Goncourt et entre sur la deuxième Liste du Prix des Libraires 2015. Il arrive deuxième au Goncourt des lycéens.

L'écrivain bénéficie également de l'adaptation de ses oeuvres au théâtre et au cinéma.

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
96 (30%)
4 stars
125 (39%)
3 stars
71 (22%)
2 stars
18 (5%)
1 star
8 (2%)
Displaying 1 - 30 of 56 reviews
7,046 reviews83 followers
April 7, 2019
J'adore Grégoire Delacourt, mais ce livre n'est pas son meilleur. Toujours magnifiquement écrit, j'ai par contre trouvé la trame narrative un peu confuse par la chronologie instable et les changements d'interlocuteurs sans trop d'avertissement ou de mention/référence, il faut parfois deviner un peu où et avec qui nous sommes rendus. Le thème est touchant et troublant, les agressions sexuelles par des prêtres, le tout vu/raconté par le père de la victime, d'où le double sens du titre. Assez différent de ce qu'a fait l'auteur jusqu'à maintenant, il ose un sujet délicat, maîtrise toujours aussi bien la langue et offre de belles réflexions. C'est un bon roman, mais le problème avec un auteur qui met la barre si haute livre après livre est qu'il provoque des attentes énormes et ce livre m'a légèrement déçu (vraiment par du côté narratif). J'insiste sur le légèrement, car c'est un solide quatre étoiles!
Profile Image for littleprettybooks.
933 reviews316 followers
March 24, 2019
10/20

Ayant pour sujet les abus sexuels sur des enfants par des prêtres, ce roman provoque le malaise et rend sa lecture souvent très difficile, voire insoutenable. Je n’ai pas vraiment été convaincue par ce texte mais j’ai trouvé la réflexion importante, pour que ces crimes soient enfin mis en lumière et condamnés.

Ma chronique : https://myprettybooks.wordpress.com/2...
Profile Image for Joy.
36 reviews
August 7, 2019
Je ne peux dire à quel point quelques scènes décrites m’ont donné des haut-le-cœur.. je ne puis imaginer une infamie pareille et Dieu seul viendra en aide à ces enfants abusés. Lecture en une journée et en plein boulot car je n’ai pas pu décrocher. J’aime énormément le livre et je le recommande vivement.
Le retournement final est bouleversant.
109 reviews
Read
February 5, 2022
« Ce monde ne sera guéri que lorsque les victimes seront nos rois ».

Ça fait quelques jours que je l’ai terminé et que j’hésite à écrire sur ce texte parfois très fort, parfois dérangeant par cette idée de vengeance qu’il apporte. Il me donne envie de parler de ma propre expérience, de ma colère, de mon éternel sentiment de ne pas être capable de faire partie du monde. De me sentir impuissant devant la tâche gargantuesque à laquelle je dois faire face pour apprendre à accepter ce que j’ai vécu, à accepter de me voir comme une victime après des années de déni. Après une vie vécue en guerre contre moi-même et le reste du monde, et à me sentir câlissement seul dans tout ça. J’ai enfin trouvé un professionnel avec qui je me sens en confiance pour travailler là dessus donc en un sens ça va mieux, mais en même temps c’est tellement de choses qui refont surface tellement de travail, tellement d’angoisse tellement de vieux gestes compulsifs auto destructeurs qui reviennent sans que jme rende rende compte de ce que je fais avant de me faire vraiment mal… C’est tellement fucking dur…
Profile Image for Gaëtan Gaillard.
519 reviews6 followers
July 18, 2022
Excellent livre sur un sujet extrêmement grave et glaçant, la pédophilie dans l'Eglise catholique. Au niveau structurel, le parallèle avec l'épisode biblique du sacrifice d'Abraham sur son fils Isaac est habile mais trouble parfois l'avancée du récit.
Profile Image for Mélanie Théberge .
35 reviews4 followers
August 23, 2020
Ouf! C'est ce que j'appelle un livre coup de poing. Une fois de plus, l'auteur aborde un thème difficile de main de maître.
Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
725 reviews224 followers
February 25, 2019
Un homme entre dans une église, empreint d’une rage incommensurable. Il détruit tout sur son passage. Le Prêtre qui officie ici a violé son fils Benjamin et c’est la vengeance que le narrateur, Edouard, est venu chercher. C’est l’histoire d’un face-à-face entre deux pères, celui de famille et celui de l’homme d’Église.

Définition de père : Homme qui a engendré un ou plusieurs enfants et qui a généralement le rôle d’en prendre soin de les élever jusqu’à la maturité.

Hasard de la programmation, ce livre sort à point nommé dans une ambiance #me too, dénonciation des petits secrets nauséabonds et crimes de l’Église. Après le film de François Ozon « Grâce à Dieu » enfin en salle, la publication du livre-choc concernant l’homosexualité des prêtres « Sodoma » de Frédéric Martel aux éditions Robert Laffont, « Mon Père » est un texte très introspectif, basé sur les émotions d’un père qui apprend avec effroi ce qu’a subi son fils.

C’est donc sous forme de huis clos que Grégoire Delacourt construit son roman. Trois jours de face-à-face durant lesquels Edouard, le père de famille veut tout entendre et tout comprendre. Il a besoin que soient posés des mots sur des actes et que ne subsiste aucune zone d’ombre, aucun non-dit.

Je vais être franche : ma lecture a mal commencé. Grégoire Delacourt a lui-même fait ses études en milieu jésuite, a participé dans son enfance à des camps de vacances, séances de catéchisme et a confié lors d’une interview avoir ressenti un malaise dans ces univers essentiellement masculins. Dans son roman, c’est la mère du narrateur, bigote au dernier degré qui persuade Edouard d’envoyer son fils en « colonie de vacances religieuse. » Edouard, père de Benjamin s’y est rendu lui-même enfant, et a pu frôler, lui aussi, de près, les dangers de ce monde particulier où la concupiscence des hommes d’Église se sentait à chaque souffle, à chaque geste, à chaque regard. Edouard en a réchappé, mais il savait que le risque était présent. Il accepte malgré tout d’y envoyer son propre enfant. ET c’est là que le bât blesse. Je n’ai pas compris ni accepté cette décision. Cette invraisemblance m’a perturbée au plus haut point rendant la lecture compliquée, car j’étais intimement persuadée qu’on ne peut consciemment reproduire une situation qui a généré un traumatisme, même lorsque le trauma n’a pas été réellement vécu, simplement touché du doigt. « Je n’ai pas entretenu mon fils de la laideur et des dangers du dehors parce qu’il est inutile de placer des mines dans les jardins de l’enfance. » Et puis, je me suis souvenue… avoir mis ma propre fille dans les pattes de mon père alors que j’avais tant souffert du traitement infligé durant mon enfance. La première fessée que ma fille a eue des mains de celui-ci a été un électrochoc, comme une gifle fulgurante réanimant mes souvenirs de gosse et un avertissement envoyé à mon inconscient. Les mots que je n’avais alors pas pu prononcer sont sortis tout seuls « Si jamais tu la touches encore une fois, tu ne la revois plus jamais. » En paix avec la décision scénaristique de Grégoire Delacourt, j’ai pu, à partir de ce moment-là seulement, le suivre sur le chemin de la culpabilité de ce père qui avait les faits sous les yeux, mais qui n’a pas pu/voulu voir.

Le roman tire sa force du terreau judéo-chrétien dans lequel baigne le narrateur, une sorte de lavage de cerveau commencé dès l’enfance, reproduit et accepté inconsciemment, une toute-puissance cautionnée de l’impunité de l’Eglise. Mais quand on touche à son propre enfant, l’homme redevient originel, primaire, ses instincts de vengeance et de justice refont surface. Edouard veut tout savoir, et dans le détail. Il ne peut accepter les non-dits et les mystères dans les faits qui unissent le Père et Benjamin. C’est avec des mots factuels, dénués de toute émotion que le Père raconte. Ce qu’il livre au père est pétrifiant, insoutenable, presque désincarné. Phrase terrible : « Dieu m’a fait à Son image, conclut-il, et Dieu ne m’a pas arrêté. »

Est-ce si facile de se faire justice soi-même, de punir de ses mains l’auteur des tourments infligés à la chair de sa chair ? C’est précisément le sujet du roman.

Il est aujourd’hui indispensable de réveiller les consciences, d’avoir une colère citoyenne devant des décisions de justice inacceptables et de faire connaître publiquement des faits sciemment cachés par l’Église. « Nous savions et nous n’avons rien dit parce que dire était faire exister l’horreur, donner une odeur de sang. » Ce roman réveille les consciences.

Je termine par cette phrase très juste qui mérite réflexion et soulève une problématique à laquelle je crois profondément pour l’avoir déjà expérimentée plusieurs fois dans ma vie d’adulte :  » Le pardon permet l’infamie. Le pardon autorise toutes les abominations.  »
Profile Image for L'atelier de Litote.
651 reviews42 followers
April 14, 2019
Un homme entame un terrible huis clos au sein d’une église entre lui et le prêtre qui a violé son fils. Il suffira de trois jours pour que les choses soient dîtes. Ce père veut savoir tout ce que le prêtre a fait endurer à son fils, qu’il n’y ait plus aucunes zones d’ombre. Alors le prêtre raconte commence par parler de tendresse et d’amitié pour finir par assumer la douloureuse réalité de son geste. Ce livre fait écho à de nombreuses affaires de pédophilie au sein de l’Eglise, une fiction qui prend sa source dans une réalité sordide qui reste à ce jour impunie. Je ne ressens que de l’écœurement et une colère qui monte en flèche devant le silence de l’Eglise mais aussi devant la légèreté des peines encourues.
« Aujourd'hui, il y a une vraie distorsion avec notre justice. Casser un radar routier est passible de 5 ans de prison. Tripoter un enfant, idem »
Il y est question aussi du silence, avec de s propos vrais qui nous montre comme il est difficile de s’ouvrir, de partager un secret et de parler, surtout lorsqu’on se sent coupable. Le fait que le père vienne d’une famille pratiquante, se marie avec une femme elle-même élevée dans la religion, rend les nombreuses analogies à Abraham et son fils Isaac offert en holocauste d’un grand intérêt. La plume de l’auteur sait être tranchante et cruelle à hauteur du crime. On touche du doigt notre humanité lorsque l’on se rend compte qu’il n’est pas si facile de faire justice soi-même. La justice est là pour ça. Encore faudrait-il que l’enfant reprenne toute sa place dans nos préoccupations. Les questions posées par le père sont justes et touchent au cœur. Ne pas se rendre compte des appels au secours, ne voir que trop tard les symptômes c’est affligeant et tellement culpabilisant pour un parent. Il y a de quoi réfléchir avec les thèmes abordés dans ce livre. C’est plus un coup au cœur qu’un coup de cœur mais l’effet est le même cela fait mal et reste profondément bouleversant. Bonne lecture
Profile Image for Nathalie Vanhauwaert.
1,095 reviews43 followers
June 20, 2019
Quelle claque !

Difficile de trouver les mots que ce roman magistral de Grégoire Delacourt. Ce livre est bouleversant, il secoue et questionne et est plus que jamais malheureusement toujours d'actualité.

Un sujet tabou abordé avec énormément de justesse.

Un home Edouard entre dans une église et saccage absolument tout ! Il détruit tous les objets sacrés, ce jusqu'au Tabernacle. Il semble possédé, animé par une rage qu'il ne peut plus contenir !

Mais que se passe-t-il ? Attiré par le bruit, un prêtre, Préaumont sort de la sacristie et calmement le soigne et l'écoute.

Edouard ne cesse de dire ; Pourquoi lui ? Pourquoi mon fils ?


Parallèlement à cela et en préambule, Edouard est obsédé par une scène de catéchisme; le sacrifice d'Isaac par Abraham (l'ancien testament parle lui du sacrifice d'Abraham ! )

J'ai été éduquée tout comme Edouard et Nathalie (celle qui deviendra la mère de Benjamin, leur fils, sa femme) dans la foi catholique, j'ai eu droit au catéchisme matinal quotidien durant deux ans! oui je sais.. mais j'ai survécu.. Un bourrage de cerveau d'amour du prochain, de pardon, mais surtout avec le recul d'hypocrisie (désolée si j'en choque certains). J'ai aussi fait les camps de patro mais ma chance est d'avoir côtoyé un prêtre qui était dans l'écoute, partage et sans dérives. C'est loin d'être toujours le cas, raison pour laquelle Grégoire Delacourt aborde ce sujet difficile, malheureusement intemporel, faisant toujours autant scandale dans l'Eglise. (La parution de SODOMA il y a peu nous le rappelle)

Mais bien des choses donnent l'envie de vomir tout comme l'utilisation du prétexte de l'amour de Dieu, l'amitié naissant, il est normal de se laisser abuser, oui c'est bien car Dieu ne l'interdit pas.

Et mon doigt a caressé ses lèvres, je lui ai expliqué que se toucher, lorsqu'on est amis, est un cadeau qu'on se fait, quelque chose de rare puisque ceux qui ne sont pas amis n'y ont pas droit, et Dieu qui nous regarde se réjouit de notre amitié.

Grégoire Delacourt nous dresse le portrait d'un père qui s'investit et veut à tout prix aimer, chérir et protéger son enfant. Mais il y a la loi du SILENCE, difficile à rompre. Que faire lorsque son enfant ne va pas bien, est-ce dû à la séparation des parents car Nathalie et Edouard divorcent. Quel mal-être de ne pas VOIR, ne pas Comprendre ce qui ne va pas chez Benjamin âgé de 10 ans.

Ce n'est plus possible pour Edouard d'imaginer, il veut des certitudes, il a besoin d'entendre, de savoir ce que Benjamin a supporté même si c'est difficile à entendre, les confessions du prêtre sont indispensables.

Un roman qui nous parle de ce lourd fardeau qu'est le silence, synonyme d'une grande souffrance. Qui nous parle du pardon, celui qui permet tout, qui absout. Un roman qui nous parle de l'Eglise et de sa façon d'agir, de ne rien dire, de fermer les yeux, le silence encore et toujours!

Ce récit soulève d'autres questions comme le célibat des prêtres qui eux contrairement aux autres ecclésiastiques ne font pas voeux d'abstinence, de chasteté. L'hypocrisie de l'Eglise, ses contradictions !

Ce huis-clos entre un père qui donne l'amour filial, paternel et un Père , prêtre qui prend l'amour d'une main et abuse et donne le corps du Christ de l'autre ! Grégoire Delacourt secoue, déstabilise. Il parle de l'innommable, de l'insoutenable avec une plume d'une terrible justesse. Il trouve les mots précis, il est magistral.

Que ferions-nous dans le même cas ? Jusqu'où pourrions-nous aller pour protéger nos enfants ? Quelle limite y-a-t-il à notre humanité ?

Un roman fort, indispensable. A lire absolument !

Ma note : 10/10 ♥




Les jolies phrases

Et je m'étais plus tard demandé comment un père peut sauver un fils qui s'est emmuré dans un tel silence.

Le chagrin fait grandir plus vite pour avoir plus vite de longues jambes et plus vite le fuir.

Je lui ouvrirai mes bras pour lui apprendre qu'un père est un arbre près duquel on peut se réfugier, se cacher les jours de peur.

Aimer quelqu'un peut l'ébrécher, je le sais maintenant.

Car tout est là, dans cette escroquerie, dans cette mystification. Le pardon permet l'infamie. Le pardon autorise toutes les abominations. Il est la semence du mal. L'épine du monde !

Et moi, Edouard, je te dis qu'il faut deux parents à un enfant, sinon il boîte.

Les prêtres ne font pas voeu de chasteté, vous savez, mais promesse de célibat. Les barreaux du grand malentendu. Vous n'avez pas idée de notre impossibilité à gérer la sensualité. Le plaisir, la jouissance.

Et mon doigt a caressé ses lèvres, je lui ai expliqué que se toucher, lorsqu'on est amis, est un cadeau qu'on se fait, quelque chose de rare puisque ceux qui ne sont pas amis n'y ont pas droit, et Dieu qui nous regarde se réjouit de notre amitié.

Le silence étouffe les victimes, vous savez, mais paradoxalement il est aussi un aveu.

Le pardon n'est pas une rémission, poursuit-il. C'est juste une promesse, un espoir. Celui de créer le temps et l'espace où se reconstruire. Il n'est pas une fin en soi mais un commencement.

Je sais que la paix disparaît quand triomphe l'injustice et que l'injustice est le tombeau de la prière. Ce qu'a fait le père Delaunoy est une abjection, une tragédie. C'est la ruine de toute notre Église, et que que fait l'Église, tout comme les mères qui savent et se taisent, est un crime.

Je n'ai pas entretenu mon fils de la laideur et des dangers du dehors parce qu'il est inutile de placer des mines dans les jardins de l'enfance.

Il est vrai que le législateur ne s'embarrasse guère des enfants. Ils ne votent pas.

Je suis parvenu au point où confluent ma part tellement civilisée, celle d'un fils de la subordination, et l'autre, primitive, animale de la famille des ursidés, capable d'un coup de patte de dépecer celui qui menace sa géniture.

Mais rien n'y fit car tu le sais bien, toi, Isaac le Muet, que le silence est le seul refuge des enfants quand ceux qui devaient inconditionnellement vous aimer vous ont trahi.

https://nathavh49.blogspot.com/2019/0...
Profile Image for Mathilde.
758 reviews173 followers
June 20, 2019
Note exacte : 2,5 sur 5
Depuis que j'ai découvert la plume de Grégoire Delacourt j'avoue être toujours curieuse de découvrir chaque nouveau roman. Au vu de tous les retours qu'il y a eu sur celui-ci, j'ai eu du mal à ne pas résister, et d'ailleurs, je n'ai pas résisté.
J'attendais, j'espérais, un livre poignant et éprouvant dans la lignée de "Contre Enquête" avec Jean Dujardin qui m'avait démontrer toute la puissance de son jeu d'acteur.
Bien que le récit soit aussi poignant que ce que j'attendais, il n'a pas eu l'effet escompté, pour cause, l'auteur alterne entre récits au présent, souvenirs, mais surtout et ce qui a "péché" pour moi, les constantes références à la Bible.
Et je confirme que la fin met hors de soi ça fait frissonner, rien que d'y repenser ça me reprend.

Retrouvez mes chroniques sur https://pause-the.blogspot.com/
Profile Image for Soma Et le monde de Sosso.
43 reviews1 follower
March 9, 2019
✏️ Intense & Insoutenable, un roman Indispensable qui dénonce les abus sexuels commis par des prêtres, protégés eux-mêmes par l'église. .
✏️Un huis clos dans l'église entre Edouard Roussel et ce prêtre qui a abusé de son fils. De la violence parfois contenu, parfois explosive et ce besoin de savoir ce que son fils a subi avec la culpabilité de ne pas l'avoir protégé. Un interminable face à face qui dure plusieurs jours durant lesquels les pensées d Edouard s entremêlent : sa propre enfance, sa rencontre, son couple... Et aujourd'hui, une telle douleur !
.
✏️Une écriture incisive & maîtrisée sur un thème d'actualité. Un roman qui prend aux tripes, qui soulève le coeur, qui donne la nausée.
Briser le silence.
Condamner.
Un retournement final qui achève.
.
▶️ Lisez-le !!!!!
Profile Image for Gabrielle Blin ( book reviewer).
497 reviews26 followers
March 24, 2019
J'ai lu tellement de retour ultra positif sur ce roman que j'avais hâte de le lire, le thème est d'actualité hélas , très grave et je m'attendais donc logiquement à un récit plein de colère et de gravité et ce fut le cas, l'émotion est également très forte durant ce récit
La fin, quelle fin!
Elle vous donne envie de hurler...
Ma note est peut être sévère ou alors j'attendais trop de ce duel entre les "pères" mais ce livre mérite d'être lu, tellement de victimes ont besoin d'être entendus...
Profile Image for Zéro Janvier.
1,728 reviews126 followers
February 11, 2019
Grégoire Delacourt est un auteur que je suis de façon irrégulière. J’avais lu ses deux premiers romans « L’écrivain de la famille » et « La liste de mes envies », j’en avais gardé un bon souvenir mais sans que cela m’attache définitivement à ses livres. Je me renseignais vaguement lorsqu’il publiait un nouveau livre, que je lisais ou non selon que l’intérêt que suscitait pour moi leur résumé.

Cette fois, le thème de son nouveau roman, à paraître le 20 février prochain, m’a tout de suite interpellé, et j’ai eu la chance de pouvoir le lire en avant-première grâce à l’éditeur JC Lattès et à la plateforme de service de presse NetGalley.fr.

Loin des récits plutôt légers de cet auteur que j’avais eu l’occasion de lire jusque là, Son Père s’attaque à un sujet lourd puisqu’il promet un face à face entre un père et le prêtre qui a abusé sexuellement de son jeune fils :

Mon Père c’est, d’une certaine manière, l’éternelle histoire du père et du fils et donc du bien et du mal. Souvenons-nous d’Abraham.

Je voulais depuis longtemps écrire le mal qu’on fait à un enfant, qui oblige le père à s’interroger sur sa propre éducation. Ainsi, lorsque Édouard découvre celui qui a violenté son fils et le retrouve, a-t-il le droit de franchir les frontières de cette justice qui fait peu de cas des enfants fracassés ? Et quand on sait que le violenteur est un prêtre et que nous sommes dans la tourmente de ces effroyables affaires, dans le silence coupable de l’Église, peut-on continuer de se taire ? Pardonner à un coupable peut-il réparer sa victime ?

Mon Père est un huis clos où s’affrontent un prêtre et un père. Le premier a violé le fils du second. Un face à face qui dure presque trois jours, pendant lesquels les mensonges, les lâchetés et la violence s’affrontent. Où l’on remonte le temps d’avant, le couple des parents qui se délite, le gamin écartelé dont la solitude en fait une proie parfaite pour ces ogres-là. Où l’on assiste à l’histoire millénaire des Fils sacrifiés, qui commence avec celui d’Abraham.

Mon Père est un roman de colère. Et donc d’amour. »

Le roman décrit principalement la rencontre pleine de tension entre le père et le Père, mais ce face à face qui constitue le coeur du récit alterne avec quelques courts chapitres qui décrivent tour à tour l’enfance de Benjamin, celle de son père Édouard, et les circonstances dans lesquelles celui-ci a appris les abus dont son fils a été victime.

La figure biblique d’Isaac, que son père aurait été prêt à sacrifier pour obéir à Dieu, est omniprésente dans le roman et dans l’esprit du narrateur. Isaac, comme son fils Benjamin, est la victime silencieuse, que la Bible « oublie » ensuite pendant de longues pages avant qu’on le retrouve plus âgé.

Tu t’es tu, Isaac. Et l’histoire ne t’a prêté aucune parole à transmettre, des siècles et des siècles plus tard, à Benjamin, ton frère. Il ne reste rien de tes frayeurs dans la Genèse. Il n’y est fait mention d’aucune réparation à la violence qui tu as subie – il est vrai que dans la Bible on se soucie fort peu de la parole des enfants, ils n’ont que des devoirs d’obéissance et donc de silence.

Tu n’es plus qu’une ombre, Isaac, une victime muette – n’appelle-t-on d’ailleurs pas ta tragédie « Le sacrifice d’Abraham » alors que c’est du tien dont il s’agissait ?

Grégoire Delacourt nous parle de colère, de justice, de vengeance, de culpabilité, et évidemment d’amour et d’humanité. Il nous parle du père qui n’a rien vu et se le reproche. Il nous parle du Père qui doit assumer la lourde culpabilité d’avoir violé un enfant et trompé la confiance de ses parents. Il nous parle de de l’enfant qui doit accepter son innocence de victime et qui ne doit pas chercher sa propre culpabilité. Il nous parle également de religion et du rapport de chacun à la foi et à l’Eglise. Le personnage de la mère du narrateur, la grand-mère du petit Benjamin, est à ce titre emblématique et intéressant. Quant au personnage du prêtre, le coupable désigné et donc le « méchant » de l’histoire, il est suffisamment complexe pour susciter à la fois la répulsion, la colère, et la pitié, voire des sentiments plus ambivalents au fur et à mesure du récit.

Et parce que je n’ai pas protégé ceux que j’avais la charge de consoler et de chérir. Et l’Église a fermé les yeux. L’évêque de notre diocèse a fermé les yeux. Le Vatican a préféré se coudre les paupières et manipuler les magistrats. Alors je me suis plu à imaginer que leur cécité était une forme d’assentiment. Car si les pères ne condamnent pas, si les pères n’interdisent pas, si les pères ne punissent pas, alors les fils conjecturent qu’ils ont tous les droits.

Je trouve que Grégoire Délacourt s’en sort plus que bien face à un sujet aussi périlleux que celui de la pédophilie au sein de l’Eglise catholique. Il évite me semble-t-il parfaitement de tomber dans les clichés. Il dépeint très justement les sentiments des différents personnages à travers des scènes fortes et des passages très joliment écrits. J’ai toujours pensé que Grégoire Delacourt avait une jolie plume, mais je trouvais que trop souvent les récits qu’il proposait n’étaient pas à la hauteur de cette qualité d’écriture. Ici, sa plume permet de porter un récit à la fois lourd par sa thématique et aérien par son style.

Benjamin dort. Je m’effondre dans le fauteuil près de lui. Je devine sous le drap son corps fragile et martyrisé. Je comprends enfin les douleurs au ventre, l’anisme, les cauchemars, et l’insomnie qui force à rester sur ses gardes. Et la merde de mes yeux se dissout. Je suis devenu un criminel par inattention. Une indignité de père.

Son Père est un roman très fort que j’ai dévoré en une journée. Il aborde un sujet délicat et il m’a semblé qu’il le faisait joliment, aussi joliment que le thème le permet en tout cas, et de surcroit avec une grande justesse de ton. A mes yeux, c’est clairement, et de loin, le meilleur roman de Grégoire Delacourt.
Profile Image for paysdumatincalme.
197 reviews6 followers
January 28, 2021
Quelle claque! Et quelle finale!

Un récit fort, puissant et sourdement violent. Un roman? La question est pertinente. Inventé oui, mais tellement possible, crédible, dans toute son horreur, sa tension, son abjection, jusque dans son absurdité et sa désespérance. J'en ai eu la nausée...

Il faut dire que pour s'attaquer à un sujet aussi casse-gueule que la pédophilie écclésiastique, il faut oser. Et Grégoire Delacourt a osé et a abordé ce sujet tabou avec énormément de justesse.
Profile Image for Sniv.
170 reviews6 followers
November 3, 2020
Un père apprend que son fils de 11 ans a été abusé par le curé. Il décide de se confronter à lui. Devenir lui aussi un tueur ?
Un livre qu’on ne lâche pas, qui questionne tant de choses et révolte. Delacourt sait nous faire tourner et sa fin achève.
Profile Image for jea.
45 reviews
July 30, 2023
je suis terrassée mais merci, encore une fois, de mettre des mots sur tout ce qu’on ne dit pas
Profile Image for Nicolas Arseneault.
461 reviews18 followers
June 13, 2019
Disons 4.5/5 pour être exact, puisque j'aurais changé les quatre dernières pages afin d'avoir un message différent. Cependant, dans l'ensemble, le roman est excellent. Il est provoquant, il est une représentation d'un des nombreux maux de notre société.
La plume de Grégoire Delacourt exprime merveilleusement le calvaire d'un père alors que son fils a été violé par un prêtre.
« Mon père » est un livre émouvant sur la religion, la famille et le viol.
Profile Image for Sabine N..
199 reviews2 followers
August 19, 2019
J’ai beaucoup aimé la trame de cette tragédie sur fond de pédophilie dans l’église. C’est l’histoire de la vengeance d’un père. C’est l’histoire d’une famille, d’un couple, de la communauté catholique. L’écriture se lit très facilement. Je le recommande.
Profile Image for Valérie Sangpages.
318 reviews29 followers
March 19, 2019
"Mon père", c'est une histoire entremêlée de père. Comme un assortiment des différentes variations du même mot et c'est subtil.
Le père d'Edouard, qui lui a mis un couteau dans les mains dès son plus jeune âge. Le père pédophile en puissance qui a abusé de Benjamin, son fils et le père qui se veut compréhensif et bienveillant.
Comme face à un de ces manèges à l'ancienne, avec ses chevaux. Tu verras passer ces pères. Tu les verras tourner devant tes yeux jusqu'à en attraper le tournis et tu vas clairement finir par vomir...
Une alternance passé-présent au sein même du texte. Cela peut te paraître déroutant dit comme ça et pourtant c'est tellement habilement bien géré, que tu t'y retrouveras sans aucun problème. La plume est précise, acérée, exquise, envoutante et puissante. Pour ma part, un véritable coup de foudre pour cette plume !
Edouard, dès l'âge de 12 ans, travaille avec son père à la boucherie. Il grandit dans l'ombre de Dieu, de par sa mère. Il devient adulte et a, à son tour, un enfant prénommé Benjamin.
Un parallèle est brillamment créé tout au long avec l'histoire d'Isaac. Un rapport à la bible ultra percutant.
Des bouts de vies entremêlés, des snapshots d'un passé plus ou moins heureux. Des choix, des décisions qui apporteront leur lot de culpabilité à tous.
"Mon père", c'est l'histoire d'Edouard qui se bat pour son fils. Le récit d'une vengeance, d'une justice, d'une volonté de nuire à celui qui a détruit. Ce questionnement sur la possibilité ou l'impossibilité de rendre œil pour œil, dent pour dent. Cette soif qui te bouffe le ventre, mais qui n'est pas si simple à assouvir.
C'est surtout un huis clos perturbant, dérangeant…
Pour ma part, à chaque fois qu'Edouard voulait en entendre plus, j'ai eu envie de hurler d'arrêter, j'ai eu envie de tout lâcher…
J'ai pourtant continué mais ce fut difficile….
Le récit devient alors duel...
Révoltant...
Difficile...
A gerber...
Pour de vrai...
Puis vient le final , ébouriffant et te voilà libéré.
Enfin capable de poser ce livre et de penser...Plus jamais ça...
Sois prêt à le lire parce que c'est dur mais ne passe pas à côté parce que c'est un véritable bijou, une pépite. C'est tout simplement magistral !
A toi de voir...
Petit clin d'œil: Edouard est devenu restaurateur de voitures anciennes. J'ai, bien évidemment, surkiffé 🙂 forcément puisque c'est notre business à nous et que ça ne se retrouve pas à chaque coin de livre 🙂
Profile Image for Victoria Catonio.
248 reviews8 followers
March 10, 2019
Lu d'une traite... et mal être à la fin de ce roman. Mais j'ai aimé ce roman.
J'aime cet auteur je l'ai rencontré plusieurs fois et c'est un être délicieux comme tous ses romans.
Sauf celui ci... il n'est pas délicieux... il coupe au couteau et à vif... et je ne suis même pas maman...
Il pose le simple constat de comment on réagirait si notre enfant avait vécu l'innomable ? Jusqu'où peut on protéger son fils ?

Magnifique roman, l'écriture est juste et fantastique de Delacourt . Elle aide à faire passer l'histoire. Ce genre d'histoire qui englue le lecteur dans l'horreur.
J'ai adoré cette immersion dans l'abomination du silence des églises.
Je ne dirai rien de plus pour ne pas spoiler. Roman court et tant mieux .. pas besoin de développer sur 500 pages l'atrocite dont peut être capable l'être humain.
Le silence ici n'est pas d'or... il aide à propager ses horreurs...

Âmes sensibles s'abstenir....
This entire review has been hidden because of spoilers.
Profile Image for Johanna Bfnr Dvl.
46 reviews2 followers
April 10, 2019
Livre lu d’une traite. J’ai pris une grande claque dans la figure et il fait partie de ceux dont je me souviendrai longtemps. Terrible. Tellement vrai. Insoutenable. Nécessaire. Indispensable. Que dire de plus ? Les mots me manquent.
Demain je lirai un livre plus léger !
Profile Image for Leo Labs.
395 reviews43 followers
April 1, 2019
J'ai absolument adoré ce court roman dont l'écriture est d'une intelligence remarquable. Poignant et révoltant jusqu'à la dernière ligne.
Profile Image for Karine SIMON.
676 reviews
November 14, 2019
Le sujet de ce roman est difficile et malheureusement d'actualité. C'est un sujet qui aurait donc pu me plaire.
Malheureusement, je n'ai pas du tout aimé la manière dont Grégoire Delacourt a traité ce sujet.
Nous retrouvons ici toute la souffrance d'un père qui découvre l'horreur subit par son fils. Rage, colère, presque jusque la folie, ce sont les sentiments qui ressortent dans ce livre, sentiments qu'on peut évidemment que comprendre.

Grégoire Delacourt a choisi de nous plonger dans un huis clos, entre deux pères. Le premier un papa comme tant d'autres, fier de son fils. Et le second, celui qu'on appelle Mon père, un homme d'église.

Personnellement je ne suis absolument pas sensible aux textes religieux, et malheureusement ici, l'auteur s'en inspire largement. J'ai donc trouvé l'ensemble du roman souvent rébarbatif, le roman étant déjà court, il ne m'a pas resté grand chose d'intéressant à lire.

Pourtant, c'est un livre malgré mon avis négatif qui n'appartient qu'à moi, pour des raisons qui me sont propres, qui je trouve mène une reflexion interessante sur un phénomène de société dont on ne connait très certainement qu'une petite partie de l'iceberg.

Mon père est un roman sombre et dur, qui même s'il ne m'a pas plu, j'ai été contente de découvrir et lire.


Profile Image for Les Jardins d'Hélène.
354 reviews10 followers
April 11, 2025
C’est l’histoire d’un père qui a n’a pas vu l’horreur que son fils vivait entre les mains du Père. Une histoire de pédophilie et de viols dans l’Église catholique, la douleur d’un enfant et de son papa qui réalise, et laisse exploser sa violence et sa haine à la cure, enfermé avec le prêtre coupable du vendredi soir jusqu’à la messe du dimanche matin. Un huis-clos mâtiné de parallèles aux textes bibliques et au naufrage du couple parental et de leur mariage.

La construction est habile entre temps de l’innocence et temps de la révélation ; et la fin rebat les cartes de manière inattendue, dans un nouveau temps du récit à des jours de là.

J’ai lu en début d’année le roman suivant de G. Delacourt, L’enfant réparé(2021), qui laissait entendre des liens avec celui-ci. Oui l’un peut éclairer l’autre. On notera d’ailleurs que dans mon Père, publié en 2019, l’abbé Pierre y était encore innocent : p. 136 « A la fin de sa vie, l’abbé Pierre confessait que la plénitude de Dieu n’avait pas toujours comblé sa solitude terrestre, que parfois la chaleur, les bras et la volupté de l’autre lui avaient manqué. Cela en a-t-il fait pour autant un prédateur ? Cela a-t-il fait triompher l’ennemi en lui-même ? ». On sait aujourd’hui que oui. La réalité dépasse parfois la fiction.

Un roman bref sur un sujet délicat, qui aurait mérité de mettre peut-être davantage à l’écart le mal-être du narrateur anéanti d’être trompé par sa femme, se plaçant ainsi trop au centre du récit.
451 reviews
October 30, 2019
Edouard Roussel, un père divorcé, cherche à se venger d’un prêtre pédophile qui a agressé Benjamin, son fils de 10 ans. Sa colère le mène à l’église. La rage qui l’habite l’amène à détruire ce qu’il trouve sur son passage, dont des objets saints.

Un homme le rejoint. Il s’agit du père Préaumont. Constatant les dégâts, ce dernier l’accueille, l’écoute et prend soin de lui. Il lui explique que l’homme qu’il cherche est le père Antoine Delaunoy. Il lui apprend que celui-ci a été déplacé de paroisse en raison des rumeurs qui couraient sur son comportement mésadapté. Il dénonce la déviance de son collègue et ajoute que l’évêché est au courant de la situation et que ses supérieurs ont pris des dispositions pour que les soupçons s’estompent.

La discussion se poursuit. Edouard en vient à conclure que l’agresseur est bel et bien devant lui. Il séquestre, mutile et ordonne au père Préaumont de tout avouer, ce que fait l’homme. Il s’accuse autant devant lui que devant les paroissiens. À la fin du livre, on apprend de la bouche de Benjamin qu’il y a erreur sur la personne : son véritable agresseur est Delaunoy et il continue d’œuvrer dans de bonnes œuvres destinées aux jeunes garçons…
Profile Image for Granny Sebestyen.
497 reviews23 followers
June 16, 2019
Faby de Caparica
38 min ·



"Mon père "de Grégoire Delacourt ( 220p)
Ed. JC Lattès
Bonjour les lecteurs
ATTENTION … pépite
Décidément, Grégoire Delacourt se classe parmi mes chouchous.
C'est l'histoire d'un père, Edouard, qui va se confronter au problème de la pédophilie.
C'est l'histoire d'un prêtre.
C'est un huis-clos entre ce père désespéré, anéanti et le violeur de son fils.
C'est l'histoire d'une colère.
C'est l'histoire d'une suffocation.
C'est l'histoire d'une culpabilité
C'est l'histoire d'Edouard qui n'a rien vu et où une partie de lui se meurt, s'éteint à tout jamais.
Livre coup de poing ou notre rage et notre impuissance accompagnent celle d'Edouard.
Pourquoi ?
Comment réagir ?
Peut-on pardonner ? Comprendre ? …. NON
Ne ratez pas ce dernier Delacourt. Il ne nous épargne pas.
238 reviews3 followers
August 7, 2020
Si l’histoire de Mon Père tourne autour de Benjamin, l’auteur nous fait un parallèle très troublant avec la Bible et l’histoire d’Abraham prêt à sacrifier son fils, Isaac, comme Dieu le lui demande.

Et tout au long du livre, on retrouve les explications de l’auteur qui décortique certains passages de la Bible.

Cela ne vous rapprochera pas de Dieu, bien au contraire !

Le narrateur est le père biologique de Benjamin, Edouard. Tout va bien dans la famille jusqu’au moment où les parents de Benjamin se séparent.

Et le mal-être de Benjamin va être mis sur le compte de la séparation.

Benjamin se referme, dans tous les sens du terme. Et personne ne sent la douleur de cet enfant d’une dizaine d’années.Bouleversant
Profile Image for FLaure.
191 reviews
July 1, 2019
#actualité 6/10 256 pages https://vie-quotidienne-de-flaure.blo...
La famille, le silence ! Enfance volée.
Coupable d'aveuglement, d'incompréhension, Édouard se reproche de ne pas avoir pu déceler les troubles, le mutisme de son fils, l'appel sur la carte postale "Viens me chercher".
"Je suis devenu un criminel par inattention."
Livre qui se lit vite, le vocabulaire est recherché, les chapitres sont courts. Un roman fort, plein d'émotion, marquant et dérangeant aussi. On ne peut pas aimer ce livre par le sujet évoqué, on ne peut qu'être dérangé.
J'ai préféré le premier livre que j'ai lu de l'auteur.

Profile Image for Boukhalfa Inal Ahmed.
483 reviews18 followers
August 19, 2021
Un récit puissant, incisif sur un sujet tellement difficile et dérangeant. Une ode à la parole pour vaincre le silence tabou de la pédophilie et des désastres physiques et psychologiques que cela provoque dans des milieux fermés, tel que le milieu ecclésiastique.
À travers la pédophilie qui est le sujet central de cette histoire, on découvre le désarroi d'un père qui n'a pu su voir, ni entendre la détresse de son enfant. On découvre ses propres blessures d'enfant, ce qui nous poursuit dans le monde adulte. Se pose la question du pardon et de la violence qui peut lui incomber.
Displaying 1 - 30 of 56 reviews

Can't find what you're looking for?

Get help and learn more about the design.