"Je ne suis pas encore très à l'aise avec ce nom-là. Soyez indulgents." (Entendu au micro ouvert qui a suivi la dernière Levée d'écrou.) Jean-Guy Forget est l'éléphant avec un parapluie qu'on peut voir sur les caisses de chou; "dandy rock avec un frame de cintre (P.55)" dans un champ d'orties. J'ai essayé de lire son recueil hier soir mais je me suis endormie. 5h39, j'ai un peu mal à la tête mais j'ai lu d'un trait. Rire quand c'est pas drôle est l'unité de mesure de l'essentiel. "On s'assure d'oublier ses kids / devant un globe terrestre du renaissance (p. 22)" On essaie des mots trop petits, on essaie des mots trop grands pour cacher le bon fond. "quand la faillite raie saint-donat de la map // la kid braille un temps / [...] / et elle n'entendra plus / le déclic/ du kodak au chalet (p.29)" Je vais le moins souvent possible au centre-ville, mais des fois j'écoute encore la chanson pour ne pas regarder le film au complet. "ce texte ne peut PAS être de vous / l'excellence n'a jamais été une possibilité (p.34)" Il paraît que c'est mieux de côtoyer des gens qui nous poussent à toujours faire encore mieux qu'avec des gens qui nous disent qu'on est beaux et qu'on est bons. Je pense que ce que les gens nous disent ne change rien. C'est d'eux que ça parle. "ma mère ne lit pas de poésie / ce qu'on écrit ne s'adresse jamais / aux mères d'ici assez fortes pour se lever (p.41)" Tout le monde sait que les miroirs déformants ne font pas grossir pour vrai ni grandir pour vrai ni changer la forme de son nez pour vrai. Je ne sais pas si c'est important de distinguer le toc du vrai, je ne sais plus cuisiner sans manger la même chose pendant une semaine après. La soupe n'est même pas assemblée encore et les restants de manger maigre se morfondent d'avance dans le fond du frigo.