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L'inondation

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87 pages, Paperback

Published January 1, 1990

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Eugène Zamiatine

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Displaying 1 - 11 of 11 reviews
1 review3 followers
May 26, 2025
Nouvelle qui ne brille pas par son intérêt. La fameuse inondation est en toile de fond voir hors de la toile tellement elle est peu présente. Une histoire de folie, avec un style qui tente d'imprégner son lecteur de celle-ci mais trop difficilement. On a lu beaucoup mieux dans le genre. Perte de temps sèche d'une heure.
1 review
February 8, 2026
L’inondation (livre de Zamiatine)
En moins de cent pages, Evguéni Zamiatine arrive à jouer avec les mots, à les faire danser. Ses personnages ne sont pas simplement des personnages, pas seulement des noms qui servent une histoire des plus basiques. A la manière d’un Dostoïevski, chacun de ses personnages ont droit à un portrait qui permet aux lecteurs de jouer au psychologue.

Je finis cette lecture avec beaucoup de joie. Pour deux raisons, à vrai dire. La première étant l’histoire racontée. Elle est originale. Mais ce qui l’a rend encore plus intéressante, c’est la manière dont Zamiatine la construit. Toutes les phrases qu’il écrits sont musicales. Zamiatine arrive à me toucher à de nombreuses reprises par un agencement de mots qui vont s’y bien ensemble alors que je ne m’en doutais pas. Il marie les mots entre eux, tel le prêtre qui marie deux âmes qui on finit par se rencontrer par le plus grand des hasards de la vie. Son écriture est musicale, quasiment poétique.
La seconde raison de ma joie en finissant ce livre est assez subjective. J’aime bien lire des œuvres qui m’en rappellent d’autres. C’est un aspect qui me semble très arrogant, mais j’avoue ce pêché. Il parait assez évident en tous points que L’Inondation ressemble à Crime et Châtiment.
Dans ce livre, le crime se fait par une hache, le châtiment est latent, on sait qu’il va arriver, on en a peur, l’inondation arrive, les vagues se rapprochent, l’odeur de l’eau se fait ressentir, le nez attrape une odeur de sable mouillé. Tout est inondé, le châtiment est là.
Alors que Raskolnikov sauve son âme par l’amour conjugal. Sophia sauve son âme par l’amour parental. C’est l’enfant et les aveux qui la sauve. Et, puis l’eau mouille mais ne tue pas. C’était une inondation qui ne faisait peur qu’aux biens matériels mais pas aux corps. Elle ne prend pas la vie des âmes.

En bref, j’ai aimé ce livre par son histoire, ses personnages, et les rapprochements que je peux en faire avec Crime et Châtiment de Dostoïevski. Ca se lit d’une traite, c’est fluide, poétique, prenant.

Résumé pour m’en souvenir :

On suit l’histoire du couple formé par Sophia et Trofim Ivanytch. Ce jeune couple menaçait par les inondations causées par la Neva est fragile. En effet, Trofim désire un enfant, ce que ne désire pas sa femme Sophia. Elle craint donc qu’il la quitte à cause de cela.
Leur histoire va être mouvementée lorsqu’elle arrive dans leur vie, la jeune fille (de 12 ou 13 ans) du menuisier. Cette dernière qui vient de perdre son père est seule.
Sophia propose donc de l’héberger dans leur appartement. C’est en effet une bonne idée : ça permettra au couple d’avoir un enfant – qui n’est pas le leur mais qui est un enfant, et ça permet dans un second temps de pouvoir sauver une jeune fille qui n’a plus de parents.

Mais l’histoire prend évidement un tournant important lorsque la jeune Ganka et Trofim semble développer une relation amoureuse.
Sophia est fortement jalouse et semble torturée par tout cela.

Lorsqu’une inondation ravage l’appartement, Trofim doit dormir avec Sophia dans un lit prêté par la voisine Pélaguéïa. Ne pouvant pas se faufiler pour aller dans la cuisine voir Ganka, vu que tout est innondé dans leur appartement et qu’ils sont dans celui de la voisine, Sophia sent qu’il est malheureux.
Lorsque tout est remis en ordre dans leur appartement, Trofim porte plus d’intérêt pour le retour de Ganka que pour sa femme.

Chapitre IV (mon préféré). Sophia décide d’arrêter toute cette horrible histoire. Telle Raskolnikov sur l’usurière, elle prend une hache et tue puis découpe le corps de Ganka.

Trofim de retour du travail cherche Ganka mais ne la trouve pas. Sophia ne dit rien. Elle reste muette ; Même chez les policiers. Elle est torturée. Elle ne sait pas ce qu’elle doit dire : la vérité ou le mensonge.
Une nuit, Sophia est surprise par son amoureux qui semble de nouveau lui prêter de l’attention. Ils font l’amour.

Sophia ne dit toujours rien sur la vérité. Elle dit par contre à Trofim qu’elle est enceinte. Ce qui le ravit, lui qui voulait à tout prix un enfant.
Sophia est toujours torturée par ce qu’elle a fait.
Elle finit par accoucher, mais elle va vite à l’hôpital car elle tombe super malade. La maladie est une fièvre puerpérale accentuée par le châtiment du crime et du non-aveu.

Le livre se termine par un aveu. Sur son lit d’hôpital elle avoue ce qu’elle a fait à Trofim. De fait, elle se sent tout à fait libéré d’un poids énorme. Elle s’est libérée de son châtiment.

Citations :
« Elle comprit que si elle ne faisait pas un enfant, Trofim Ivanytch la quitterait, il se viderait d'elle imper-ceptiblement, goutte à goutte, comme l'eau s'échappant du tonneau desséché. »

« Il fit jour: elle vit que ses mains étaient pleines de sang. «Qu'est-ce que tu as à crier? » demanda Trofim Ivanytch. Sophia se réveilla. Mais le sang était bien là: c'était, comme l'habitude, son sang de femme. Avant il s'agissait simplement de ces jours où il lui était pénible de marcher, où elle avait froid aux jambes et se sentait sale. A présent, c'était comme si on la faisait passer en jugement et, chaque mois, elle attendait le verdict. A l'approche de ces jours-là elle ne dormait pas, elle avait peur, et en même temps elle avait hâte que cela arrive: si, cette fois, cela ne venait pas, si elle était.. »

« Le pain était chose plus inhabituelle et plus rare que la mort. »

« «Trofim Ivanytch, et si on la prenait avec nous ? Ganka, la fille du menuisier. Qu'elle soit...» Elle ne put continuer. »

« Trofim Ivanytch n'y pouvait plus tenir, le rire lui sortait par le nez par la bouche, comme de la vapeur s'échappant des soupapes d'une chaudière gonflée par la pression. »

« Les chants la réchaufferent, faisant fondre la glace et chassant l'hiver qui était en elle; devant, dans la pénombre, on allumait des bougies. »

« Sophia ramassa la planche à repas-ser, la remit à sa place et s'assit. Elle n'avait plus rien, ni bras ni jambes - rien que son cœur qui, tournoyant comme un oiseau, tombait, tombait, tombait. »

« Elle savait pourquoi il ne dormait pas: ici il ne pouvait plus aller retrouver Ganka. »

« Sophia sentit que ces nuages n'étaient pas au-dehors, mais en elle, que depuis des mois ils s'amoncelaient comme des pierres, et qu'à présent, pour ne pas être étouffée par eux, il fallait qu'elle brise quelque chose en mille morceaux, ou bien qu'elle parte d'ici en courant, ou encore qu'elle se mette à hurler comme le cordonnier, lorsqu'il annonçait le Jugement dernier. »

« Sophia vit de ses yeux qu'elle tenait à la main la hache. «Mon Dieu, mais qu'est-ce qui me prend ? » cria en elle, terrifiée, l'une des- Sophia, tandis que l'autre, dans la même seconde, du plat de la hache, frappait Ganka à la tempe, à la frange. »

« Et c'était comme si ce sang venait d'elle-même, de Sophia, comme si en elle un abcès venait de crever et s'écoulait maintenant goutte à goutte, et à chaque goutte elle se sentait un peu plus soulagée. Elle jeta la hache, soupira profondément, librement : jamais elle n'avait respiré ainsi, c'était sa première bouffée d'air. Ni peur ni honte, il n'y avait rien ; rien qu'une sensation de légèreté nouvelle et inhabituelle dans son corps, comme après une longue fièvre. »

« Et c'était comme si ce sang venait d'elle-même, de Sophia, comme si en elle un abcès venait de crever et s'écoulait maintenant goutte à goutte, et à chaque goutte elle se sentait un peu plus soulagée. Elle jeta la hache, soupira profondément, librement : jamais elle n'avait respiré ainsi, c'était sa première bouffée d'air. Ni peur ni honte, il n'y avait rien ; rien qu'une sensation de légèreté nouvelle et inhabituelle dans son corps, comme après une longue fièvre. »

« Ils se mirent à table. Sophia était seule; elle sentait que Trofim Ivanytch ne la voyait pas, que ce n'était pas elle qu'il voyait. »

« Trofim Ivanytch devint rouge sang, puis il repoussa la table, quelque chose tomba - c'était en Sophia, à l'intérieur d'elle. »

« « Alors ! Qu'est-ce que tu attends ? » cria-t-il; tout dans la pièce se figea. « Ferme la porte ! Qu'elle passe la nuit où elle veut, avec qui elle veut. Dans la rue, sous un porche, avec les chiens! Ferme, tu entends ? » « Comment... comment? » dit Sophia sans y croire encore. « Comme ça!» coupa Trofim Ivanytch en se détournant. Sophia mit en place le crochet. »

« Une main brûlante et sèche toucha les jambes de Sophia, elle ouvrit lentement les lèvres, s'ouvrit à son mari tout entière, jusqu'au fond, pour la première fois de sa vie. »

« Une main brûlante et sèche toucha les jambes de Sophia, elle ouvrit lentement les lèvres, s'ouvrit à son mari tout entière, jusqu'au fond, pour la première fois de sa vie. »

« Sur le chemin du retour Sophia demanda à Trofim Ivanytch d'acheter une autre hache: l'ancienne avait sans doute été volée, ou bien elle était enfouie quelque part, impossible de remettre la main dessus. Sophia ne pensait plus à Ganka, Trofim Ivanytch lui non plus n'en disait plus mot. »

« Sophia lui dit alors: « Je vais avoir... un enfant...» »

« Trofim Ivanytch posa avec précaution sa main sur son ventre et la passa timidement de bas en haut. Le ventre était rond comme la terre. Enfouie au plus profond dans la terre, invisible à quiconque, il y avait Ganka; et dans la terre, des graines invisibles labouraient le sol de leurs racines blanches. »

« Il dit à Sophia: «On m'a encore convoqué! » Où et pourquoi, Sophia le comprit tout de suite; en elle le balancier s'arrêta - l'espace d'un coup, puis deux, puis trois. Elle s'assit. « Alors? » demanda-t-elle à Trofim Iva-nytch. «Ils ont dit: l'affaire est classée, on ne l'a pas retrouvée. Elle a sûrement filé avec un jules - eh bien qu'elle aille se faire voir! Pourvu seulement qu'elle ne revienne pas...» Le cœur de Sophia se ranima: ce n'était pas encore la fin. »

« Il saisit Sophia, la souleva, elle était légère comme un oiseau. « Laisse », dit-elle. Il la posa par terre, ses dents étaient blanches comme les touches d'un accor-déon, il éclata de rire de toutes les touches en même temps. »

« On mit Sophia sur une civière et on commença à la diriger vers la porte. Devant ses yeux passa tout ce avec quoi elle avait vécu: la fenêtre, la pendule sur le mur, le poêle - comme lorsqu'un navire largue les amarres et que tout ce qui vous était familier s'éloigne sur la berge. »

« Elle bondit, se mit à genoux dans son lit et cria à Trofim Ivanytch: «C'est moi - moi! Elle allumait le poêle, je l'ai frappée avec la hache...» »

« « Je l'ai tuée », prononça Sophia lourdement, fermement. « Je l'ai frappée avec la hache, elle vivait chez nous, elle vivait avec lui, je l'ai tuée, et je voulais avoir un...» « Elle n'a pas f-fa f-fa tête... » »

« A présent tout était bien, elle se sentait bienheureuse, elle était finie, elle s'était vidée tout entière. »
December 8, 2025
Voici un livre qui traînait depuis longtemps dans la partie russe de ma bibliothèque. Si je me souviens bien, un extrait avait fait l’objet d’un de mes cours de version russe il y a bien longtemps.

📚 L’histoire se déroule à Saint-Pétersbourg dans une atmosphère pesante, peu après la Révolution russe. Sofia et son époux Trofim, homme costaud et peu bavard, vivent modestement, dans un appartement humide et sombre. Ils n’ont pas d’enfant et Sofia rêve de maternité. Un jour, ils accueillent Ganka, une jeune fille orpheline d’environ seize ans, que Sofia prend sous son aile. Mais peu à peu, elle attire les regards, y compris celui de Trofim.

La jalousie de Sofia s’installe et l’envahit. Elle se sent trahie, vieillissante, inutile et va basculer jusqu’au crime. Au même moment, la ville est submergée par une inondation, métaphore du tumulte d’émotions vécues par les personnages principaux.

💬 Ce roman assez bref est intense tant dans sa construction que dans les actions et les sentiments. Il n’y a pas de demi-mesure. J’ai beaucoup aimé l’utilisation expressive et symbolique de l’eau. Elle devient une force vivante qui pousse les héros vers le précipice ou les apaise. Elle traduit souvent la sensation d’impuissance et de colère intérieure de Sofia et devient une source métaphorique.

C’est un roman très différent de « Nous autres » qui n’a rien de fantastique mais a le mérite de faire également réfléchir aux émotions retenues, à la culpabilité et à la rédemption.
Profile Image for Antonin.
4 reviews
July 30, 2024
J’ai lu ce livre en une seule soirée, et force est de constater qu’il ne m’a pas laissé indifférent.

L’histoire d’un couple qui voudrait un enfant et ne réussit pas à en avoir, qui se transforme en drame familial imprégné d’une angoisse et d’un désespoir qui en fait une lecture difficile à mon avis. On partage la position du personnage principal, et son glissement vers la folie libératrice. Le pouvoir immersif de la narration est surprenant, et le style insidieux évoque un mauvais rêve.

Une lecture rapide, qui donne un peu de contexte sur la vie de l’époque, mais dont j’ai personnellement surtout retenu une forme de désespoir fataliste. À savoir si on décide de s’y lancer !
Profile Image for Isabelle.
1,290 reviews16 followers
October 22, 2023
Un bon choix de lecture, un livre court mais chargé de thèmes : la place de la femme, les bourreaux, l'interprétation face à l'imagination, notamment.
Profile Image for moony.
125 reviews2 followers
August 19, 2024
C’était grave cool ! Je m’attendais pas à ce retournement de situation où Sophia pete son crâne sur la meuf mai’s wow ! J’ai adoré !
103 reviews3 followers
March 16, 2025
D’une écriture sans failles, ce très court roman nous plonge dans le Saint Petersbourg des années 1930, aussi sombre que maudit.
L’infertilité, l’adultère et la mort sont des sujets traités en toile de fond, alors que la haine, la morale et la destruction sont au premier plan.
This entire review has been hidden because of spoilers.
Profile Image for Elisala.
1,003 reviews9 followers
June 23, 2020
Court et percutant.
Il ne fallait sans doute pas que ce soit plus long parce que c'est malgré tout un peu larmoyant dramatisant. Mais là ça passe.
Displaying 1 - 11 of 11 reviews

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