Qui a tué l'éminent professeur d'histoire Yitzhak Litvak, de l'université de Tel Aviv ? C'est la question à laquelle tente de répondre le commissaire Émile Morkus, un des rares hauts gradés arabes de la police israélienne. Mais quelle piste suivre ? Célibataire sans enfant, Litvak semblait vivre seul, surtout préoccupé de l'avancée de ses travaux. Celle d'une mauvaise rencontre ? D'un étudiant voulant se venger d'un échec quelconque ? Ou celle d'un règlement de comptes entre ces universitaires qui, comme dans toutes les facultés du monde, se détestent cordialement ? L'affaire prend une autre tournure quand le frère jumeau de Litvak est à son tour assassiné, et que certains services israéliens travaillent ostensiblement à étouffer l'affaire. Shlomo Sand, lui-même professeur (émérite) d'histoire à l'université de Tel Aviv, nous régale dans ce premier roman policier à mettre en scène les débats qui déchirent la culture politique israélienne, la paranoïa et l'incapacité des services de sécurité et, surtout, la force aveugle d'un récit biblique sur les origines de l'État hébreu auquel il est dangereux de toucher. Shlomo Sand est déjà l'auteur de nombreux travaux historiques, parmi lesquels Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), qui a suscité des nombreuses controverses, où il questionne durement la construction mémorielle de l'État d'Israël.
Shlomo Sand is professor of history at Tel Aviv University and author of the controversial book The Invention of the Jewish People (Verso Books, 2009). His main areas of teaching are nationalism, film as history and French intellectual history.
Sand was born to Polish Jewish survivors of the Holocaust. His parents had Communist and anti-imperialist views and refused to receive compensations from Germany for their suffering during the Second World War. Sand spent his early years in a displaced persons camp, and moved with the family to Jaffa in 1948. He was expelled from high school at the age of sixteen, and only completed his bagrut following his military service. He eventually left the Union of Israeli Communist Youth (Banki) and joined the more radical, and anti-Zionist, Matzpen in 1968. Sand resigned from Matzpen in 1970 due to his disillusionment with the organisation.
He declined an offer by the Israeli Communist Party Rakah to be sent to do cinema studies in Poland, and in 1975 Sand graduated with a BA in History from Tel Aviv University. From 1975 to 1985, after winning a scholarship, he studied and later taught in Paris, receiving an MA in French History and a PhD for his thesis on "George Sorel and Marxism". Since 1982, Sand has taught at Tel Aviv University as well as at the University of California, Berkeley and the École des hautes études en sciences sociales in Paris.
Je ne connaissais pas le peuple Khazar : les Khazars étaient un peuple assez mystérieux installé entre la mer Noire et la mer Caspienne du 6e au 10e siècle, et une version historique largement contestée aujourd’hui identifie les Khazars, comme étant de lointains ancêtres des juifs ashkénazes européens. ce peuple se serait converti au judaïsme, puis, quelques siècles plus tard, à l’islam. Cette théorie met à mal l’idée du peuple Juif issu d’une seule et même terre d’Israël et dispersé de par le monde.
J’ai aimé lire ce polar de 2019 pour ce qu’il m’a appris sur cette théorie qui rebat les cartes de l’occupation de cette partie du monde.
J’ai aimé que le premier enquêteur de 1987 soit un palestinien chrétien qui a pris son partie des pincettes que les israéliens prennent avec lui.
J’ai aimé découvrir le monde universitaire de Tel-Aviv avec ses rivalités et ses appétits de pouvoir.
J’ai aimé qu’entre 1987 (année de la première enquête) et 2007, l’homosexualité ne soit plus tabou.
J’ai aimé que, au-delà du problème soulevé par la judéité des khazars, l’universitaire qui soulève le problème ait surtout en ligne de mire la question de savoir comment toute nation moderne commence par s’inventer un passé imaginaire (p.360).
J’ai découvert le Shabak (également appelé Shin-Bet), le service de renseignement intérieur israélien et sa corruption.
A travers l’enquête, l’auteur montre que l’état se définit comme juif et non comme démocratie israélienne, ce qui continue de poser des problèmes.
Un polar passionnant et instructif.
L’image que je retiendrai :
Celle des séjours à Paris de divers protagonistes qui séjournent facilement dans la capitale française.
Un gros livre, une histoire très documentée (trop) avec une foule de personnages secondaires décrits par le menu, sur fond d'une intrigue policière assez mal ficelée, mais on apprend beaucoup sur les origines du judaïsme.