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Théologie portative: ou Dictionnaire abrégé de la religion chrétienne

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Texte intégral révisé et modernisé suivi d'une biographie de Paul-Henri Thiry d'Holbach. Publiée sous le nom de l'abbé Bernier en 1768, la "Théologie portative" est un essai ironique où le baron d'Holbach — collaborateur de l'Enclycopédie de Diderot, animateur mondain d'un des plus influents salons de la République des Lettres et chef de file des matérialistes athées de l'époque — expose ses idées critiques sur l'Église et sur la religion chrétienne. De A comme Âme à Z comme Zèle, en passant par Bible, Catholique, Doctrine, Humilité, Libertins, Pape, Sacerdoce, etc, ce petit dictionnaire éminemment caustique comptant quelque 580 entrées est l'un des principaux pamphlets pré-révolutionnaires du siècle des Lumières. Toujours d'actualité, il permet, outre sa verve railleuse, d'apprécier à leur juste valeur les idées anticléricales qui aboutiront à la séparation de l'Église et de l'État. Il prolonge aussi utilement le "Système de la nature", véritable bible de l'athéisme, où D'Holbach expose sa philosophie matérialiste et sensualiste. En 1776, La "Théologie portative" fût condamnée par le Parlement de Paris à être brûlée.

300 pages, Kindle Edition

First published January 1, 1977

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About the author

Paul-Henri Thiry

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Paul-Henri Thiry, Baron d'Holbach (born Paul Heinrich Dietrich), was a philosopher, encyclopedist, and prominent figure in the French Enlightenment well known for his atheism and voluminous writings against religion.

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Profile Image for Yann.
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February 12, 2013
"Quand l'absurde est outré l'on lui fait trop d'honneur
De vouloir par raison combattre son erreur:
Enchérir est plus court, sans s'échauffer la bile"
Il faut croire que le baron d'Holbach s'en est souvenu de cette morale de La Fontaine pour composer ce petit dictionnaire abrégée de la religion chrétienne. Affectant de la défendre des brocard injustes et outrés des philosophes, il en expose les ressorts dans des définitions irriguées par une ironie mordante et satirique, bien plus propre à dilater la rate du lecteur qu'à exciter son indignation.

Le rire est l'expression du triomphe de notre amour-propre, il répand sur notre visage et dans notre cœur une lumière apaisante et vivifiante. En nous gardant de la crainte ou du ressentiment, il excite notre magnanimité, et nous dispose favorablement à l'égard d'autrui. Mais à l'instar d'un Voltaire ou d'un Lucien, l'auteur ne cherche pas simplement à s'attirer les bonnes grâces du lecteur en le distrayant ou en flattant sa vanité; il veut éveiller sa conscience sur des injustices qui prospèrent là même où la critique n'est pas soufferte. Comme dans d'autres de ses ouvrages, les sujets de satire sont ceux de la veille de la révolution: la richesse de l'église, l'intolérance, la superstition, la bigoterie, l'écart entre les valeurs prêchées aux laïcs et la conduite du clergé, la simonie, l'interventionnisme politique et tous les troubles qui en découlent: guerres civiles, persécutions, etc...

Évidemment, le clergé peint dans cet écrit semble plus tenir de la prudence du serpent que de la simplicité de la colombe, tant ses malices et débordements sont mis en avant. Quant aux réformés, mêmes s'ils échappent à des traits qu'ils ont pour la plupart eux-mêmes tirés, ils ne sont pas exempts de quolibets, l'auteur ne faisant aucune concession aux erreurs qu'il fustige. Également, il n'épargne pas moins le profane, qui a la patience de l'âne en se laissant bâter, et la docilité du mouton en se laissant tondre. La faute, selon d'Holbach, à une éducation qui l'encourage à bien croire tout ce qu'on lui dit, à être bien soumis, à bien détester celui qui ne pense pas comme le clergé, à bien haïr le plaisir, à bien se tourmenter, à bien se mépriser - tout en aimant son prochain comme soi-même, c'est-à-dire, pour l'ordinaire, le faire bien enrager - et enfin surtout à bien payer.

Alors d'Holbach va-t-il trop loin en se moquant de tout, et mérite-t-il vraiment notre intérêt ? Après tout, pour vivre en paix et bon voisinage, le bon sens et la politesse nous commandent d'être longanime, de pardonner les erreurs que l'on voit chez autrui, de ne pas exciter le ressentiment en remuant des querelles, de ne pas jugé de peur d'être jugé, de à ne pas chercher de paille dans le nez du voisin quand une poutre loge peut-être dans le notre. Mais tout bien examiné, on se rendra compte que ces mêmes principes sont ancrés dans l'auteur, et qu'il ne vise au contraire qu'à les défendre. Il ne me semble pas que son intention soit tant de jeter un opprobre général sur le clergé - car c'est au final toujours le vice qui est dénoncé - que de contenir ses abus par une censure franche, vigilante et sans concessions, ni de fatiguer les croyants en les chicanant sur des points de métaphysique - il ne cesse de plaider pour la tolérance - que de prendre leur défense, en leur montrant qu'ils ne doivent pas s'en laisser imposer par ceux qui pourraient abuser injustement de leur confiance.
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