Rien de plus paisible que la Maison Borj, boulangerie d'une petite ville de province belge à la fin des années 1950. Un foyer sans histoire, deux adolescents charmants, un commerce florissant : les Borj ont tout pour être heureux. Avec générosité, ils acceptent de prendre Josée, une orpheline de guerre, en apprentissage. Une drôle de fille, cette Josée. Épileptique, pratiquement illettrée, mais pourvue d'un don d'autant plus émouvant qu'elle n'en a aucune conscience : elle chante divinement. Comment imaginer qu'une jeune fille aussi innocente puisse devenir celle par qui le malheur et la ruine vont s'abattre, telle une tornade, sur cette famille en apparence si harmonieuse ?
Une intrigue au suspense virtuose, une manière unique d'explorer au scalpel les sentiments inavouables, d'effeuiller les êtres jusqu'à révéler leur vérité la plus intime : grand romancier de l'âme humaine, Armel Job est ici au sommet de son art.
" Armel Job s'impose en maître du thriller psychologique. " La Croix
Juste magnifique. Belle intrigue thriller psychologique . Impossible de le lâcher avant la fin.
Direction Martfort, une petite ville de province dans les années 50. Nous sommes à la campagne et la famille Borj - Ruben et Gilda et leurs enfants Astrid et Rémi - famille sans histoire tient une boulangerie florissante.
Imaginez-vous, par l'odeur du pain chaud et des croissants, poussant la porte de la boulangerie pour y chercher une douceur le dimanche, une "gosette" aux pommes, un "éclair au chocolat" ou tout simplement "les pistolets" du dimanche matin.
Nous sommes le 13 septembre 1958, l'expo universelle bat son plein, Léopoldine Vandelamalle pousse la porte de la boulangerie, elle est responsable de l'oeuvre nationale des orphelins de guerre. Elle n'est pas ici comme cliente mais veut parler avec Ruben et Gilda .
Elle leur parle de Josée Piron, une jeune fille née en 42 tout comme leur fille Astrid, une adolescente de 16 ans orpheline de guerre qui a vu toute sa famille disparaître sous un bombardement à Houffalize. Josée a été traumatisée à l'époque et en a gardé quelques séquelles, elle est dirons-nous un peu "simplette", elle ne lit pas mais compte sans problème et est aimable. Madame Vandelamalle aimerait lui donner une chance dans la vie et souhaiterait que les Borj l'engagent comme apprentie vendeuse. Elle est travailleuse et souriante, une occasion pour Gilda de souffler un peu, elle l'aidera à la boulangerie et dans le ménage et tiendra compagnie à Astrid.
Sceptique au premier abord, la famille accepte. Josée débarque et Gilda se souvient et revit grâce à elle son adolescence, son arrivée dans la famille au même âge. Elle éprouve une certaine tendresse pour Gilda, une nostalgie en remettant au goût du jour ses vêtements remisés dans une malle au grenier. Josée utilisera la mansarde comme elle le fit par le passé. Cela réveille les souvenirs de Gilda.
Ruben quand à lui est un peu émoustillé, attiré vers Josée, il l'observe. Mais pourquoi ?
Une boîte de nuit ouvre ses portes dans le patelin d'à côté le 11 octobre 58, le Wigwam, c'est un événement à ne pas rater. Astrid convainc ses parents d'y aller, la condition est d'être accompagnée de Josée. Josée sera fascinée par la prestation live d'Henri Breyre qui reprend la chanson "Diana" en français, chanson que Josée chantera sans cesse... mais un incident survient lors de cette soirée, ce sera le début de rumeurs qui attiseront la curiosité des locaux.
La belle voix de Josée causera d'autres incidents et lui permettra aussi d'être repérée pour la chorale dirigée par le fils de la mère Michaux.
Nous sommes dans une petite ville de campagne, tout le monde passera à la boulangerie pour voir Josée, très vite elle sera l'objet d'une rumeur qui se répandra comme de la poudre, enflera , se déformera et changera à tout jamais le destin de la famille Borj. Je ne peux vous en dire plus si ce n'est que la maîtrise de ce thriller psychologique est parfaite.
Armel Job est au sommet de son art, il explore comme toujours l'âme humaine en profondeur. On vit avec lui cette période d'après guerre qui a encore beaucoup de secrets à dévoiler. Les descriptions des personnages, de l'époque, des intérieurs, de l'ambiance sont superbement rendues, c'est comme si vous y étiez. La langue d'Armel Job est savoureuse comme les pâtisseries des Borj, elle décrit à merveille et non sans humour les sentiments et les secrets des protagonistes.
Un roman qu'on ne lâche pas avant de l'avoir terminé, qui fait ressurgir les souvenirs du passé de Gilda. C'est du grand art comme à chaque fois, je pense que ce n'est pas pour rien que la page la plus lue de mon blog est un autre article sur un livre du même auteur "Loin des mosquées".
Magistral ! A lire sans tarder.
Merci Armel Job pour l'envoi de ce livre et votre confiance.
Ma note : Immense coup de coeur
Les jolies phrases
Les moments de grand bonheur sont si rares dans la vie qu'on les compterait sur les doigts d'une main. Après, lorsqu'on en recherche le souvenir, le plus souvent, ils se dérobent, ils n'en rétrocèdent que le regret. Pour qu'ils reprennent vie vraiment, il faut une coïncidence miraculeuse ou la puissance de certains rêves. Alors, parfois, on peut retrouver jusque dans sa chair les émotions enivrantes éprouvées dans ces jours heureux.
Le puzzle la détend, c'est ce qu'elle prétend. Quand elle cherche à emboîter les morceaux, elle ne pense plus à rien : le bonheur parfait pour la plupart des humains.
Un rockeur, Ruben et Gilda avaient vu ce que c'était : un énergumène qui se tortille comme si une souris s'était introduite dans sa braguette, au milieu de filles à moitié nues.
Lorsqu'une rumeur se répand, les personnes qui sont le moins au courant ce sont le plus souvent les personnes concernées. Déjà, Gilda était tombée des nues quand Saintvith lui avait appris qu'on jasait en ville à propos de Josée. Puis elle s'était imaginé que sa visite mettait un terme à l'affaire, qu'on n'en parlerait plus. Puisqu'il avait rétabli la vérité chez elle, elle était rétablie partout.
La seule faille de la rumeur, c'est que ses propagateurs, la plupart du temps, taillent un costume à des gens qui ne sont ni plus ni moins fautifs que bien d'autres. A force, il pourrait même leur venir des scrupules. Il s'agit de les étouffer. Rien de tel, à cette fin, que de se retrancher derrière la cause supérieure d'un innocent.
Les décisions des adultes obstruent son existence comme cette façade sa vue, c'est ce qu'elle doit penser.
L'ennui, c'est que la fin de l'amitié chez les filles n'est pas le retour à l'indifférence, mais le début de la haine.
Un jour de septembre 1958, Madame Vandelamalle fait irruption dans la boulangerie des Borj, à Marfort (un village imaginaire en Famenne). Elle convainc le couple, Ruben et Gilda, de recueillir Josée, une jeune orpheline de 16 ans, comme apprentie au sein de leur commerce. A court d'arguments, le couple accueille la jeune fille avec une certaine appréhension. En effet, elle est atteinte d'un léger retard mental et les Borj craignent qu'elle ne soit pas en capacité de servir les clients. Pourtant, très vite, Josée prend ses marques et effectue à merveille les tâches qui lui sont incombées.
Un soir, hélas, le drame survient. Josée, accompagnée d'Astrid, est prise d'une sorte de crise d'épilepsie (qui n'est en réalité qu'une crise de tétanie) après une soirée animée dans un dancing. Furieux d'avoir été dupés, les Borj tentent de fourguer Josée à sa "marraine", Léopoldine Vandelamalle. Cette dernière parvient à nouveau à les faire changer d'avis. Pourtant, le cours des événements prend une tournure difficile pour la famille, mettant en péril leur équilibre.
Au départ, je dois l'avouer, j'ai failli abandonner ma lecture. Je ne comprenais pas trop où voulait en venir l'auteur. J'ai trouvé les personnages assez étranges et eu l'impression d'assister à des potins dans un petit village belge. Pourtant, peu à peu, Armel Job a fini par me donner envie de comprendre, de décortiquer les dessous et d'analyser les protagonistes. Josée m'a beaucoup émue, d'abord par son histoire tragique, ensuite par sa bonté. On est pris de pitié pour cette jeune fille adorable qui se fait malmener par les autres, profitant de sa vulnérabilité et de sa candeur.
Au fil de l'histoire, on finit par comprendre les enjeux et je dois avouer que j'avais très envie de connaître la fin, l'auteur parvenant à faire monter la tension. J'ai encore été plus surprise par le "Post-scriptum", dernier chapitre, dans lequel Armel Job explique d'où lui est venue l'idée d'écrire sur Josée. Il s'agit en réalité de l'histoire de sa famille et c'en est d'autant plus bouleversant.
Incontestablement, l'écriture d'Armel Job est très belle et c'est ce qui m'a permis de ne pas abandonner ma lecture, malgré un rythme plutôt lent. Il possède également le don de mettre à nu ses personnages, faisant ainsi ressortir leurs failles, leurs forces, leurs vices. Bref, il dissèques à merveille les relations humaines et le quotidien banal. Il y a quelque chose de dérangeant dans ce roman, très certainement voulu par l'auteur. Ce malaise grandissant happe le lecteur goulûment et le rend spectateur, un peu comme au théâtre. Ce n'est pas le livre d'Armel Job dont je garderai le souvenir le plus impérissable, cependant sa plume soignée combinée à une belle sensibilité constituent les attributs d'une lecture réussie.
«Le destin n’est pas une puissance occulte. Ce peut être tout simplement une dame bien mise en imperméable beige qui entre dans une boulangerie un samedi matin. Elle-même ignore qu’elle s’apprête à ruiner la vie de personnes contre lesquelles elle ne nourrit aucun noir dessein. Elle a franchi le seuil avec les meilleures intentions du monde. Si elle savait sur quel gouffre ce seuil bée, n’en doutons pas, elle quitterait les lieux aussitôt.» ****
Car madame Vandelamalle n’a aucune mauvaise intention lorsqu’elle demande à Ruben et Gilda Borj d’engager une jeune orpheline de guerre, Josée, en tant qu’apprentie dans leur boulangerie, bien au contraire. Certes, Josée est un peu simplette et même épileptique, mais elle est charmante, elle sait compter et elle sera une compagnie agréable pour la fille des Borj, Astrid. Elle chante en outre divinement bien –ce qui lui vaudra d’être remarquée à la chorale lors de la messe de minuit et de déclencher ainsi des événements inattendus.
«Une drôle de fille» plonge son lecteur au sein d’une famille de province en apparence banale mais qui, comme toutes les familles ordinaires, a son lot de secrets, de rancoeurs et de non-dits : un mélange explosif auquel il suffit parfois d’une étincelle. Et comme tout bon village qui se respecte, Marfort a son serpent, la rumeur, qui profite de la moindre brèche pour instiller son venin…
Les habitués d’Armel Job retrouveront le style qui le caractérise, avec ses expressions savoureuses («sinon elle va basculer sur le côté et il passera la nuit à l’hôtel du cul tourné»), ses clins d’œil aux accents du terroir («au lieu de «maintenant», elle a prononcé quelque chose comme «métnau») et ses touches d’humour («chez un clerc frais émoulu du séminaire, une cohorte de jeunes vierges sans doute n’éveillait pas que des élans mystiques»). Mais aussi une observation très juste de l’âme humaine et des réflexions profondes, que l’on a envie de noter pour s’en souvenir : «le pire mal, c’est celui qu’on fait à ceux qui ne peuvent pas se défendre parce qu’ils ne voient même pas que c’est mal» ou encore «Les moments de grand bonheur sont si rares dans la vie qu’on les compterait sur les doigts d’une main. Après, lorsqu’on en recherche le souvenir, le plus souvent, ils se dérobent, ils n’en rétrocèdent que le regret. Pour qu’ils reprennent vie vraiment, il faut une coïncidence miraculeuse ou la puissance de certains rêves. Alors, parfois, on peut retrouver jusque dans sa chair les émotions enivrantes éprouvées dans ces jours heureux.»
Je remercie monsieur Armel Job d’avoir eu la gentillesse de me faire parvenir ce roman, que je vous recommande sans hésiter.
A la fin des années 50, à Marfort, village imaginaire de Belgique, la famille Borj accueille une nouvelle apprentie dans la boulangerie familiale. Josée, une orpheline de guerre qui a gardé quelques séquelles du traumatisme de la disparition brutale de ses parents dans un bombardement. Elle souffre notamment d'une léger retard mental et de crises d'épilepsie. Cette jeune fille fragile est la candeur incarnée. Dotée d'un physique avantageux et d'un don incroyable pour le chant, elle ne va pas manquer de susciter chez les Borj comme dans tout le village, convoitise et jalousie.
Armel Job livre un récit intriguant à l'ambiance rurale oppressante. Il dresse le portrait d'une société en pleine évolution qui perd ses repères. Les fifties apportent leur lot de chamboulements: arrivée du rock'n'roll et des premières discothèques, modernisation et américanisation des cafés et restaurants, nouvelles tendances vestimentaires,... Face à l'inconnu, les habitants de la campagne se méfient et conservent leurs travers. Les ragots vont bon train et continuent de compliquer la vie de leurs victimes, souvent féminines.
Au sein de la famille Borj, l'arrivée de Josée va mettre au jour de lourds secrets de famille. Les différents protagonistes féminins offrent une palette assez précise et juste des relations entre femmes. La jalousie, la solidarité, la compassion, une richesse de sentiments destructeurs ou réparateurs. Quant aux hommes de cette famille, on peut dire qu'ils ont un vrai problème avec la gent féminine. Leur rapport au sexe opposé, plein d'ambivalence et de violence, est très problématique. L'auteur expose leur façon d'interpréter les gestes et le langage, explore pour dénoncer les raccourcis pris par certains hommes.
Un roman surprenant qui se termine d'une façon terrible et magistrale.
Voici le petit dernier d' Armel Job et ... attention ... pépite !!
Comme à son habitude, Monsieur Job nous plonge dans nos Ardennes belges.
Nous sommes à la fin des années 1950, la famille Borj est une famille des plus ordinaire. Le père est boulanger, la mère s'occupe de sa famille et de la boutique, deux enfants ados. Bref une vie simple, presque banale. Et ceci jusqu'au jour où ils prennent une jeune fille en apprentissage, Josée. Celle-ci est orpheline de guerre et un peu " simplette" diront certains. Josée révèle cependant très vite un don pour le calcul (qui lui attire les bonnes grâces de " la patronne" ) et surtout un don pour le chant qui va chambouler la vie de cette petite famille..
Et c'est là que la machine " Job " se met en place pour nous livrer un thriller psychologique dont il a le secret. On sait, on sent que cela va mal tourner .. mais où ?, comment ?et quand?
Au travers des pages, ON retrouve l'amour maternel, la jalousie, les ragots, la méchanceté. C'est une histoire d'une fille "simple" qui n'en est peut-être pas une, une histoire de père, une histoire de bouc émissaire
Et oui, tout cela dans un peu plus de 270 pages !
L'écriture est addictive simple et fluide, le vocabulaire chantant.
Bref.. Cette cuvée est un grand cru .. Les pages défilent ( beaucoup trop vite à mon goût), l'auteur est au sommet de son art.
Si vous ne connaissez pas cet auteur belge, hâtez vous de pallier à cette lacune, vous ne sortirez pas déçu de cette lecture, bien au contraire, vous en redemanderez. Si comme moi, vous êtes fan... procurez vous vite ce dernier bijou et savourez-le en attendant le suivant.
A real favorite is this magnificent novel set in a small Belgian town in the 1950s. We meet the Borj family, who run a bakery. The man makes the bread and cakes, the woman sells them and runs the cash register, and their two teenage children attend school. They're a normal family, well integrated into the village. They decide to take on Josée as an apprentice; she's a young orphan who lost her parents during World War II. The young girl innocently sows discord within the family and the village.
I loved the atmosphere of the story, the superbly described 1950s, the ambiance of this village where everyone talks, starts rumors, and where, despite everything, there's always someone with a buried secret, ready to explode.
I really liked Josée, who sometimes made me feel sad with her innocence. She doesn't see the harm the adults around her inflict on her. Ruben is also an endearing character, a bit of a bear, but who ultimately gets trampled on by the women of the house (his wife but also his own daughter).
Armel Job's writing is magnificent, and I'm delighted to have discovered this author. I can't wait to read another of his novels.