La vie d’Adrien et de Louise est un chaos enchanteur. Méritant et réservé, il travaille pour assurer leur quotidien. Ouvrière qualifiée de l’imaginaire, elle désaxe la réalité pour illuminer leur ordinaire. Leur équilibre amoureux est bouleversé le jour où l’agenda stratégique de l’employeur d’Adrien coïncide avec la découverte de tumeurs dans les poumons de sa femme. Pendant que les médecins mettent en place un protocole que Louise s’amuse à triturer dans tous les sens, l’employé modèle est exilé par un plan social aux confins d’un couloir. Sidéré, Adrien choisit pour la première fois de désobéir : il déserte son bureau vide pour se dévouer tout entier à Louise, qui, jour après jour, perd de l’altitude. Mais peut-on vraiment larguer les amarres et disparaître ainsi sans prévenir ? Et les frasques les plus poétiques peuvent-elles tromper la mélancolie, la maladie et finalement la mort ? Odile d’Oultremont est scénariste et réalisatrice. Les Déraisons est son premier roman.
une petite lecture sympa. Un peu cliché l’homme qui trouve le sens de sa vie en rencontrant une femme ( avant ça il était rien? pas d’amis, pas de passions?) , mais l’histoire compense avec son côté absurde et sa critique du monde du travail
C’est l’histoire de Louise et d’Adrien. De l’année durant laquelle Louise se bat contre un cancer du poumon, soutenu par Adrien. Un drame plein de fantaisie.
Quelquefois la vie est si terriblement injuste qu’il vaut mieux en rire. L’humour devient alors le stade suprême du désespoir et une manière de nous faire accepter l’inéluctable. Comme la mort d’un être cher. Chose impensable, inimaginable, comme le chantaient les Rita Mitsouko Le cancer Que tu as pris sous ton bras Maintenant Tu es en cendres, en cendres La mort s’est comme une chose impossible C’est à cette douloureuse expérience que va être confronté Adrien le jour où il va apprendre que son épouse Louise va devoir lutter contre un cancer du poumon. Mais, à l’image de Marcia Baila, c’est sur un rythme entraînant, plein de poésie et d’inventitvité qu’Odile d’Oultremont nous raconte cette année particulière. Un véritable tour de force qui entraîne le lecteur dans un tourbillon d’émotions. Tout commence le 3 octobre 2016, alors que s’ouvre un procès devant le tribunal de première instance de Bruxelles. Les audiences doivent définir si Adrien Bergen a perçu indûment 28400 € de la société AquaPlus qui l’emploie. Mais, avec un joli sens de la construction et du suspense, Odile d’Oultremont interrompt son récit, car il faut pour comprendre ce qui se trame dans ce tribunal, reonter une dizaine d’années plus tôt. À ce jour d’octobre 2005, lorsqu’Adrien rend visite à Louise Olinger pour lui annoncer une coupure d’eau de trois jours. Habitué aux récriminations, il est surpris par la réaction de Louise, qui est plus attentive à la forme du message qu’à son fond. Le dialogue qui suit donne le ton de tout le roman : « Je suis venu vous prévenir que, malheureusement, à partir du 17 octobre, nous devrons procéder au remplacement de canalisations, ce qui implique que, malheureusement, l’eau sera coupée pendant trois jours. Dans tout le quartier… Elle protesta aussitôt. – Non, non, non ! – Laissez-moi vous… Je dis non, l’interrompit-elle. Pas pour la coupure d’eau. Je dis non à deux utilisations consécutives de l’adverbe « malheureusement » dans une même phrase. Ça, c’est non! – Pardon? Ce n’est pas joli, ni raffiné, ni très positif, « malheureusement », alors si en plus vous le dites deux fois… Adrien se figea. Quelque chose lui échappait. – Ah bon. Excusez-moi. – Mais non! Ne vous excusez pas, c’est vraiment la dernière des choses à faire! La situation ne s’arrangeait pas. Adrien aspirait à un point d’amarrage, à quelque chose de familier, une réaction normale. – Ah bon…, répéta-t-il. Qu’est-ce que je dois faire alors? J’en sais rien, agissez, remplacez le mot, que sais-je? – OK… je vais le remplacer, d’accord… donc à partir du 17 octobre nous devrons malheureusement procéder au remplacement de canalisations, ce qui implique que l’eau sera coupée… ce qui est très dommage… Il lui lança un regard interrogateur. – « Ce qui est très dommage… « , ça vous convient? Louise éclata de rire. – Époustouflant ! Il soufila, rassembla ses forces, et répéta : – Donc… l’eau sera coupée, ce qui est très dommage, pendant trois jours. » C’est ainsi que commence leur belle histoire d’amour. Quand Adrien découvre les talents de cette cliente, artiste à l’imagination débordante qui, au fil des heures et des jours qui suivent va lui permettre d’élargir son horizon et de constater que «l’imagination de Louise le propulsait comme un puissant moteur». Dès lors, on suit en parallèle ce procès et la chronique des premières années de la vie du couple, revenant aussi sur quelques épisodes marquants de leur jeunesse, comme le traumatisme subi par Louise quand sa mère disparaît, jusqu’à cette funeste année durant laquelle le cancer fait son travail de sape. Louise choisit de ne pas se plaindre, mais un peu comme Mathieu Malzieu et son Journal d’un vampire en pyjama de mettre encore davantage de vie «d’élaborer, de rêver, d’imaginer, de peindre, de fonder, de rire, de fabriquer, de concevoir, d’innover, d’écrire, de dessiner, de susciter, de bâtir, de jouer.» Adrien se positionne sur le même registre. Il devient «le mécène de la planète Louise, grasse et vitale, il la polissait, la coiffait, lui injectait des vitamines, la labourait et la désinfectait, et, pour la protéger, il avait constitué une armée robuste, dont il était le seul soldat.» Pendant ce temps son avocat tente de démontrer que son employeur, qui a mis près d’une année avant de constater qu’il était absent, portait aussi une part de responsabilité dans cette «placardisation». Le président Albert Vaxe, dont c’est sans doute l’une des dernières affaires, commence à trouver l’affaire beaucoup plus intéressante que prévue. Et pendant que la camarde aiguise sa faux et qu’une ribambelle de charlatans proposent leurs remèdes miracle, Adrien s’essaie torero à l’assaut des tumeurs ou encore lion pour pousser des rugissements propres à faire reculer les métastases. C’est magnifique et poignant comme tous ces combats que l’on sait perdus d’avance, mais qui sont d’autant plus beaux qu’ils sont inutiles. Il y a la majesté de Don Quichotte dans cette guerre, la poésie fantastique qui se découvre quand sur la plage, il ne reste que L’Ecume des Jours. 2018 pourrait bien être une année riche en découvertes. Odile d’Oultremont, retenez bien ce nom. Car il y a toutes Les Déraisons d’y croire ! https://collectiondelivres.wordpress....
(3.5) Ce livre est tellement beau et triste à la fois. Louise est une personne si vivante, amusante et qui transforme le quotidien en quelque chose de magnifique.
Il romanzo si apre in un’aula di tribunale, dove Adrien – il protagonista – deve rispondere a un fatto grave, quanto, assurdo: l’aver percepito il suo stipendio per circa un anno senza mai presentarsi a lavoro. Incredibile, vero? E per quale motivo? Per amore. Sì, semplicemente per amore. Per stare il più vicino possibile alla persona amata colpita da un male terribile e incurabile, un cancro ai polmoni, che pian piano arriva a spegnere la sua vita. No, tranquilli, non è uno spoiler. Lo si scopre dalle prime pagine! In un’alternarsi di capitoli passiamo dal presente al passato: da un lato restiamo con Adrien in tribunale, cercando di comprendere come sia possibile che nessuno tra datori di lavoro e colleghi si sia mai accorto della sua mancanza, dall’altro scopriamo la nascita di un amore particolare quanto forte tra Adrien e una donna che può apparire forse un po’ bizzarra, ma alla quale finisci per affezionarti moltissimo, Louise.
Adrien e Louise non possono essere più diversi. Lui uomo ligio al suo dovere, svolge con cura le sue mansioni da impiegato presso l’AcquaPlus, la società per il servizio idrico della sua città. Lei, un’artista, capace di dar una nuove luce alla realtà, idealizzandola, trasformandola, come se fosse un quadro tutto da dipingere con tocchi di colori strani, inconsueti. Louise a prima vista può sembrare pazza, ma pian piano la sua adorabile “follia” finirà per contagiare Adrien, creando una relazione strana, ma anche divertente, insolita. Un amore molto forte. In uno dei suoi servizi di lavoro, Adrien incontra Louise, e sin da subito scatta qualcosa tra i due. Non può non rimanere coinvolto da quella donna che dà un nome a ogni oggetto o parte del suo corpo, che chiama il suo cane “IlGatto”, che dà un’importanza incredibile alle parole che vengono pronunciate, che attribuisce a una giornata una vocale con cui deve imperativamente fare rima il finale di ogni frase. Una donna inclassificabile, inconsueta. Folle, ma molto più umana di altri.
La loro storia però è stravolta da un evento che scombina un po’ il loro incantevole caos: la scoperta di un cancro ai polmoni (le sue Honey Pops) che colpisce Louise. Anche in questo caso, però, la donna non sembra voler far drammi, anzi, inizia a donare nomi anche alle medicine che prende, alla malattia, alla bombola di ossigeno che sarà costretta a usare.
Ed è qui che emerge, secondo me, l’originalità del romanzo. Non ci ritroviamo a leggere uno di quei libri per forza strappalacrime, drammatici, ma nonostante la malattia, ci ritroveremo anche a sorridere, a ridere con loro, oltre che a commuoverci.