Si les années 80 sont à la mode en ce moment, à la lecture de Hante-Voltige, on sent d’emblée que son autrice, Nelly Chadour, n’a pas choisi cette période pour suivre la vague. Nous sommes à Paris, peu après la mort de Malik Oussekine et d’Abdel Benyahia, victimes de violences policières. Mais voilà que dans ce contexte tendu, un mystérieux flic à moto sème la mort sur son passage. Un flic revenu d’entre les morts.
Hante-Voltige est sans contexte ce que l’on appelle un roman pulp. La couverture donne le ton d’emblée, avec son sous-titre : « 50% flic, 50% spectre, 100% FATAL ! » digne des affiches de films d’horreur de série B. Pourtant, derrière le récit haletant, sans temps mort, on sent une profondeur, un message sous-jacent. Le fait que le roman s’ouvre (ou presque) sur la marche silencieuse qui fait suite à la mort de Malik et d’Abdel, deux jeunes Maghrébins, ainsi que l’évocation des violences policières impunies, tout cela laisse un goût amer en bouche tant le passé résonne un peu trop vivement dans le présent.
L’un des points forts de ce roman qui se dévore, outre son ancrage dans la réalité historique de Paris, ce sont ses personnages principaux. Je crois bien n’avoir encore jamais lu de récit de fiction où ce sont des punks qui mènent la danse. Et quels punks ! Fusain, l’artiste au coeur d’artichaut, Byron, l’Irlandais qui baragouine le français comme une vache espagnole, La Santeria et son phrasé soutenu… Un trio haut en couleur auquel s’ajoute Leïla, qui apporte une touche féminine bienvenue dans ce trio masculin. Il y a aussi Papy Pantoufles, dont le surnom dissimule une force de caractère nécessaire au vu de ses activités clandestines.
J’ai aimé ces personnages, j’ai aimé suivre leurs dangereuses aventures dans l’envers de Paris, peuplé de spectres et d’ogresses, j’ai aimé trouver dans ce roman un mélange de fantastique, de pulp, de folklore kabyle et de politique. J’ai aimé le style de Nelly Chadour, tout en gouaille, qui rend les personnages si vivants et l’action si prégnante.
Le roman se termine sur une porte ouverte à une éventuelle suite (mais l’intrigue principale est bouclée, Hante Voltige se suffit à lui-même). Et j’ai tellement aimé que j’adorerais découvrir la suite des aventures de Leïla, Fusain, Byron et La Santeria ! :)
À l'origine, j'avais été très peu convaincue par la nouvelle correspondante du trailer pour cette saison, mais sans pour autant la considérer comme étant à jeter à la poubelle, et j'attendais donc de voir ce que ça donnerait.
J'ai eu beaucoup de mal au début du livre ('fin, le bon premier tiers à vrai dire). Impossible de rentrer dans l'histoire, je l'ai laissé de côté une bonne semaine alors que le livre n'est vraiment pas long... Et pourtant c'est les vacances, et je n'avais rien de mieux à faire.
Donc, oui, selon si vous accrochez direct ou pas, le livre peut mieux s'apprécier je pense. Mais pour la dernière moitié, j'ai trouvé que ça se lisait mieux, et qu'on était plus facilement porté par les événements. D'où une note finale de 3 étoiles (le standard quoi).
Sinon, dans l'ensemble, ce n'est pas que j'ai particulièrement aimé ou pas aimé le style d'écriture. D'un côté, c'est plutôt plaisant à lire : par exemple, le parlé décousu de Byron "l'anglais" me faisait rire parfois... mais il y a des moments (très souvent en fait) où le manque de ponctuation dans une phrase (les virgules c'est pas juste pour faire joli) rendaient la lecture désagréable. J'ai dû relire bon nombre de phrases pour qu'elles fassent sens.
Donc voilà, c'est tout de même franchement mitigé pour moi. Et c'est un livre qui ne restera très probablement pas longtemps dans ma mémoire.
Etrange et surprenant thriller-historico-fantastique que j’ai beaucoup aimé ! Paris dans les années 1980, du racisme anti arabe à tous les coins de rues, une bande de jeunes “allergiques au coiffeur” qui manifestent contre les exactions de la police ; quelques vieux immigrés d’un foyer Sonacotra et un “voltigeur” casqué qui maraude avec l’envie d’abattre sa matraque pour tuer !
Etonnamment ça part dans tous les sens mais sans en perdre aucun ! Les Catacombes nous mènent dans l’antre d’une entité indéfinie, manifestement issue de légendes maghrébines ! Les coups de babouches détendent l’atmosphère, pour le lecteur ; l’angoisse monte avec la moto qui ronronne et le casque qui miroite, les mouches transparentes qui harcèlent et les odeurs entêtantes sonnent le lecteur ! Les personnages sont caricaturaux mais s’harmonisent avec l’histoire foutraque et tragique !
Une excellente lecture d’Alexandre Cardin a fait que je ne me suis pas égarée dans les noirceurs mais il faut une certaine attention pour ne pas perdre le fil et ne pas chercher à tout comprendre !
Une histoire qui semble sortie des meilleurs recueils de pulp stories. "Pulp" car on est ici tout à fait dans le registre du roman de gare avec un récit nous plaçant directement dans l'action, tout en nous laissant entrevoir un univers riche à découvrir. "Meilleurs" car Nelly Chadour démontre encore une fois ses capacités de conteuse et rend difficile de quitter Hante Voltige avant de l'avoir terminé !
Par son écriture riche et maîtrisée, un rythme soutenu (bien qu'un poil confus au démarrage), un humour omniprésent et des références de la pop-culture en veux-tu en voilà, on s'attache à cette galerie de personnages pittoresques et on espère bien à la fermeture du livre, que la suite teasée par l'épilogue deviendra réalité.
Un livre trop top. C’est frais, c’est humoristique, la trame horreur-historico-fantastique qui sert de cadre au commentaire social sous-jacent de l’autrice est originale et tient bien la route, et l’histoire est non seulement bien menée mais va droit au but sans s’égarer dans des détails inutiles. Tous les personnages principaux étaient super attachants et je n’avais qu’une envie à la fin du livre, c’était de continuer les aventures avec la bande de Fusain, Leila, La Santeria et Byron. Peut-on également s’attendre à une apparition de Papy Pantoufles dans un possible prochain tome? En tout cas je le demande de vive voix!
J'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre maintenant une fois certains personnages entrés en scène (Leïla notamment), tout s'est enchaîné pour moi et j'ai eu du mal à lâcher le bouquin. Les persos sont très attachants, les dialogues sont assez cocasses, j'attends la suite !
Comme c'est souvent le cas pour les Saisons de l'étrange, du pulp certes, mais avec une belle qualité d'écriture, et sans avoir peur d'aborder des thématiques "sérieuses". Bien joué !