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Renée Vivien, je la vois comme la fille spirituelle de Sappho et de Baudelaire.
Elle est triste, la poésie de Renée. Tristement belle. Elle assume pleinement ses préférences sexuelles et en son temps, c’est inédit.
Si vous aimez le vocabulaire baudelairien, la poésie qui met en relief les 5 sens, si vous souhaitez découvrir une poétesse lesbienne alors ce recueil est pour vous, foncez. Et pour vous donner un avant goût …
« Profession de foi
J'aime l'avril et l'eau, l'arc-en-ciel et la lune,
J'aime tout ce qui change et qui trompe et qui fuit.
Mon rire est inconstant autant que la fortune,
Et je mens, car je suis la fille de la nuit.
Et la nuit reconnaît en moi sa fille tendre.
Elle me fait venir dans les bois endormis
Et me donne l'ouie exquise pour entendre,
Comme en un songe aigu, les pas des ennemis.
La nuit me fut toujours magnifique et clémente,
J'appris d'elle les noirs chemins où l'on peut fuir,
Elle amortit le bruit de mes pas sur la menthe
Où l'ombre est douce autant qu'un léger souvenir.
J'obtins d'elle le doux mépris de ce qui presse,
Le regard détourné, la sainte horreur du bruit...
Étant comblée ainsi, j'adore ma Déesse
Inconnaissable et noire et parfaite, la Nuit. »
(Inclus dans le challenge Mars au Féminin 2024, catégorie auteur.ice LGBTQIA+)