Le monde musulman au début du XIIIe siècle est le théâtre de bien des crises : pouvoir contesté, désordres dans la rue comme dans l'intimité des demeures... La femme, mille et une ruses à l'appui - et malgré le carcan de la loi -, n'est pas la dernière à tirer parti de ce climat. Au fil des contes imaginés par la belle Schéhérazade, c'est toute la face cachée d'un monde qui se révèle, un monde où la passion parle haut et où la magie fait corps avec le quotidien... La présente édition est la seule, de par le monde, à avoir été établie à partir des manuscrits originaux, la seule à être rigoureusement fidèle au texte arabe, et à en restituer les vertus natives : impertinence, âpreté visionnaire, voluptueuse crudité.
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* They are officially published under that name * They are traditional stories not attributed to a specific author * They are religious texts not generally attributed to a specific author
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Les Mille et Une Nuits ont été introduites au XVIllème siècle en Europe par Antoine Galland. Très vite d'autres contes s'y ajoutent. Dans tout l'Europe, ces histoires se déclinent en "des Nuits romantiques, victoriennes, symbolistes etc... s'éloignant ainsi de l'essence des textes originaux.
René R. Khawam vient donc proposer une traduction en prenant le soin qu'elle soit la plus fidèle aux textes arabes. Il fait par ailleurs le choix de ne pas séparer les contes en Nuits, ce que je trouve bien dans la mesure où des phrases répétées en début de Nuits m'auraient certainement lassée.
On plonge donc dans l'Orient du XIllème siècle avec la première histoire "La Tisserande des Nuits" qui n'est qu'autre que la fameuse Chahrazade, une conteuse pleine d'imagination qui a su tenir en haleine, son mari, le roi Chahriyâr, ayant pris la ferme décision d'exécuter ses épouses au lendemain de leur nuits de noces. On découvre avant la raison qui a motivé le roi à agir ainsi. Par après s'en suivent trois autres contes : Le Marchand et le Djinn - Le pêcheur et le Djinn - Le portefaix et les Dames, mêlant la réalité au monde de l'imaginaire.
J'ai été fascinée par la narration ainsi que par la mise en abyme de ces différents récits. Frappée également par toute l'atmosphère enivrante qui s'en dégage. On se retrouve finalement dans la même position que Chahriyâr, dévoré par la curiosité, à vouloir connaître la suite des ces aventures teintées de poésie aux senteurs de musc. Dépaysé, le lecteur se retrouve tantôt dans les allées du marché de Bagdad, tantôt dans les montagnes de l'Inde, à Damas, au Caire.
Captivantes, inventives, savoureuses, érotiques, ces histoires qui font partie du patrimoine littéraire mondial ont tout le mérite qu'on s'y plonge au moins une fois dans sa vie.
Passée la déception de ne pas trouver Aladin, Sinbad ou Ali baba dans cette traduction (qui se veut au plus proches des textes originaux) on se laisse entraîner par ces contes drôles et irrévérencieux, tout comme l’époux de Shéhérazade .