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Le marabout

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Marianne Potvin multiplie les escapades dans Parc-Extension, à Montréal. Émoustillée par cet étrange quartier rempli d'« étranges », la bourgeoise d'Outremont va y faire une rencontre qui la changera du tout au tout… Les personnages du Marabout se croisent et se recroisent sous la plume d'une auteure qui les torture en mâchouillant sa pipe, déguisée en homme, au son de ses enregistrements de Serge Bouchard. Ayavi Lake manie l'ironie avec délice, en jouant sur les voix, les Moi, les Je, déroutant malicieusement les lecteurs pour mieux leur montrer tous les chemins qu'ils n'ont jamais empruntés.

Je m'installe à la petite table en bois, devant la fenêtre. Je me mets face aux portraits de Wole Soyinka et d'Ousmane Sembène. Je suis dans la verrière. Ici, il fait bon. Mes plantes semblent communier avec le soleil pour former un halo protecteur. Cette fois, ça y est, j'ai supprimé tous les obstacles qui se dressaient entre ma cruauté et mes personnages.

128 pages, Mass Market Paperback

First published January 21, 2019

84 people want to read

About the author

Ayavi Lake

7 books3 followers
Née à Dakar en 1980, Ayavi Lake est enseignante et mère de deux enfants. Elle a passé sa jeunesse au Sénégal, où elle a commencé à écrire. En 2007, après avoir poursuivi ses études en France, elle est arrivée au Québec, où elle a vécu à Jonquière et à Montréal.

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Community Reviews

5 stars
13 (19%)
4 stars
30 (44%)
3 stars
14 (20%)
2 stars
6 (8%)
1 star
4 (5%)
Displaying 1 - 11 of 11 reviews
Profile Image for Audrey ❁.
125 reviews3 followers
July 24, 2024
3.75

Je ne suis pas fan de cette narration éclatée, entre la fiction et la réalité, mais j’ai quand même bien aimé le roman ; les sujets et les discours étaient forts et importants, mais je crois qu’ils étaient mieux exécutés et percutants dans le second roman de l’autrice, La Sarzène (que j’ai tout simplement adoré).
Profile Image for Jo.
28 reviews3 followers
May 3, 2021
Interesting conversation on race issues in Quebec but still found the writing style heavy and hard to follow at times. Overall not my cup of tea.
Profile Image for Julien Dupont.
35 reviews
June 1, 2023
"Au risque de paraître raciste, je vais être honnête..."

Voilà comment j'allais commencer ma critique, que j'allais marquer d'une cote plus basse de 2/5, avant que le dernier quart de ce recueil viennent racheter l'oeuvre à mes yeux.

Après avoir tout lu, ma thèse est qu'il y a un génie humaniste à cette oeuvre, mais qu'il est camouflé. C'est un effet qui vient sous le texte, qui se colore des émotions successives des histoires du recueil, mais il n'est pas explicité et j'ai l'impression que l'auteure y est arrivée de manière plus subconsciente que délibérée.

Pendant la majorité de la lecture, je ne comprenais pas comment ce livre pouvait se racommoder à l'intention exprimée en entrevue de l'auteure Ayavi Lake de bâtir un pont entre les cultures immigrantes de Parc Extension et la culture québécoise disons traditionnelle.

Dans les nouvelles, il est énormément question de personnages ténébreux, de manigance, de magie noire et de stéréotypes. La quasi-totalité (ou est-ce la totalité?) des personnages québécois d'origine sont présentés de façon unidimensionnelle (mange de la poutine, aime le hockey, ne lit rien) ou bien ils sont prédateurs et méprisant, la seule personnage des Premières nations est alcoolique et sans-abri et les personnages immigrants sont sorciers et prêts à exploité et voler pour gagner un quelconque avantage.

Tout cela résulte en une oeuvre qui polarise plus qu'elle ne rassemble, n'est-ce pas?

Il n'y a que deux nouvelles qui corrige ce déraillement de la thèse. Il s'adonne que ce sont aussi les plus belles histoires, parce qu'elles délaissent la bizarrerie en faveur d'un humanisme touchant. Ces histoires sont celles où l'auteure parle de l'intégration de sa fille et celle où une femme québécoise (mesquine, stupide et intolérante comme tous les autres bien sûr) accepte malgré elle de découvrir le Québec en lisant le récit d'une immigrante et en trouvant, avec surprise, une profonde résonance avec celui-ci.

L'effet final qui est produit par cette juxtaposition de récits loufoques magiques et stéréotypés avec d'autres récits bien plus réels et humain, c'est de démontrer à quel point les récits diviseurs dans nos esprits sont fictifs et à quel point, en prenant le temps de se connaître et de s'intégrer, on retrouve finalement une réalité plus humaine et universelle.

Voilà le génie de l'oeuvre.

C'est de confronter des fictions choquantes et un peu folles à des moments réels, vulnérables et humains.

À part ce sous-texte que je trouve génial, les nouvelles sont, pour la plupart et à mon goût plutôt banales et peu marquantes. Il y a quelques histoires de marabout et de sexe et de violation des traditions et de suspicion, et c'est vrai que certains personnages repassent dans d'autres histoires, mais selon moi il n'y a rien là de spectaculaire, car ces histoires ne bâtissent en rien un trame narrative. Au lieu, elles contribuent à l'effet de juxtaposition que j'ai mentionné. C'est ce qui les rachètent.

Je n'ai pas kiffé sur l'idée que la dernière histoire revient avec le changement magique de peau et des accusations de racisme nivelées vers Radio-Canada et un certain parti politique. Peut-être que c'est vrai, ce n'est pas moi qui le saurais, mais ne serait-il pas mieux de finir sur une plus belle note, bon sang?

Autre point négaitf, il y a de le texte des biffes sur certaines lettres dans certains mots mal écrit, comme si on avait imprimé le texte avec corrections plutôt que le texte corrigé. J'ai cru que c'était une manière subtile de différencier les nouvelles fictives et les nouvelles où l'auteure parlait à la première personne, mais, hélas! Le phénomène apparait aussi du point de vue de l'auteure. C'est donc soit une pauvre erreur de la part de l'éditeur, soit c'est rendu "in" d'inclure des fautes de frappes délibérées ou bien c'est d'un symbolisme tellement obscur que mon intellect est insuffisant pour le déchiffrer.

Alors finalement, je suis honnête, et j'espère que je ne parait pas raciste. N'est-il pas le cas qu'une socitié intégrée et anti-raciale traite tout le monde pareillement sans disctinction pour sa couleur? C'est ici ce que j'aurais écrit du même texte écrit par n'importe qui d'autre.

En conclusion, je salut l'oeuvre d'Ayavi. Son livre remplit un rôle important dans la société et bâti un pont après tout, et je crois que c'est important d'avoir une telle littérature qui exprime l'identité évoluante d'un Québec moderne. Je salue aussi le fait qu'elle ait autant voyagé (Sénégal, Paris, Saguneay, Montréal) et qu'elle ait réussi à écrire malgré ses devoirs auprès de ses enfants.

J'aime rappeler qu'il est bien plus facile de critiquer que d'écrire, et je préfère finir en disant que même si aucun livre n'est parfait, le fait même d'avoir écrit provoque la réflexion et enrichit la culture, alors bravo Ayavi, et bonne lecture à ceux qui souhaitent bien entreprendre le voyage un peu bizarre mais aussi touchant et illuminant qu'est Le Marabout.

Profile Image for Emmanuelle.
21 reviews4 followers
October 17, 2020
Le portrait de la ville de Montréal dans la littérature contemporaine est une chose déjà faite, mais ici l'actrice le fait bien et avec un renouveau. Cette ode d'amour au quartier de parc-ex et à ses habitants me donne envie de prendre le métro jusqu'à la station Parc pour, moi aussi, découvrir ce quartier. J'ai également aimé les critiques et les éléments politiques. Quant à l'intrigue et la forme, elles sont originales, attachantes et bien réalisées. Une belle découverte!
Profile Image for Mélina.
690 reviews63 followers
May 10, 2022
Dans ce recueil de nouvelles, l’autrice Ayaki Lake nous présente divers habitants du quartier Parc-Extension à Montréal. Leurs destins s’entremêlant, les habitants sont différents, éclatants et leurs récits uniques amènent la conversation sur le racisme au Québec, nous faisant questionner les préjugés omniprésents dans la province.
⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀
Globalement, j’ai aimé ma lecture mais je dois avouer avoir trouvé quelques textes un peu longuets et durs à suivre.
Profile Image for Louis-Philippe Codère.
41 reviews1 follower
June 13, 2021
Je l'ai acheté durant le mois de l'histoire des Noir·e·s parce que ça se déroulait dans mon quartier (Parc-Extension). Plein de petites histoires qui se croisent et se recroisent. Le tout mélangé avec des réflexions sur l'immigration, le nationalisme québécois, les relations entre humain·e·s et celles de pouvoir.
Profile Image for Madeleine LeBlanc.
293 reviews17 followers
December 23, 2020
Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en commençant ce livre. Je suis passée de surprise en surprise du début jusqu'à la fin. J'ai adoré.
Profile Image for Alice.
105 reviews
July 22, 2020
Marianne Potvin, une avocate blanche d’Outremont cherchant de l’exotisme, rend visite au cabinet d’un marabout dans Parc-Extension. Une fois sortie du cabinet, elle aperçoit son reflet dans une vitrine et se met à hurler que le marabout a volé son corps de femme blanche. Bienvenue dans l’imagination d’Ayavi Lake, qui manipule sa plume avec ironie et humour dans son recueil de nouvelles Le marabout. D’une façon, Madame Potvin est comme le lecteur de ce livre: désirant échapper sa vie, on est entraîné dans un voyage rocambolesque qui lui apprend à voir Montréal sous un tout nouveau jour.

Une sénégalaise d’origine qui a étudié en France et qui s’est installée à Montréal, Lake connaît bien la discrimination. Au Sénégal, sa peau était trop claire (Bornais). En France, elle avait le problème inverse. Finalement, au Québec, elle se sent obligée de prouver qu’elle est une vraie québécoise. À cause de toutes ces expériences, Lake était motivée d'utiliser la littérature pour dévoiler l’arbitraire des préjugés et de révéler l'humanité partagée par tout le monde (Guy).

Ainsi, dans Le marabout, Lake subvertit les stéréotypes associés aux différents habitants de Montréal. Un tel exemple est Suzy, une québécoise de souche qui ne lit que des recettes de Ricardo Larrivée : elle se surprend elle-même en dévorant le manuscrit de Kiné, « la voilée ». Suzy est d’autant plus étonnée d’apprendre que cette dernière ne s’est convertie à l'islam qu'après le mariage. En fait, avant cela, Kiné avait enseigné sur des réserves pendant quatre ans. Plutôt que prévisibles, les personnages que Lake a créés sont excentriques, faillibles et tout à fait crédibles. Alors qu’ils réapparaissent au long du livre, on a vraiment l’impression qu’ils ont pris vie et que leurs aventures délirantes ont continué en coulisse.

De plus, Lake remet en question la conception traditionnelle de l'identité québécoise avec prévenance. Selon Kiné, « Je ne comprendrai sans doute jamais pourquoi, quand on parle d'identité québécoise, il faut forcément opposer ceux comme qui viennent d’arriver de l’autre côté du monde et ceux qui sont arrivés deux siècles avant moi ». Comment est-ce qu’on définit l'identité québécoise en premier lieu, et pourquoi est-elle importante ? Qui a le pouvoir de la définir ? Est-ce que les immigrés la diluent, ou est-ce qu’ils la maintiennent en vie ?

Bien que Lake n'hésite pas à partager ses critiques de la société québécoise, elles sont tempérées par un sens de l’humour ludique. L’amour que Lake possède pour le Québec est évident, et elle apporte le plus grand soin à faire vivre le cadre du livre. Alors que les chemins des personnages se croisent et se recroisent dans Parc-Extension, ce quartier multiethnique devient également un personnage. On se sent vraiment qu’on a senti ses odeurs de cari et qu’on a goûté le café corsé de la pâtisserie grecque.

Dans l’ensemble, Le marabout est un livre intelligent avec un cadre et des personnages uniques. En outre, il est une contribution importante à la discussion concernant l’immigration, l'identité et les préjugés. Un triomphe.

Bibliographie
Bornais, Marie-France. “Un Don Pour Changer De Peau.” Le Journal De Québec, Média
QMI Inc., 3 fév. 2019, www.journaldequebec.com/2019/02/03/un....
Guy, Chantal. “Ayavi Lake: Magie Dans Parc-Ex.” La Presse, La Presse, 1 Mar. 2019,
www.lapresse.ca/arts/livres/201902/28....
Profile Image for Adzriel.
102 reviews2 followers
August 5, 2021
Suite de nouvelles (si près du roman choral, quoiqu'en petit format) qui se déroulent dans un quartier « chaud » de Montréal. J'ai beaucoup aimé! C'est grinçant, ça call-out le lecteur type, ça amène à réfléchir au-delà des apparences ou des préjugés, c'est écrit avec clairement beaucoup d'amour pour les personnages excentriques qui s'y trouvent. Et, aussi, c'est empreint d'amour pour Parc-Extension.
Profile Image for Julien Renaud.
64 reviews3 followers
January 22, 2022
Ce recueil de nouvelles s’apparente à un roman déconstruit, puisque les protagonistes de chaque histoire s’entrecroisent dans un casse-tête à 14 morceaux que l’on se plaît à assembler. Autour de la thématique centrale du multiculturalisme s’articulent des enjeux tels que l’immigration, la protection de la langue française, l’identité, les inégalités sociales, les préjugés, la brutalité policière, la culture du viol et la quête d’humanité. Il est fascinant de voir à quel point des thèmes aussi profonds peuvent être abordés avec tant de puissance dans des récits d’à peine quelques pages.

Ayavi Lake m’a charmé. Je ne connaissais pas cette autrice née à Dakar et qui a vécu à Jonquière, puis à Montréal. Sa plume est fluide, juste et polyvalente; son propos est pertinent, défendu avec une belle subtilité. Elle ose prendre différents chemins et réussit à tous coups, que ce soit avec un rebondissement inattendu, une émotion qui résonne, une image qui fait rire, un lyrisme bien dosé ou une pointe d’humour plus ou moins dissimulée. Les nouvelles «Le marabout», «Lingua franca: variant avec trémolos» et «Les épouses» obtiennent mes trois étoiles.

L’action se déroule principalement dans Parc-Extension, à Montréal, un cocktail culturel qui sert bien l’oeuvre. Une Saguenéenne adepte d’observation anthropologique, un marabout qui peut voler votre peau, une écrivaine racisée et un peu cruelle, une Atikamekw aux mystérieux pouvoirs, un policier en «power trip», un vieux sage qui intrigue, une femme immigrante qui boit «l’âme du Québec» et un travailleur de la construction tout ce qu’il y a de plus normal participent à une distribution qui ratisse large sans étourdir.

Parmi cette brochette de personnages, avec qui aimeriez-vous échanger votre corps? L’homme blanc est-il toujours l’option gagnante?
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