[5/5] : Il n’y a rien à dire à propos de Guy de Maupassant qui n’a toujours pas été dit : son style est si unique et ses descriptions si expressives. Dans les quelques nouvelles formant « Une partie de campagne », Maupassant se réaffirme comme étant un des meilleurs auteurs de son temps. Il est impressionnant de voir des personnages si bien étudiés, et leur psychologie si profondément décrite, en quelques pages seulement ; à travers leurs répliques, mais aussi leurs actions, pensées, réactions, et relations. Le réalisme de son œuvre est attachant, et ses histoires basculent entre la réalité et l’absurdité – toujours avec la fin ironique ou inattendue, signature de l’écrivain.
Ce qui m’interpella surtout dans ce recueil de nouvelles est son actualité. En effet, « Une partie de campagne » est ma cinquième lecture de Maupassant – hormis les maintes nouvelles et œuvres lues à part – et la première fois où je lis une telle satire sociale. En effet, l’auteur inclut toujours des morales sur la hiérarchie, les classes sociales, et certaines idéologies de façon ironique ou fantastique dans la plupart de ses œuvres – d’où son appartenance, voire son titre de chef de fil du Réalisme/Naturalisme. Néanmoins, cette œuvre est ancrée dans la critique sociale : des mariages imposés, aux droits de la femme, la violence, la pauvreté, la matérialité, le désir, la sexualité ; une myriade de thèmes, tantôt tabous, tantôt drôles, sont évoqués.
Cette actualité se traduit surtout dans les thèmes des droits de la femme, et de la communauté LGBT, dans une œuvre composée en 1881. En effet, je fus surpris de desceller certaines influences féministes dans ses textes alors que le mouvement n’était toujours pas évoqué : Maupassant défend les femmes, dénonce leur objectivisation, ainsi que la violence contre elles, qu’elle soit physique, verbale, ou même idéologique. Une nouvelle est même consacrée à une femme homosexuelle, ainsi que les stéréotypes dirigés contre la communauté LGBT qu’il critique. Remarquer qu’une œuvre de la fin du 19e siècle critique les mêmes problèmes toujours présents en 2020 après des avancées scientifiques et d’idées majeures, devrait faire penser.
En somme, Maupassant reste un de mes auteurs favoris, et une école en elle-même quant à la rédaction, la description, l’imagination, et le symbolisme réaliste portant en lui des critiques sociales.