Tinamer, Tinamer... petite fille à l'effigie de l'enfance de Ferron, il me semble, dans les terres des Bois-Francs et de Maskinongé, nous montre ce que c'est que de devenir adulte à son tour. C'est quitter le rêve qu'on fait de nos parents, autant dans le monde que dans la personne « depuis quelque temps d'ailleurs, devinant que j'avais percé son jeu, il [son père] avait cessé de faire le magicien; il s'habillait comme tout le monde, il restait quelconque et distant. »
Une fois qu'on accepte que l'auteur a peuplé l'amnésie de l'enfance (Tinamer, au début, est d'âge préscolaire) par les personnages d'Alice au pays des merveilles, on peut attraper au vol les perles d'enseignement de parents « Mon père, fat comme tous les hommes, croit que je l'applaudis. Il se met à table et commence à nous débiter son rituel du samedi matin, des drôleries éventées qu'il rit d'autant plus fort qu'elles sont devenues plates, plates, plates. Etna [sa mère] me regarde, l'air de dire : « C'est ça, un homme, ma chère. »».
L'auteur est à fond dans le complexe d'Électre - la mère est une rivale, le père est son héros.
Je dis tout ceci dans le désordre, d'autres auront pris le temps d'analyser l'oeuvre (la synthèse n'est pas ma plus grande force), que j'aurais moi-même, si j'avais l'énergie, beaucoup de plaisir à décortiquer. Une lecture qui au début peut être rebutante, et on devine la difficulté de l'auteur à trouver une fin, mais comment passer à côté de notre héritage littéraire?