"Ce qui repousse les caméras m’attire. Ceux qui trébuchent, ceux qu’on ne voit pas. J’aime le fond de la classe. Le saccage et le sursaut, la poudrière, le foutoir, la beauté, les rêveurs : tout est au fond, chez les invisibles. Au fond des vallées. Cette leçon, je l’apprendrai aux côtés de frère Pierre. En citant saint Paul, il me dira que la véritable sagesse n’est pas celle du monde : Si quelqu’un pense être sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour être sage." Au cœur d’une vallée, aux confins de la France, un homme tient là seul par sa foi. Au plus près des vies minuscules – les bergers et les bêtes, les paumés et les vagabonds célestes –, il accueille les histoires murmurées, les hommes en perdition. Les croyants et ceux qui ne croient pas. Parce qu’"on ne peut plus faire comme si les gens avaient la foi." Pour lui, cela importe peu. Jour et nuit, son portable sonne. Il accourt. D’une plume taillée à la serpe, Pierre Adrian nous offre un récit éblouissant, à l’écoute des ténèbres et de la désespérance d’une époque.
Quel texte magnifique découvert en ce début d’année.
C’est le second roman de l’auteur, qui a reçu le Prix Roger-Nimier, et dont le premier avait déjà reçu deux prix.
A mon habitude, je commence ma lecture sans lire la 4e de couverture, et sans savoir de quoi va parler ce livre depuis trop longtemps dans ma liseuse.
Quel choc ! Le suicide d’un père avec ses deux jeunes enfants. Puis nous suivons le narrateur dans cette région de Pyrénées entre Oloron-Sainte-Marie et Canfranc, en Espagne, à la suite de Pierre, un religieux qui l’héberge dans son monastère (ou est-ce une abbaye ?).
Au rythme des visites de Pierre dans les villages alentours, et des visites qu’il reçoit lui-même, nous découvrons un pays qui se meurt ; des habitants isolés et parfois désespérés.
Quel triste récit, me direz-vous, pour commencer l’année. Et pourtant : ce livre a été une lecture forte par la qualité de la plume de l’auteur qui jamais ne s’appesantit sur les vies de tout un chacun, qui, à la veille de Noël, nous décrit une nature rude qui rappelle l’homme à sa simple condition.
Un texte que j’ai goûté avec gourmandise, me délectant de chaque mot de l’auteur, de chacune de ses observations.
Merci, M. Adrian.
L’image que je retiendrai :
Celle de la nuit de Noël, celle des âmes seules et pauvres.
À mon avis, ce livre est raté. La langue utilisée trop apprêtée et artificielle n'arrive pas du tout à saisir ces âmes simples dont elle veut nous parler. J'ai eu le sentiment d'un grand manque d'authenticité ou d'une grande maladresse.
mon second roman de cet auteur, et j’y retrouve cette écriture pleine d’une émotion très bien dosée et ces personnages humains et attachants par leurs failles comme par leurs qualités. je ne l’ai pas vu passer!!