Avec Féroces et La Chute des princes, Robert Goolrick a entamé un cycle autofictionnel qui a saisi lecteurs et critiques par sa beauté, son incandescence et sa lecture nostalgique et acerbe de l’histoire contemporaine des États-Unis.
Ainsi passe la gloire du monde vient clore cette aventure littéraire. On y retrouve Rooney, l’avatar de l’auteur, et ses amis inoubliables, emportés par le siphon qu’est devenu leur pays déchiré par un tyran aux allures de clown orange cannibale. Un pays aussi clivé que durant la guerre de Sécession, nordistes et confédérés ayant été remplacés par les « déplorables » et les « 1 % ». Rooney, qui a perdu sa vie à tenter de rester parmi les derniers, se retrouve échoué, malade sans recours, miséreux sans excuse, avec pour seule consolation quelques rares souvenirs de joie, et portant la blessure ouverte d’une question trop douloureuse : « Quand on fait l’amour pour la dernière fois, sait-on que c’est la dernière ? »
À l’occasion de funérailles, il convoque les fantômes du passé, part à la recherche des quelques fidèles qu’il connaît encore, témoins d’une autre vie, d’une autre Amérique.
Ainsi passe la gloire du monde est le récit halluciné d’un blessé qui tente de trouver la sortie du champ de bataille. Le testament d’un grand auteur américain.
I was born in a small university town in Virginia, a town in which, besides teaching, the chief preoccupations were drinking bourbon and telling complex anecdotes, stories about people who lived down the road, stories about ancestors who had died a hundred years before. For southerners, the past is as real as the present; it is not even past, as Faulkner said.
I went to Johns Hopkins University in Baltimore and then lived in Europe for several years, thinking that I would be an actor or a painter, two things for which I had a passion that outran my talent. I wrote an early novel, and then my parents disinherited me, so I moved to New York, which is where small-town people move to do and say the things they can't do or say at home, and I ended up working in advertising, a profession that feeds on young people who have an amorphous talent and no particular focus.
Fired in my early fifties, the way people are in advertising, I tried to figure out what to do with the rest of my life, and I came back around to the pastime that had filled the days and nights of my childhood: telling complex anecdotes about the living and the dead. I think, when we read, we relish and devour remarkable voices, but these are, in the end, stories we remember.
I live in a tiny town in Virginia in a great old farmhouse on a wide and serene river with my dog, whose name is Preacher. Since he has other interests besides listening to my stories, I tell them to you.
Trump, Trump, Trump, Donald Trump comme une obsession, une colère, une rancœur, la représentation de la douleur, du mal, du fake… Cause et symptôme des dérives, de la déchéance, de l’abandon.
Ronney est en colère et déjà résigné. Les douleurs à la jambe témoignent de son abattement. Et tout se mélange, et Trump et encore lui. Qu’est devenue l’Amérique, sinon un corps malade et usé comme Rooney.
Un livre terrible et magnifique qui sombre dans la folie d’un corps abusé et d’une nation trompée
3,5 🌟 Rooney se souvient des moments de sa vie en les comparant. Il compare sa vie de riche à sa vie de pauvre, sans pour autant la questionnner tant que ça. Je suis arrivé péniblement à la centième page. Certes l'écriture est belle, mais c'est mélange de témoignages et de pamphlet à l'attention de son président actuel. Je pense qu'il faut lire les précédents livres de l'auteur pour comprendre plus en profondeur. J'ai par contre apprécié le récit d'un corps désabusé et marginalisé, de la veillisse et de l'ennuie comme un cri a la vie.