Ce livre m'a vraiment conquise, au début. Le philosophe australien Peter Singer entreprend la biographie du militant animaliste américain Henry Spira, dont les faits d'arme contre l'industrie pharmaceutique et alimentaire a impressionné dans les années 70-80 aux États-Unis. En tant qu'antispéciste, j'étais vraiment curieuse de découvrir les méthodes de Spira, et impressionnée par ses nombreux succès : contre les tests faits sur les animaux en laboratoire, contre l'élevage industriel, etc.
Mais la fin du bouquin m'a laissée plus circonspecte, parce que la biographie se transforme en hagiographie : Peter Singer voue un culte à Henry Spira, et ce culte de la personnalité sur 337 pages m'a gênée. Le récit fait croire que les victoires de Spira ne doivent rien aux autres militant.es animalistes, qu'il était le seul être sensé dans la lutte, or ses réussites doivent tout au collectif et à l'aide matérielle et physique d'autrui.
Bref, ce livre est l'illustration de la solidarité masculine (aussi appelée "fraternité"), puisqu'un homme fait l'éloge d'un autre homme, sans distance ni défaut. C'est un peu lassant.