J'ai mâchouillé chaque ligne, chaque chapitre, avalé chaque phrase acerbe, ma déglutition me ramenant à la mémoire qu'une fois passé mon oesophage, mes viscères s'occupent du reste sans effort conscient de ma part. Le corps s'active à décomposer le tout, à le broyer et à le réduire en substances et molécules dont il a besoin. A la fin, plus rien ne ressemblant ce qui a été dégusté.
Ça a l'air de rien, ça se fait tout seul, en tout cas, pour la bouffe. Mais comment digérer la mort? Comment macérer le deuil, comment absorber la solitude, comment ingérer la rage?
Comment digérer un tel texte? Tellement besoin d'amour, qu'on finit par vomir la haine, la colère, la destruction. J'ai adoré ce petit roman fucké, douloureux et original. De la poésie trash.🔪