Après Les tranchées, essai polyphonique de 2013 sur la maternité à travers le prisme de l'ambigüité et du féminisme, Fanny Britt a choisi avec «Les retranchées» de s'avancer plus loin encore sur le terrain de la famille comme théâtre de l'espoir, de la cruauté et de nos projections les plus intimes. Elle fouille tour à tour l'exploitation de la famille à des fins néolibérales, l'avenir des garçons, le père suffisamment bon, la représentation de l'avortement dans la culture populaire et la place des femmes sans enfants dans l'idéal collectif, entre autres. C'est également l'occasion pour l'auteure de jeter un regard lucide, voire impitoyable, sur ses propres contradictions, et d'aborder par le fait même les questions de privilège, de courage et de conscience. À la fois plus personnel et plus politique que le premier essai, «Les retranchées» a l'ambition non seulement de poursuivre la conversation autour des forces qui écartèlent la famille, mais de faire éclater quelques-unes de ses machinations les plus néfastes.
Fanny Britt is a Quebec playwright, author and translator. She has written a dozen plays (among them Honey Pie, Hôtel Pacifique and Bienveillance) and translated more than fifteen. She has also written and translated several other works of literature. Jane, the Fox and Me is her first graphic novel.
Je l'ai lu en un seul trait (ou presque) dans le bus de l'abitibi vers Montréal. Ça se lit bien, ça fait réfléchir, c'est moins rose et/ou moins lourd que je m'y attendais, et c'est meilleur que le précédent (Les tranchées, vous aurez compris).
j’ai beaucoup pleuré en le lisant. parce que ça tiraillait tellement c’était juste comme réflexion et aussi parce qu’il y avait des phrases lumineuses qui me percutait le cœur.
J’ai beaucoup aimé ma lecture, mais forcément, avec un essai aussi court, on reste un peu sur sa faim. J’ai tour à tour eu l’impression que j’aurais pu écrire des lignes à la place de l’autrice, me sentant très connectée avec elle, puis me suis sentie au contraire moins touchée par certains sujets, qui me paraissaient quand même importants.
Dans la première catégorie, - son constant sentiment de ne pas être assez : « (…) j’apprivoise (…) l’idée que (…) mon besoin d’être irréprochable et mon perpétuel sentiment d’échec trouvent probablement leur source plus loin (…) sous les beiges éternelles de l’enfance. » p.63, « (…) comment me remettre en orbite— et autour de quel astre, si ce n’était plus celui de la performance? » p.25 - l’idée qu’on apprend à s’en foutre (un peu plus) : « Je m’en fous, maintenant. Je n’y crois plus, à l’idéal » p.11 - sa réflexion sur son privilège: « comment composer avec mes privilèges dans un monde fondamentalement injuste? Et comment utiliser ce pouvoir pour le bien? » p.37 - sa discussion sur l’écoanxiété « (…) mon seulement ma contribution (…) ne fera pas de différence notable, mais que tout le reste (…) nourrit précisément la bête que je dénonce » p.37 et p.45 - sa réflexion sur les mères qui sont témoins de la souffrance de l’humanité, et bien outillées pour l’aider, mais qu’elles n’y arrivent pas comme elles le voudraient p.40 - une certaine lassitude par rapport à la charge émotive et mentale portées par les mères p.46, p. 68, p.75 - sa peur pour ses garçons p.78
Dans la seconde catégorie, les discussions autour du chien (j’ai jamais osé espérer avoir de l’énergie à mettre là-dedans), des réseaux sociaux (je me méfie depuis si longtemps, avec ma famille atypique, des influenceuses mamans!), des mères adoptives, des mères séparées.
Somme toute une lecture intéressante et importante, témoin des femmes de notre génération.
Six mois après avoir lu Les tranchées, je me suis décidée à lire cette oeuvre, d'un trait, en une soirée. Bien franchement, ça m'a vraiment plu davantage. Je sens que cet essai-là était (paradoxalement) moins centré sur le seul fait d'être mère. J'ai pris en note plusieurs suggestions de lecture. Selon moi, c'est une belle oeuvre pour démarrer une réflexion sur le féminisme.
Je me souviens peu du premier essai de l'autrice, ma lecture est déjà loin et je l'avais lu tout juste après sa parution, mais je me souviens distinctement que c'était mon préféré dans la collection Documents d'Atelier 10.
Les retranchées reprend un peu où les réflexions dans Les tranchées s'était arrêtées et les reprend de plus belle. Avec le témoignage à la première personne, informé de discussions avec d'autres mères, mais aussi l'actualité, Britt reprend sa critique de l'image de la mère néolibérale parfaite qui pousse les femmes à sur-performer et à s'épuiser, mais aborde aussi des notions comme la charge mentale, l'héritage émotionnel familial, la télévision, la culpabilité maternelle, les mères influenceuses, qui découlent un peu toute de ces attentes envers les mères et ce nouveau modèle de performance maternelle. Une critique-témoignage sur la maternité et le paraître-mère; avec toujours les double standards pour les hommes, même s'ils sont (pro)féministes, même s'ils sont cools, même s'ils font tous les efforts, même dans un couple heureux et dans une famille qui se veut égalitaire.
Sa critique de la pub de Rachelle-Béry (qu'elle ne nomme jamais) était un peu soft toutefois et manquait peut-être un peu de profondeur. Elle évoque d'abord la pub avec la mère et une bébé "On naît tous bio" (où elle aurait pu faire la critique des bébés qui ne sont justement pas nés "naturellement", elle en parle littéralement plus tôt, mais ne le fait pas), puis elle s'interroge sur un graffiti "proud cis boy" sur une deuxième affiche (l'enfant avec le skate) où il est écrit "élevé sans hormone". N'a-t-elle vraiment pas réaliser que le graffiti visait à attirer l'attention sur le fait que certaines personnes (trans) utilise des hormones justement et que ce n'est pas une mauvaise chose? Son analyse ici tombe complètement à côté de ce que le graffiti tente de montrer et même si elle rebondit sur des choses autrement intéressantes, je me questionne sérieusement sur les personnes qui ont relu (l'ont-elles fait?) l'essai et qui n'ont pas souligner une chose aussi évidente.
Un essai qui se situe dans sa continuité, je ne pense pas que ça amène beaucoup de nouvelles choses dans les discours sur la performativité maternelle ou la charge mentale, ni que l'analyse, portée à partir du témoignage soulève vraiment de nouvelles questions, mais c'est certainement un bon essai qui vient combler des trous et insister sur le démasquage des pressions sociales envers les mères.
Essai court sur la famille, centré sur la place des femmes. Les sujets sont abordés sans être approfondis, permet d’entamer une réflexion sans être formateur. C’est écrit de la perspective d’une mère de deux enfants, which is pertinent pour moi qui lit juste des trucs de femmes qui ont pas de flo
Les retranchées de Fanny Britt propose des idées nouvelles et rafraîchissantes qui m'ont beaucoup plu. Le livre offre une perspective apaisante dans un monde obsédé par la réussite. J'ai particulièrement apprécié les textes "La mère néolibérale dans sa robe de lin" et "Proud cis boy".
J’étais appréhensive après avoir lu le premier livre de cette série, mais j’ai trouvé le deuxième vraiment moins problématique. C’était quand même intéressant. 3,5 ⭐️
J’ai beaucoup mieux aimé ce tome-ci que le premier. J’ai trouvé les réflexions plus abouties, et le thème de la performance parentale m’a particulièrement rejointe dans mes préoccupations. Comme toujours, je trouve que Fanny Britt a trouvé le bon ton, conjuguant l’intime et le collectif, sans avoir peur des nuances.
Cette fois-ci, contrairement aux Tranchées, je n'avais pas d'attentes. Ça m'a aidée apprécier pleinement ma lecture. J'ai beaucoup aimé, même si c'est échevelé et ça part un peu dans toutes les directions. Je me suis reconnue, ou j'ai reconnu des ami.e.s. Ça fait du bien, cette réflexion sur la maternité/paternité.
« ''Elle avait lu le livre comme un père l'aurait fait, peut-être,'' c'est-à-dire avec intérêt et parfois émotion, mais avec une distance certaine.» Ce passage résume aussi ma lecture de ce livre, probablement dû au fait que je ne suis si porteur d'un utérus ni père d'un enfant. Les réflexions me semblent tantôt pertinentes, tantôt portées sur le chiâlage.
Lecture janvier 2021. J’attribuerais plus un 3,5/5 c’est intéressant, pertinent et d’actualité comme toujours, sans pour autant être transcendant. C’est trop en survol à mon goût. Néanmoins, on apprend toujours quelque chose.
Un superbe essai qui se lit rapidement, et dont les propos portent à la réflexion. Encore très d’actualité, et même peut-être encore plus, 6 ans après sa parution.
Tant de passages qui font réfléchir... Voici un des plus percutants, à mon avis: « Après qu’on lui a promis qu’il pourrait revoir [le chien] aussi souvent qu’il le voudrait en visitant l’atelier, et que je lui ai demandé pardon pour la dixième fois, il a dit : « C’est pas ta faute, maman, si tu es fatiguée. » Mon fils aîné à ajouté: « Si ça rend quelqu’un malheureux, ça n’a pas de sens. » Le fossé entre ma honte brûlante et leur capacité à m’accepter telle que j’étais m’a hapée. Pour combien de temps encore seraient-ils protégés de cette violence qu’on se fait à soi-même et qu’on finit par projeter sur les autres quand on ne correspond pas à notre idéal? »
retour sur la question de la famille. on se rend compte combien on peut changer en 5 ans; combien les discours sociaux peuvent transformer. j'ai beaucoup apprécié les réflexions sur la maternité néolibérale et une certaine sensibilité aux privilèges vécues. un peu plus variée dans ses perspectives si on compare à Les tranchées.
« Comme si être les accessoires du néolibéralisme était tout ce à quoi les mères pouvaient aspirer, la forme la plus haute d'appartenance sociale, le seul pouvoir qu'elles pouvaient revendiquer » - Jacqueline Rose, citée dans Les retranchées
C’est éclaté, ça va dans tous les sens, on le lit comme un drôle de journal intime et au final l’autrice nous prend dans une toile d’araignée qui forme un tout assez cohérent qui nous laisse pantois. J’ai bien aimé ma lecture. Je n’ai pas d’enfant et j’y ai trouvé une voix et un sens. J’espère que Fanny Britt nous fera un troisième tome pour en faire une trilogie dans quelques années. Plus que le portait de son expérience personnelle, il me semble qu’elle nous offre une photo de la famille québécoise et du sens qu’on y donne en général, tout en nuances et en fragments.
Un essai à lire, c’est certain! Les livres publiés chez Atelier 10 abordent toujours des sujets nécessaires, tout en s’assurant que leur lecture reste accessible et intéressante, même pour des néophytes sur le sujet. Le projet d’écriture de Fanny Britt n’y fait pas exception; le livre est bien construit et la progression est constante. Pour ceux.lles qui seraient rebutés par l’aspect maternité et famille, rassurez-vous: on peut s’y retrouver même sans enfants. À travers plusieurs scènes, il est aussi question de masculinité, de charge mentale et de féminisme. Très intéressant!
Un essai très bien écrit et qui est toujours pertinent aujourd’hui, particulièrement le chapitre Interruptions avec tout ce qui se passe actuellement aux États-Unis (et ailleurs).
Par contre, la façon dont les propos sont véhiculés à travers la famille, la maternité, etc. n’est pas quelque chose qui m’a vraiment rejoint. Peut-être aussi est-ce parce que je lis cet essai quelques années après sa sortie.
Bref, je recommande tout de même cette lecture à tous ceux qui sont avides de changements.
Comme j’avais lu: Les tranchées: maternité, ambiguïté et féminisme, en fragments. J’étais curieuse de poursuivre ma lecture un peu plus loin avec cette essai qui est la suite de l’autre. J’ai mieux aimé celui-ci, car je l’ai trouvé plus beaucoup plus intéressant. L’auteure nous parle encore du thème de la famille, mais elle en parle de façon plus personnel. Elle nous donne accès à des moments qu’elle a vécu avec les siens, tout en se questionnant sur la pression qu’elle se met en tant que mère, amoureuse ou travailleuse.
Le livre de Fanny Britt est léger , réflexif sans être trop lourd et permet de nommer plusieurs questionnements que nous avons, comme femme, sans parfois oser les nommer. Le voir couché sur papier est réconfortant, surtout de normaliser les différents états des femmes (avec ou sans enfants, adoptés etc). Ne pouvant moi-même être maman et étant famille d’accueil, il est réconfortant de se sentir accepté et normalisé par ses paroles.
Une réflexion nuancée, sentie et émouvante sur les pères, les mères qui nous précèdent...et ceux que nous serons peut-être.
Mais c'est surtout un essai qui va au-delà de la famille, qui traite de ce maudit système néolibéral et consumériste qui nous tord la tête, le corps et le coeur.
C'est un essai sur «prendre soin»: une notion qui dépasse le concept de la famille. Plus que jamais d'actualité.
Me faire verser une larme en à peine 75 pages... Bravo Fanny Britt.
Je me sens appelée par l'écriture de Fanny Britt. Elle offre différents points de vue sur la vie de famille, en fait, sur les multiples vies de famille possibles et sur le choix, au féminin, d'en devenir une ou non. Son écriture, pleine de sensibilité, rassurante, invite à une réflexion face à ce monde de l'image, de l'individualité et de la performance. Ce monde qui nous pousse, parfois, jusque dans nos derniers retranchements.
Fanny Britt réussit à nouveau à mettre sur papier beaucoup de mes pensées, que je peine moi-même à mettre en mot. Je me rejoins dans sa vision des choses, même si nous ne vivons pas nécessairement la même réalité familiale/de la maternité.
Son esprit est vif, sa plume est captivante, ce livre se lit d’une traite.
Un des écrits les plus justes sur la vie de maman/papa/parents, sur l’envie d’enfant, la vie de famille, et tout ce que ça comporte comme paradoxes et failles, mais aussi comme ça peut être beau. On en ressort avec l’envie d’embrasser nos contradictions et célébrer l’imperfection de la famille sous toutes ses formes.