« Tu m’as sauvé, répéta-t-il doucement, et je serai toujours avec toi. »
Mais quelle claque! Décidément, Victor Dixen n’a pas son pareil pour la SF et les histoires d’amour tragiques.
Si au début, ce roman nous laisse dans l’expectative, l’angoisse, dans une atmosphère froide et angoissante, avec ces derniers humains qui vivent sous le poids des erreurs passées. La seconde moitié est un concentré d’action, de révélations et prend une tournure très poétique.
La dernière partie est un véritable tourbillon d’émotions, le fait d’égrener les heures à chaque chapitre laisse une tension permanente et durant les derniers instants de cette histoire, on ne perd pas un mot de chaque page, on est en harmonie avec les personnages, on ressent leurs émotions au plus profond de nous même et bien sûr, on referme le livre les larmes au yeux.
Autant l’auteur m’avait déçue avec Cogito, mais là j’ai retrouvé la plume particulière qui m’avait tant bouleversée dans Phobos, notamment dans le tome 3.
Hormis la romance, qui finalement n’a de place que dans la toute fin, ce qui est le plus dur est de faire face aux conséquences de la démesure humaine, de voir une vision au combien réaliste de ce que pourrait devenir la Terre d’ici quelques siècles si on continue à polluer, détruire les forêts et chasser les espèces animales, les menant à l’extinction.
Les Derniers Humains sont désormais reclus dans les Dernières Terres, émergées suites à la fonte des glaces, avec pour toutes ressources des algues et une terre stérile et comme seuls vestiges du passé, des arbustes rabougris, de rares insectes, oiseaux et reptiles.
Dès la première page, on est confronté à cette vision d’horreur, ce monde et ces humains qui ne sont plus que l’ombres d’eux-mêmes, tableau angoissant et oppressant.
Et cela nous obsède, nous pousse à réfléchir et prendre conscience que ce n’est pas trop tard, on peut encore empêcher une telle catastrophe de se produire.
Ensuite, j’ai apprécié le concept de l’histoire, pour une fois, nous ne sommes pas dans un monde post apocalyptique mais nous assistons à la fin du monde.
C’est original et écrit de manière hyper réaliste, et la plume de l’auteur rend le tout très addictif, c’est rythmé, il y’a de l’action, de l’émotion, des personnages au top, c’est génial!
Et bien sûr, l’objet-livre et la présentation sont parfaits!
La découpe du roman en parties, l’alternance des PDV et le compte à rebours jusqu’à l’extinction avec la bougie donnent un rythme haletant à l’histoire.
Le fait de mettre un nom d’espèce éteinte de nos jours à chaque page est super intéressant, sur un roman de 600 pages ça fait déjà beaucoup et ça marque un peu plus la dénonciation de l’auteur.
Bref, Extincta est un roman qui m’a surprise et émue jusqu’aux larmes, intéressant par son pamphlet contre l’humanité et sa démesure, et bouleversant, car la romance qui se construit doucement tout au long de l’histoire ne peut résister à la fatalité qui frappe Terra.
Une véritable tragédie conduite d’une main de maître que tout le monde se doit de lire!