Rentrée littéraire 2016.
Etrange... écrivent d'autres lecteurs. Etrange roman... Il n'y a rien d'étrange à ce roman. Il est raté, voilà tout.
Pourquoi ?
Tout d'abord, que les choses soient claires, je n'ai pas lu Today we live (premier roman de l'auteure) mais j'en ai lu les critiques dithyrambiques. Donc, à la lecture de De profundis, je n'ai pas pu être déçue par rapport à la qualité du premier travail. Ceci dit, cela a été une grosse déception en regard de l'expectation que je nourrissais à découvrir cette auteure.
Deuxième précision : qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas écrit; ce roman-ci n'est pas bon, ce qui ne questionne aucunement le travail antérieur et ultérieur de l'auteure ni la qualité de son écriture ni de sa narration dans son ensemble.
A présent, rentrons dans le vif du sujet. Pourquoi est-il pas bon, ce De profundis ? Parce que :
1) Dès les premières pages, on est embarqué dans une dystopie. C'est la fin du monde tel qu'on le connaît ; tout le monde crève du virus Ebola III (Ebola III, pourquoi 3, on ne le saura jamais) à gauche et à droite, à même le sol, dans les rues sales et abandonnées de Bruxelles et on a une femme de on-ne-sait-quel-âge - on la devine jeune, je lui ai donné la vingtaine bien sonnée pour découvrir presqu'à la fin du livre qu'elle a 38 ans -, Roxane, qui a, pour seule mission, de survivre dans cet univers hostile avec l'aide de son pote Mehdi. Super mais... elle est aussi dépressive et pense tous les jours d'en finir avec la vie terrestre. Euh. Ah bon, d'accord. Ni une ni deux, si quelqu'un a vu ou lu les The Walking Dead ou encore La Route, on sait d'emblée que les dépressifs ne font pas long feu. Bred, c'est pas crédible.
2) On n'a aucune explication sur les raisons de l'emballement du virus d'Ebola, enfin du n°3 du virus. Soit. C'est pas grave, on est dans un roman d'anticipation, voyons plutôt comme la société humaine survivante s'organise. Rappelez-vous qu'on crève à ciel ouvert mais voici que l'ex-mari de Roxane a eu le bénéfice de pousser son dernier soupir dans un lit propret aux draps blancs (bon, c'est pas tip top comme ça dans le livre, mais c'est ainsi de façon implicite). Via son avocat, il fait savoir à Roxane que leur fille âgée de huit ans, Stella, va se retrouver orpheline. Que va-t-elle devenir ? Option 1 : elle va chez sa maman suicidaire. Option 2 : elle est recueillie dans un orphelinat haut de gamme où elle ne manquera de rien. Hein ???? Je croyais qu'Ebola troisième du nom frappait tous sans distinction de classe et de milieu ET que la civilisation se liquéfiait au fil des pages. Comment voulez-vous qu'un orphelinat puisse encore être debout, aussi select soit-il ???
3) .... Non, j'arrête là. Je vous épargne les innombrables invraisemblances du récit et les rebondissements de l'intrigue aussi gros comme le nez au milieu du visage. Sachez cependant que la dystopie disparaît complètement pour laisser place au surnaturel avec une teinte de thriller. De nombreuses pistes sont envisagées puis abandonnées aussitôt (comme la famille dans la forêt, mais quel gâchis). L'auteure n'a pas réussi à se positionner ni pour définir le genre de fiction ni dans la psychologie des personnages (Stella est quoi à la fin ? Locked-in syndrome, Asperger, hypersensible ?) ou n'a pas "voulu" se positionner balayant ainsi les genres littéraires les plus courus du moment afin de plaire au plus grand nombre ?
Quant à la "formidable histoire d'amour", par pitié, elle est... risible.
Enfin, passez votre chemin, prenez La Route ou allez vraiment en De profundis en compagnie d'Oscar Wilde.