Paris, années 1990. Cassis mène une enfance comme une autre, faite de rires, de fantaisie, de disputes avec son frère Matteo et de peurs. Elle grandit au sein d'une famille aimante, soudée, éduquée, généreuse... Une famille idéale ? Pourtant, derrière les apparences figées, les joies conventionnelles, semblent planer une ombre, des fantômes, à l'image de ces migraines qui assaillent Cassis. Lorsque l'année de ses douze ans, Cassis est confrontée, seule, au secret qui sclérose cette famille, c'est non seulement sa vie mais tout l'équilibre de la famille qui vacille, jusqu'à l'implosion. On suit ensuite l'évolution de la famille Lauper sur vingt ans, à travers le regard de Cassis et les questions qui la hantent. Où et comment s'arrête l'enfance ? Quel rôle jouent, dans nos vies d'adultes, nos souvenirs de jeunesse, reconstitutions un peu floues, mensongères parfois ? Comment grandir quand on est nostalgique d'un temps qui n'a pas été, d'une famille qu'on aurait rêvée, fantasmée ? Qui aurait pu exister, en théorie. Récit de la fin du vingtième siècle comme de l'enfance, En théorie tout va bien peint avec fantaisie et mélancolie l'entrée dans l'âge adulte et célèbre, malgré tout, la puissance des liens familiaux et de l'amour, qui donnent la force de sortir du silence.
En tableau, la famille Lauper incarne l'harmonie parfaite : l'homme attentif, la femme glamour, les enfants charmants, les pains au chocolat du dimanche... Leurs soirées sont toujours délicieuses et conviviales. Les gens se bousculent pour les fréquenter. Nul ne pourrait supposer que l'épouse verse de grosses larmes le soir, derrière la porte de sa chambre vide. Nul n'imagine qu'un lourd secret pèse sur cette famille... et c'est vers l'âge de douze ans que Cassis Lauper va brutalement y être confrontée. La révélation n'est pas cataclysmique. C'est seulement l'impact qu'elle aura sur les uns et les autres au fil du temps qui est assez sidérante. Genre, le frère de Cassis va tout ignorer jusqu'au jour de son mariage ! Sous l'innocence et les non-dits, on déniche finalement des drames et de l'amertume. Trop de désespoir pour une lectrice à fleur de peau (moi)... donc déception au moment de refermer ce roman peut-être trop commun mais qui dépeint l'enfance et les souvenirs avec une tristesse immense.
Lecture non prévue qui fait partie des quelques romans qui s’incrustent dans ma PAL en passant parce que le résumé m’attire ou que j’ai vaguement entendu le titre ou le nom de l’auteur quelque part. Je pensais qu’il s’agissait d’un roman dans la tendance « feelgood » (dont je ne suis pas très fan) mais absolument pas !
✒️ Cassis a douze ans et vit à Paris. Sa maman est libraire, son père est un monsieur sérieux qui travaille beaucoup. Elle a aussi un frère aîné, Matteo. Tout ce petit monde semble incarner la famille parfaite et passe ses vacances chez les grands-parents à La Tranche-sur-Mer. Pourtant, la mère pleure souvent seule et le père disparaît parfois sans explication. Un jour, Cassis comprend que la famille « parfaite » aux yeux du monde s’appuie sur des non-dits, des mensonges, des illusions. Détentrice d’un secret impliquant ses proches, elle sort de l’enfance et parvient à se construire. Ce n’est que plus tard, à l’âge adulte qu’elle laissera éclater la vérité, ce qui la positionnera différemment au sein de sa famille.
Le récit expose les différents points de vue des membres de la famille et remonte à l’origine des comportements de chacun. L’observation et la justesse de scènes de vie permettent de révéler progressivement les ressentis et les culpabilités.
💬 J’ai bien aimé la forme du récit, à travers les yeux de Cassis, enfant, jeune femme puis femme adulte. C’est très finement présenté et à la fin, on se demande qui a été le plus préservé : le menteur, celle qui a du garder un secret qui n’était pas le sien ou les personnes les plus concernées longtemps restées dans l’ignorance ?
Une lecture bien agréable au final que je vous conseille si vous voulez passer un bon moment.