Je me rappelais, certaines fois avec une acuité presque trop vive, cette morosité profonde qui m’avait pris pour ne plus me laisser tranquille, au sortir de l’enfance – cet été d’une insupportable lenteur que j’avais passé à dormir jusqu’à midi, à traîner dans les centres d’achats, la tête vide, à errer dans les rues de ma banlieue jusqu’à ce que mes bras et ma nuque soient couverts de coups de soleil. J’avais l’impression de m’être brusquement réveillé pour m’apercevoir que tout ce qui m’entourait – ce milieu si consciencieusement défini dans lequel j’avais grandi et où j’avais toujours pu me fondre – m’était étranger, n’avait rien à m’offrir, ou en tous cas rien qui pouvait me donner la force d’affronter chaque jour la lumière la tête haute. Je ressentais en permanence une douleur au ventre, comme un affamé.
une seule chose ⭐⭐⭐ dans le labyrinthe ⭐⭐⭐⭐.5 pure fucking Armageddon ⭐⭐⭐.5 un morceau de bois ⭐⭐⭐.5 la dernière fille ⭐⭐⭐⭐ danny ⭐⭐⭐⭐ nous serons tous guéris ⭐⭐⭐⭐⭐ lascaux, ou le jour des vidanges ⭐⭐
Nous serons tous guéris, c’est 9 nouvelles (dont quelques-unes ressemblent davantage à des micro-romans et sont plus longues que certaines œuvres de Marguerite Duras *tousse tousse* La pute de la côte normande *tousse*) qui partagent le même imaginaire, le même univers des arts, tournant autour de la musique, du cinéma ou de la littérature.
Comme ce serait trop long de toutes les aborder, voici mes 3 préférées: La dernière fille, qui reprend les codes du cinéma d'horreur pour parler de survivalisme. Dans le labyrinthe, qui présente ce que l'intelligence artificielle sera bientôt (est sûrement déjà) en mesure de faire et tout ce que ça a de terrifiant. Nous serons tous guéris, qui montre ce qu'est la vie après des études (et des désillusions) littéraires.
“Et si, au cours de la fin de semaine, je me trouve à penser à Catherine, à sa maladie, je sais que je ne serai pas triste. J’ai beau avoir mes moments de mélancolie, comme tout le monde, je suis un optimiste. Je suis convaincu qu’un jour, peu importe les circonstances, nous serons tous guéris.”