Fait historique méconnu : en mars 1933, Nikita Zynchuck, immigrant et chômeur, est abattu d’une balle dans le dos par un policier.
Le récit de cet événement et des jours qui l’ont suivi nous entraîne dans le Montréal cosmopolite d’alors, marqué par la Crise, la misère, les tensions entre les religions et entre les cultures, sans oublier les poussées insurrectionnelles des communistes.
Roman social, «Le Mammout» tire de l’oubli un quidam qui, en déclenchant malgré lui une émeute, est passé bien près de devenir le porte-étendard d’une révolution autrement moins tranquille que celle que le Québec a connue.
Samson a clairement fait beaucoup de recherche pour écrire ce livre. Il est tellement occupé à nous donner toutes ces informations qu’il oublie de nous raconter une histoire. C’était, à mon avis, une liste des commerces ouvert à Montréal en 1993 entrecoupée de personnages peu crédibles aux discours racistes: super boring. Le narrateur semble être du genre à adorer s’écouter parler.
J’ai arrêté ma lecture au milieu du livre. Je n’ai pas apprécié les détours et les parenthèses de l’auteur... Je ne voyais pas du tout où allait l’histoire.
Si la forme est au rendez-vous, il manquerait peut-être un peu de mouvement, ou de parallèles à tous le moins. Ils existent, trop peu à mon goût. Des phrases sont belles et gracieuses et délicieuses.
« Et, au bout du compte, elle s’étonne de trouver beau ce Nikita Zynchuck, le Mammouth polonais, abattu en s’obstinant à préserver la seule trace de dignité qui lui restait : une malle remplie de guenilles. »
Je considère la lecture de LE MAMMOUTH comme une expérience de lecture : on ne fait pas que lire ce livre, on l’expérimente, on le vit.
L’expression des sentiments de plusieurs lecteurs à l’égard du travail de l’auteur Pierre Samson se résume généralement à un mélange d’admiration envers les recherches effectuées pour bien (le mot est faible) décrire contexte et environnement ainsi que d’essoufflement quant à l’abondance des parenthèses ouvertes et des interminables descriptions qui meublent paragraphes, pages et chapitres.
Or, j’ai choisi d’accueillir LE MAMMOUTH comme une longue ―très longue― recette. Oui, on peut questionner l’abondance des ingrédients, des épices, des herbes et des nombreuses étapes à suivre, mais c’est au moment d’ingester le produit final, bouché par bouché, que ce lecteur a reconnu la jouissance littéraire qu’elle procure. Aucun mot n’est demeuré non lu.
Dès les dernières lignes du premier chapitre, le lecteur sait qui va mourir. Le second chapitre annonce qui sera le tueur, puis, aux chapitres suivants, qui seront témoins de la scène. Ensuite, installé depuis plusieurs pages, le drame arrive … puis l’après-drame.
Livre dans lequel, même l’attendu trouve le moyen de surprendre. J’ai beaucoup aimé.
« Pendant qu’il remonte à pied le boulevard Saint-Laurent, il revit ce premier baiser. La plateforme de la station Craig; les émanations d’acier surchauffé; la main dégantée de Simone contre sa joue; le parfum du tabac Picobac, si distinctif, diffusé par la pipe d’un usager qui les toise; le froufrou des robes contre la doublure des manteaux; le roucoulement des pigeons effarouchés; l’appel du conducteur; la foule qui valse autour d’eux, couple statufié par ce qui ressemble à du désir; la lumière ambiante, presque métallique; le bourdonnement des caténaires mises sous tension; l’air attiédi par les moteurs électriques; le crieur de journaux …; le tintinnabulement des clochettes avant un départ; les éclats de rire; l’estomac qui gargouille; les lèvres douces; la langue moelleuse, étonnamment chaude; et, bien entendu, le raidissement de son sexe dans son pantalon, suivi du mouvement de recul de son bassin, et Simone qui se rapproche et qui pousse un léger gloussement d’amusement. »
Malheureusement, ce n'était pas un livre pour moi. J'ai trouvé ma lecture interminable; il y avait beaucoup trop de descriptions à mon goût (noms de rue, de magasins, qui montrent un travail de recherche incroyable de la part de l'auteur, mais qui n'apportent pas grand chose à l'histoire comme telle). Il y avait tellement de personnages que j'avais souvent de la difficulté à les replacer. Par contre, Simone était un personnage vraiment intéressant!
Montréal, 1933. Dans le « Faubourg à m’lasse », (https://ville.montreal.qc.ca/memoires...), cartier populaire où immigrants, nouveaux arrivants et sans abris s’entassent, règne la pauvreté, la puanteur et la misère. Huissiers et policiers n’en finissent plus d’exproprier de malheureuses familles qui n’arrivent plus à payer leur loyer. Lors d’une de ces opérations, alors que Nikita Zynchuck, appelé le Mammouth, tente de récupérer sa malle entreposée dans le logement de ses amis, Zutto, un policier italien, abat d’un tir dans le dos cet imposant polonais. Des témoins assistent à la scène. Qu’est-ce qui résultera-t-il de l’enquête?
Je donne 4 étoiles pour la qualité de l’écriture, dont un vocabulaire riche (ex. : raucité, sopitif, dessille, cipolin, horion, bouterolle, camard, abstrus) et 2 étoiles pour le thème qui n’a pas suscité mon intérêt. Autre point négatif : trop de détails sur les parcours empruntés par les personnages, trop de noms de rues ou de noms de figurants, de noms de commerces (ex. : pp. 139, 154, 180, 227, 310…). Pour quelqu’un qui s’intéresse à l’histoire du Montréal des années 30 c’est peut-être un plus, mais pour les autres, cela alourdi la lecture, sans réellement apporter des éléments essentiels au déroulement de l'intrigue.
Le principal défaut du Mammouth de Pierre Samson, j'ai l'impression, c'est qu'il n'a pas vraiment d'âme. Son squelette est super bien élaboré. Le roman est super informatif et historiquement juste, mais tout est tellement... détaché qu'il ne permet pas vraiment d'émotion. Le setting est présenté d'une manière qui empêche complètement l'immersion, avec des énumérations factuelles à n'en plus finir, le plus souvent pour nommer les établissements (parfois 15 en une seule phrase) devant lesquels les personnages marchent lorsqu'ils se déplacent.
Les personnages aussi sont très peu étoffés. Le gangster en chef (celui qui demande à des personnages de faire semblant d'être blessés) et le boxeur sont tous les deux présentés, à seulement quelques pages d'intervales, comme des "cocktails de contradictions".
Le Mammouth présente un parallèle pertinent avec le racisme systémique d'aujourd'hui, mais je suis pas certain d'à quel point il le présente bien non plus. J'applaudis vraiment la recherche que ça a dû prendre pour créer ce roman là, mais au final il n'y a vraiment rien qui m'a accroché là-dedans.
Un thriller vraiment captivant autour d'un ėvénement rėel dans les années 30 à Montrėal. J'adore la façon que l'écrivain lie les personnages entre eux dans cet évėnement (que je ne veux pas dévoiler).
Une carte postale intéressante sur le Montréal de 1933. Beaucoup d’informations socio-démographiques et géographiques, parfois trop, même que par moment j’avais l’impression de lire une non-fiction. J’aurais préféré que l’auteur soit moins préoccupé à montrer au lecteur qu’il a fait beaucoup de recherches pour se concentrer plutôt sur la narration de l’histoire. Somme toute, une lecture enrichissante et plaisante, qui me rappelle malheureusement que plus ça change, plus c’est pareil.
Oui, il est vrai que dans la 1ere partie du roman l’auteur fait entrer une telle quantité de personnages, sans qu’on ne sache ceux qu’on doit retenir de ceux qui sont secondaires, que c’est un début de roman un peu difficile pour le lecteur.
La 2e partie prend une forme du genre littéraire que je pourrais nommer de judiciaire. C’est un pan de l’oeuvre forte et… des plus agréables à lire.
La 3e partie débute à la page 195 (sur 360), donc à la moitié du livre. Si à ce moment, vous n’aimé toujours pas et bien n’allez pas plus loin. On retourne vers le style initié au début du roman mais on a l’avantage de connaître les protagonistes.
La dernière partie se déroule bien des années après l’assassinat de l’ouvrier sans histoire et étranger, par un policier de la corrompue ville de Montréal.
L’oeuvre est historique. L’auteur souhaite laisser le moins de personnes possibles (et de lieux de Montréal ‘a cette époque) dans l’oubli. Ce qui donne une valeur d’histoire au roman mais rend la lecture plus ardue, surtout pour quelqu’un des régions qui ne connaît pas Montréal (à part l’avoir visitée 2 ou 3 fois).
Avec un brin de féminisme qui fait du bien à lire. C’est un bon roman. Le meilleur de cet auteur, sans aucun doute. Il plaira aux natifs Montréalais des années dites de la pré-révolution tranquille…
Belle écriture, personnages complexes et intéressants, et histoire puissant... c’est étrange qu’on l’ignore même si on vit, comme moi, dans la ville en question: Montréal. J’ai beaucoup apprécié cette éducation dans les luttes et les idées qui circulaient pendant les années 30s: le fascisme, le communisme, les sentiments anti-immigrant, anti-sémitique et anti-pauvre. C’est troublant, mais il faut surtout qu’on soit conscient de la puissance de cette xénophobie et son rôle dans l’histoire de cette ville. Aujourd’hui lorsque la brutalité policière est un sujet tellement abordé, il est intéressant de comprendre qu’elle a existé, malheureusement, depuis longtemps. J’aimais le développement des personnages, en particulier Joshua et Simone. Pas de tout statiques, et pas une histoire d’amour simple. Rien de simple dans ce livre! Par exemple, le mouvement ouvrier est présenté comme juste, mais pas sans problèmes... notamment, l��écrivain décrit la situation des femmes (et les injustices qu’elles subissent même dans ce mouvement) en détail impressionnant. Merci pour cette attention à la complexité et les limites du mouvement!
La structure du récit est intéressante (prolepse, analepse, point de vues multiples pour un même évènement, etc).
Cependant, le style est trop dense, trop compliqué, trop précieux (personne n'a besoin d'un rappel aussi fréquent et maladroitement poétique qu'il neige en mars à Montréal). Ce style affaiblit l'impact de l'histoire, laquelle vise à provoquer une réflexion sociale, ce qui ne peut être fait que par une description de la misère, de l'injustice, de la xénophobie. Il faut que le lecteur puisse ressentir les choses. Cependant, les personnages se perdent sous la langue excessive et peu réaliste. L'identification du lecture aux personnages est ainsi difficile. La langue poétique qui, on peut supposer, visait à provoquer l'empathie ne remplit donc pas son rôle.
Je crois qu'il est aussi pertinent de se pencher l'effacement, à certains égards, de la responsabilité des canadiens-français dans les actes de xénophobie (ex: excuser leur xénophobie par l'influence du clergé catholique, mettre le personnage de Simone dans une position de salvatrice des immigrants).
Pierre Samson réussit, dans cette oeuvre, autant à informer qu'à émouvoir. D'ailleurs, plusieurs passages sont à relire pour le simple plaisir de savourer l'intense beauté littéraire créée par l'artiste. L'intrigue, qui peut paraître simple à première vue, se révèle à travers chaque chapitre comme une visite dans un musée inconnu. Rien de prévisible, de convenu, de cliché, on en vient à se demander si l'auteur a mis la main sur une machine à voyager dans le temps pour infiltrer les groupes qu'il décrit!
Finalement, si la lecture de ce roman vous intéresse, je vous conseille d'accompagner votre lecture d'une ou de plusieurs cartes de Montréal à l'époque de l'Entre-Deux guerres. Cela vous permettera de saisir plus aisément les parcours des personnages et de vous immerger encore plus profondément dans l'univers présenté.
Incapable de terminer ce livre. Belle prémisse, mais l’auteur tente trop de démontrer ses recherches via des phrases beaucoup trop longues. On s’y perd et il est impossible de suivre la trame de l’histoire.
Une incursion historique dans le Montréal bigarré et anticommuniste des années 30. Fascinant portrait du statut des immigrants et de la société montréalaise. Plus une fresque qu'un thriller.
Beaucoup d'informations sur le Montréal des années 30, son architecture, la société multiculturelle et à 2 niveaux (pouvoir et richesse, "esclavagisme" et ultra pauvreté), force de police et nazis contre groupes communistes, juifs ou révoltés, conflits religieux,.... Beaucoup de mots savants qui apportent souvent confusion plutôt que connaissance. À lire si vous aimez l'histoire.