Juin 2017. Alors que les repères communs semblent se dissoudre et la morosité politique s’accroître, Josée Boileau se demande si elle doit aller célébrer la Fête nationale du Québec. Souverainiste, féministe, progressiste, certes, mais qui n’a plus le coeur à la fête.
Elle se secoue, décide finalement d’aller faire un tour à la Place des Festivals, à Montréal. Et en se retrouvant au milieu de gens de toutes générations et d’origines variées, sur scène comme devant, qui prennent plaisir à célébrer ensemble, le constat s’impose : non, le Québec n’est pas mort.
Mais quand les artistes invités entonnent Le plus beau voyage, le grand classique de Claude Gauthier, une interrogation se pointe : quel est donc ce Québec que nous faisons ensemble aujourd’hui ? Celui que la foule a envie de fêter au grand jour, à quoi ressemble-t-il près d’un demi-siècle après que Gauthier l’ait si bien chanté? C’est ainsi qu’elle décide de refaire le voyage à son tour…
Joli témoignage d’une fierté québécoise déclinée sous toutes ses facettes, de l’estomac jusqu’à la langue, en passant par l’hiver et les grands espaces. On a parfois l’impression que ça manque un peu de profondeur, mais au fond, ça ne rend le texte que plus senti et plus agréable à lire, comme un beau voyage.
Dans cet essai, la journaliste de renom s’inspire de la célèbre chanson de Claude Gauthier pour réfléchir à ce que signifie être Québécois/Québécoise aujourd’hui. Le livre a pour but affirmé de stimuler notre fierté, de dire, comme la quatrième de couverture l’affirme, que « non, le Québec n’est pas mort ».
Je suis Québécoise de naissance et d’âme, bien que je me sois exilée de façon permanente. En fait, vivre ailleurs m’a appris à reconnaître et à chérir encore plus mon identité et ma culture de naissance, car c’est à partir de celle-ci qu’on conçoit le monde et qu’on apparaît aux autres. Bref, je pensais que le livre de Josée Boileau me parlerait, mais au contraire… il m’a plutôt agacée. C’est peut-être une question de différence de génération, mais j’étais mal à l’aise avec plusieurs des affirmations de l’auteure. Je ne m’y reconnaissais pas.
Les passages sur la nature, la culture, la gastronomie, la langue, les femmes, m’ont plu en général. Mais les généralités pullulent dans le livre, du genre « Au Québec, on parle de la météo bien plus qu’ailleurs » (j’imagine que l’auteure n’a pas beaucoup fait de « small talk » avec d’autres humains).
Les passages sur les téléséries québécoises? Beurk… « Tout le monde aime le hockey au Québec ». Nope. La démonisation en général de la musique anglophone… -_- Une discussion de plus sur le « Bonjour - hi! ». IIiiisshhiiitnon. Dire que la seule raison envisageable pour expliquer que le Parti Québécois ait beaucoup perdu en popularité ces dernières années est « l’usure d’une relation qui a été intense » — j’ai eu un rire nerveux de malaise en lisant cette phrase.
Malgré la bonne foi de l’auteure et un désir manifeste d’inclusion, je pense que je serais vraiment mal à l’aise de mettre ce livre entre les mains d’une personne qui connaît mal le Québec… ayant moi-même trouvé le ton chauvin par moments.