« Je ne saurai jamais ce que pense un ver de terre ou un caillou. Il m’est cependant permis d’espérer comprendre Mathieu Bock-Côté, car on peut toujours aspirer à percer l’écorce d’une idée, même celles qui surgissent devant nous comme des phénomènes extraterrestres. »
Journal de bord d’une expérience de sociologie extrême, Mélancolies identitaires se penche sur le cas de Mathieu Bock-Côté, volubile conservateur, ennemi déclaré du «politiquement correct», Québécois et fier de l’être, ce qui ne l’empêche pas de sévir dans l’Hexagone où la droite la plus infréquentable lui ouvre grand les bras.
Si Mark Fortier a lu et écouté cet agitateur omniprésent pendant un an, c’est pour tenter de comprendre comment notre société a pu devenir une caisse de résonance pour des discours comme le sien. En effet, s’éloignant rapidement de son pré-texte, l’auteur dépeint un monde contemporain qui menace d’être dépourvu de lui-même et d’où la pensée est bannie, éclipsée par le verbiage dont le jeune pourfendeur de la «gauche progressiste» s’avère être un réel prodige.
Un essai littéraire écrit dans les règles de l’art, où il sera surtout question d’hospitalité, d’ornithologie, des centres commerciaux et du père Noël.
Mark Fortier is a Professor of English at the University of Guelph (Canada). He has published on various topics involving Shakespeare, contemporary theatre, cultural studies and theory.
Titre trompeur... ça devrait être : comment vendre un livre qui raconte mes idées en le faisant passer pour une critique de l'œuvre de quelqu'un d'autre? La majorité du livre raconte ses propres mélancolies personnelles et en plus il a publié son propre livre. Je cherche encore Mathieu Bock-Côté dans cet essai...
Un livre qui dépasse nettement l'analyse de MBC, mais qui ne manque tout même pas son coup dans le brossage de son portrait de «penseur». J'ai eu ÉNORMÉMENT de plaisir à lire la plume de Mar Fortier. Je recommanderai ce livre à tout le monde que j'aime et que j'estime.
Les réflexions de Mark Fortier dépassent (heureusement) l'univers très restreint et répétitif de Mathieu Bock-Coté. L'auteur ponctue une large part de son ouvrage de réflexions très intéressantes sur la culture, la société de consommation et notre rapport à l'histoire.
Je nous souhaite plus de Mark Fortier et moins de Mathieu Bock-Côté.
J'ai lu ce livre alors que je ne connaissait pas Mathieu Bock-Côté. Je suis resté imprégné d'une image négative du sociologue, bien que certaines de ses thèses ne sont pas aussi farfelues qu'on tente de nous faire croire.
Avant de commencer ce livre, j'avais crainte, même si je ne suis évidemment pas un grand fan de MBC, de lire un livre qui ne s'attaque pas à une idée, mais à un homme. Malgré mes convictions qui sont profondément contre ceux de «l'homme», je ne peux que penser à celui-ci lisant un livre l'attaquant personnellement.
Toutefois, en finissant ce livre magnifiquement écrit, ce n'a pas été du tout mon impression. On n'attaque pas MBC comme personne, mais plutôt son style argumentaire et ses idées - tel que le ferait un débat entre deux intellectuels. Des critiques bien valables dans l'espace public.
Le style d'écriture était incroyable (bravo Mark Fortier), et l'alternance entre récits personnels, histoires de société, et critiques du discours conservateur rendait la lecture bien moins acerbe et accusatoire.
Bravo à l'auteur d'avoir lu MBC pendant un an (2018-2019) et d'en proposer une compréhension organisée.
Grâce à cet exercice, Mark Fortier a tiré, entre autres conclusions, que MBC en appelle à la préservation d'une culture pour le bien du peuple, sans toutefois préciser en détails quels seraient les tenants et les aboutissants de cette culture, ni à quoi ressembleraient ses articulations et son aspect général; surtout, qu'il le fait sans inclure le peuple, les citoyens du « quotidien », dans sa pensée. Ni même son cadre géographique et biologique, qui est pourtant un enjeu... vital. De plus, MBC déploie presque quotidiennement sa pensée sans référer à d'autres penseurs ni auteurs -- alors qu'il vante la vie intellectuelle et la culture --, comme s'il faisait des vagues en vase clos.
À ce tribun, Fortier oppose le portrait d'autres défenseurs de la liberté qui avaient du coeur, de l'ouverture et de l'engagement. Fortier oppose aussi à la pensée de MBC des chapitres qui font, eux, référence à d'autres penseurs, des chapitres élaborés et documentés. -- Je m'attendais plutôt à une déconstruction en règle des propos de MBC, mais non, ce n'est pas ici l'angle de Fortier.
Ce livre date un peu, MBC a tellement continué de prendre la parole depuis que ses écrits contiennent peut-être maintenant des idées non abordées dans l'ouvrage de Fortier.
Néanmoins, on referme le livre de Fortier en se disant que MBC brandit des épouvantails, mais sans véritable rigueur intellectuelle et sans proposer, en contrepartie, une solution constructive ou une vision claire (et respectueuse de tous) de la société de ses rêves, à la tête de laquelle il aimerait par contre trouver un chef digne de l'Histoire qui le galvaniserait politiquement.
Le livre est bien écrit et la lecture est agréable. Cependant, le titre et le chapitre d'introduction sont trompeurs. J'ai eu l'impression qu'on aurait droit à un essai qui soit déconstruit la pensée de MBC, soit décrit l'effet psychologique que lire du MBC religieusement pendant une année a sur un individu. Finalement, c'est plutôt une collection d'anecdotes de l'écrivain. On y retrouve tout de même des réflexions intéressantes et des histoires amusantes, mais si l'on est porté à acheter ce livre en souhaitant en apprendre plus sur MBC, on ressort inévitablement de cette lecture...déçu.
Essai sympathique, parfois poétique, parfois drôle et parfois sérieux. Dépasse la simple analyse du Bock-Côtisme mais reste pertinent pour les paralleled avec l'univers conservateur dénoué de vie et de sens prôné par le principal intéressé.