A 45 ans, une femme décide de reprendre sa vie en main, au risque de perdre pied. Entre reconquête personnelle et quête d'identité, elle revient sur son histoire, qui plonge dans celle de l'ETA et du nationalisme, en essayant de séparer ce qui lui a été imposé et ce qu'elle a librement choisi. Elle se demande s'il est possible de s'extraire du passé pour repartir à zéro sans sombrer dans la folie.
Éric Plamondon est né à Québec en 1969. Il a été pompiste à Donnacona, bibliothécaire à Thetford Mines, barman sur la Grande Allée et a enseigné le français à l’université de Toronto. Il vit aujourd’hui à Bordeaux. Chargé de communication et Media Designer pendant plus de dix ans, il travaille actuellement au dernier opus de sa trilogie 1984, où l’on suit les destins de Johnny Weissmuller (Hongrie-Hollywood Express, 2011), Richard Brautigan (Mayonnaise, 2012) et Steve Jobs (Pomme S, 2013).
(3,5/5) Éric Plamondon est mon auteur préféré. La singularité et le dynamisme de sa façon de raconter transforment l’activité de lecture en expérience souvent mémorable. L’alternance des chapitres narratifs avec les chapitres en marge (contextes historique, géographique, social, économique ou autre) accentue et assaisonne ce que reçoit le lecteur de ce généreux auteur. De plus, le gars ayant mon âge et ayant grandi dans la même ville que moi, ses références sont souvent apparentées aux miennes et font en sorte que je connecte davantage. Aussi, le lecteur ne peut que constater la somme d’efforts de recherches engagés par l’auteur. Éric Dupont (que j’adore aussi) prend des dizaines et des dizaines de pages pour joliment décrire un lieu ou un contexte; Plamondon le fait en quelques paragraphes fluides et toujours bien tournés. Bref, cet auteur est efficace, intéressant et, avant tout, divertissant.
Même si une partie de l’intrigue se déroule au Québec, c’est en terres basques que OYANA —nom de la figure principale — prend âme. Un pied en territoire espagnole et l’autre du côté français, ces communautés ont historiquement vécu dans le conflit. Plamondon amène le lecteur dans une plongée au cœur des actions sanguinaires du groupe terroriste ETA en fin de vingtième siècle.
N’étant que vaguement au courant des déboires de ce peuple, ce fut donc intéressant pour moi d’être invité dans cette page de leur histoire. Le parallèle avec la démarche du peuple québécois est impossible à ignorer, même si le quotient de violence du parcours est d’un tout autre ordre.
Malgré une approche plus conventionnelle que dans ses précédentes publications, c’est avant tout le style distinct d’Éric Plamondon qui, encore une fois, a rendu cette lecture si prenante. J’avais de la difficulté à déposer OYANA; je cherchais des minutes libres pour m’y consacrer. Je devais en connaître la suite. L’approche épistolaire dynamise la démarche. Elle permet une narration personnelle, voire intime, et laisse place au dialogue avec soi-même. Elle entraîne l’honnêteté envers le destinataire et l’introspection du rédacteur.
Hormis une légère confusion de ma part dans ma compréhension de la chronologie initiale —ma faute ou celle de l’éditeur?—, ce magnifique effort d’Éric Plamondon ne m’a pas déçu; au contraire, il s’inscrit dans la lignée des lectures exaltantes auxquelles il m’a habitué et auxquelles je m’attends de sa part. La barre est haute et il la garde habilement haute.
Ce court roman, en partie épistolaire, relate par fragments la vie gâchée d'une jeune femme qui a du fuir son pays. Oyana Etchebater est basque et, pendant sa jeunesse, fait la connaissance de plusieurs activistes (terroristes) de l'ETA (mouvement séparatiste basque). Un jour, elle se retrouve malgré elle impliquée dans un attentat meurtrier et doit fuir la France pour le Mexique avec une nouvelle identité.
J'ai découvert la plume de cet auteur québécois avec grand plaisir, le style est épuré, la forme intelligente et ambitieuse. Oyana est un personnage subtil aux ambivalences très réalistes. Les réflexions offertes par l'auteur sur l'indépendantisme, l'exil, l'amour, la filiation sont pertinentes et riches.
Eric Plamondon s'est amusé avec la forme de son roman, a mélangé les genres : le récit épistolaire, le roman historique, le thriller, et offre au lecteur une fin digne de ce nom, tout en révélations, suspens et émotions.
Un roman abordable et enrichissant, à découvrir absolument !
J’avais été scotché par ma lecture de Taqawan de cet auteur : un roman fort et violent.
Dans ce dernier roman, l’auteur est moins violent mais tout aussi fort.
Oyana nait au Pays Basque : elle aime faire du surf avec ses amis. Jusqu’au jour où l’un d’eux meurt sous les coups des policiers. Elle s’engage alors dans l’ETA et commet un attentat qui coutera la vie à une mère et sa fille.
A la suite de ce meurtre, Oyana s’enfuit au Mexique avec le soutien de l’organisation terroriste. Elle y rencontre son futur mari, et ils s’installent au Québec.
Oyana n’a jamais rien dévoilé de son passé à son mari. Jusqu’au jour où une information à la télévision la replonge dans son passé.
Elle décide de retourner au Pays Basque et, dans une longue lettre, explique pourquoi à son mari.
Mais son pèlerinage de retour ne se fait pas sans heurts ni sans hésitations.
L’auteur aborde le sujet du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes d’une autre façon. Il nous place cette fois-ci du point de vue d’une terroriste que hante son crime.
Jusqu’où aller dans la lutte politique pour faire entendre ses droits ?
L’auteur alterne la lettre d’Oyana à son mari avec des chapitres sur l’histoire et la fin d’ETA, sur le macabre bilan de ces années de sang.
Un auteur engagé pour un texte qui ne l’est pas moins.
L’image que je retiendrai :
Celle du merveilleux Pays Basque, entre océan et montagne, avec ses brebis.
Encore une fois un gros coup de cœur pour l'écriture d'Eric. L'histoire d'Oyana est différente de celles des personnages de Taqawan, le livre est plus court, et le sujet différent. L'ETA et le pays basque m'étaient presque inconnus, j'ai donc été ravie d'en apprendre plus par Oyana mais aussi via certains sources historiques. Un roman à suspens jusqu'au bout, Oyana est imprévisible ! Une belle découverte encore une fois! Je recommande
Livre du moment "Oyana" de Éric palmondon. Un joli livre, court et écrit sur le mode épistolaire. L'histoire d'une femme déracinée et qui retourne sur sa terre natale. Une terre (le pays basque) martyrisée par les conflits entre les États et l'ETA.. Mais faut il chasser ses démons ou oublier le passé ? Un début en forme de roman poétique et une fin en polar pur et dur. Le tout est bien écrit, sans pathos mais avec une certaine tristesse que l'on ressent fortement.
encore un roman sur fond de climat tendu politico-social ...entre le Quebec et la France, l'ETA et les militants independantistes quebecois. On retrouve la signature de Plamondon. des chapitres courts, une heroine attachante et complexe, un contexte historique fort, un peu de suspense, une ecriture fluide, une fin surprenante. Un excellent roman !
Belle couverture croisée sur un salon de livre de voyage. Sur la quatrième on parle de pays basque/ETA de mon enfance, je prends. Un roman épistolaire, sur le remord , mais ou l'introspection est plutôt brouillonne et ou la pseudo justification de la violence m'a dérangé. les derniers lignes du roman sont par contre géniales
3.5 Roman épistolaire où Oyana écrit une lettre d’adieu à Xavier. Elle décide de retourner dans son pays après une vingtaine d'années. En 1995, elle a participé à un attentat contre le bras droit de Franco malgré elle. N’épousant pas la cause de l’ETA, elle a dû s’exiler. Tout son passé était resté secret depuis ce temps.
L'histoire je ne sais pas trop, ça semblait confus j'avais l'impression qu'on arrivait jamais au point qu'on faisait juste tourner au tour du pot, mais la fin... LA FIN! OMG.
Une fin en coup de poing. Ma-la-de. Ça l'a rattrapé le reste.
Un très bon livre ! Ca n'a pas été une claque mais j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire, et je le conseille volontiers ! Il s'avale et d'une traite ! Il n'est pas très long et sa structure changeante le rend très agréable. Il réussi à croiser des genres inattendus d'une façon unique. A mi chemin entre le manuel d'histoire, le roman épistollaire et le thriller, ce livre aborde un sujet lourd qui parait à la fois d'un autre temps, et décidemment moderne. On dirait un peu un reportage moderne qui reconstitue et fait parler les temoins ; mais qui serait présenté à la première personne, par le sujet du reportage. L'effet est très réussi !
Un roman poignant sur la quête d'identité et le remord. L'histoire d'Oyana qui vit à Montréal depuis 23 ans mais qui suite à la lecture d'un article dans le journal va bouleverser sa vie et remonter le temps. Tres bien écrit avec des chapitres courts qui donnent un rythme intéressant au récit.