Roman cynique, (presque) jubilatoire sur la vie d’un couple nouvellement propriétaire au sein d’un éco-quartier. Sous des airs de faux polar absurde, Julia Deck nous questionne avec humour sur les hypocrisies et incohérences du nouvel urbanisme vendu à une nouvelles classe moyenne, se moque avec acuité des relations de voisinage et porte un regard sans concession sur la vie de couple. Écriture jouissive et drôle, aux pointes de poésie qui donne une tout très réussi.
« Soudain, je n’en pouvais plus de cette banlieue verdoyante où l’on suffoquait. J’avais besoin de voir la ville, des tours fuyant vers le ciel, des immeubles massifs aux fénêtres impénétrables »
« D’ici à quelques années, tu serais devenu l’épais mari au t-shirt troué, engoncé dans son pliant et poussant des rires gras tandis que je me changerais en harpie, rouspétant sans fin après les tropismes si prédictibles des mâles »
« Les images de l’après-midi me revenaient en rafales, visions d’un corps que je n’aurais jamais dû voir nu, souvenirs entrechoqués d’étreintes contre-nature et du plaisir violent qu’elles avaient procuré, sans qu’il n’y ait jamais eu, entre lui et moi, la moindre tendresse, la moindre compassion, la moindre velléité de faire croire à l’autre qu’il comptait pour quoi que ce soit »
« Je regardais le bleu fixe au-dessus de moi, strié de vapeurs d’avion »
« Les grands arbres qui protégeaient les morts brunissaient. Leurs feuilles se détachaient pour caresser les tombes, balayer les vitres où les pluies intermittentes laissaient de longues larmes »