« Tourisme parallèle » s’annonce comme le best of de ses chroniques dans Zéro. Le « worst of » devrait-on dire, tant l’auteur qui a bourlingué de Pégomas à Vintimille, en évitant sournoisement Saint-Laurent du var y décrit avec une intense jubilation le pire de la French Riviera. Un feel good guide aux vertus littéraires imparables qui a échappé à la censure de l’Office de tourisme (So Nice In Nice) et que s’arrachent les amateurs de mauvais plans et de mauvaises adresses (the place not to be).
« Tourisme Parallèle » regorgeant de lieux incongrus, surannés, glauques, où un quidam normalement constitué ne foutrait jamais les pieds sauf s’il y est obligé (Rivera Boyaux, La route de Turin, Le Mandarom) s’impose comme l’anti-guide azuréen, le saint graal du looser. L’auteur y fait l’apologie de l’obsolète, du désuet, du spleen, des boucheries chevalines, et au meilleur de sa forme érige l’acte manqué comme l’un des beaux-arts. A chaque ligne une vanne. A chaque fin de chronique une brillante déconvenue.
Ce livre est très divertissant. L'auteur, un musicien, vivant à Nice, dont la carrière n'a jamais décollé et qui fait tout son possible pour rester fidèlement inscrit à Pôle Emploi et à ne jamais devoir travailler, relate ses "expériences de l'impossible" : en gros, il part en reportage dans des manifestations les plus bizarres possibles (réunion de raeliens, concert de sosie d'Elvis, festival du court-métrage d'entreprise...) ce qui lui donne l'occasion de rencontrer également des personnages mi-losers, mi-ringards, dont il décrit tout le ridicule... C'est un peu le contre-pied des guides touristiques vantant les mérites de villes ou de manifestations culturelles. C'est drôle, mordant, parfois cruel... On passe un bon moment, même si quelques-unes de ses blagues ou moqueries sont redondantes.