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Vol à vif

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Johary Ravaloson repart en brousse, sur les traces des Dahalos, les voleurs de zébus qui défraient la chronique à Madagascar. Sur cette histoire, Johary Ravaloson couche l’amour ingénu - mais pipé - liant des adolescents que rapproche le destin, et qui ne se savent pas frères. Derrière cet univers heurté et plein de vies blessées, de coups de feu et de sagaie, c’est toute la mémoire des pratiques ancestrales du vol des zébus, la force de la divination sur la vie des hommes et les gestes du pardon qui sont peints.

192 pages, Paperback

First published March 22, 2016

14 people want to read

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Johary Ravaloson

38 books15 followers

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Displaying 1 - 2 of 2 reviews
Profile Image for Valimbavaka Raherimananjara.
6 reviews
October 23, 2025
Ce qui m’a frappée d’abord à la lecture de Vol à vif, c’est la profondeur humaine accordée aux dahalo. Johary Ravaloson refuse la caricature et explore, à travers leurs histoires imbriquées, les fractures sociales et existentielles d’un pays où l’État reste souvent une idée lointaine plus qu’une réalité tangible.

Je me suis arrêtée sur les raisons circonstancielles et collectives qui poussent Papang, Razilna, Tibaar, Ranono ou Dollar à devenir dahalo. Chacun entre dans le vol de zébus non par goût de la violence, mais parce qu’il a été dépossédé de ses biens, de ses droits ou de ses repères. Le bœuf devient ici symbole de survie, de dignité et parfois d’amour ou de filiation.
Chez Papang, la misère et la mort de sa mère fondent une tragédie intime.
Avec Tibaar, c’est le poids de la coutume : prouver sa valeur à la famille de sa fiancée, qui le pousse à la dérive.
Quant à Razilna, ancien policier devenu marginal, il incarne la faillite du système : même les représentants de l’ordre glissent vers l’illégalité quand l’ordre lui-même ne nourrit plus.

J’ai été marquée par l’absence de l’État. Dans Vol à vif, le pouvoir central n’apparaît que sous forme d’impôt, d’opération militaire ou de discours lointain. Les populations du Sud vivent dans une double invisibilité : ignorées des institutions et déformées par les médias.
Les lettres de sang laissées par la misère (peste, acridiens, pauvreté) contrastent violemment avec les privilèges des élus et des riches de la capitale. La scène du député qui détourne les biens publics m’a particulièrement marquée : une image forte d’une injustice structurelle où la décentralisation devient un mot creux.

J’ai été sensible à la finesse avec laquelle Ravaloson interroge la tension entre modernité et racines. À travers Iabamino, maître du bois bleu et gardien du sikid, le roman pose la question de ce qu’on sacrifie lorsqu’on tourne le dos aux traditions. Même lorsque la modernité permet le progrès scientifique ou intellectuel, elle ne doit pas effacer ce que l’âme réclame : l’ancrage culturel, la mémoire du territoire.
De même, le tromba ou le fitampoha ne sont pas de simples croyances folkloriques, mais les signes d’une spiritualité collective que la modernisation économique et les politiques publiques peinent à comprendre.

Je me suis aussi interrogée, à travers Tibaar et d’autres personnages, sur la valeur du rejet. Être rejeté n’est pas toujours une malédiction. L’exil peut devenir moteur d’ouverture. Dans le roman, celui qui quitte son clan découvre l’altérité, son esprit s’élargit. Ce thème résonne avec la figure de l’homme Bara “devenu Mikea”, métaphore d’un peuple en errance entre fidélité à soi et adaptation au monde.
Cette quête identitaire est aussi une réflexion sur la liberté : celle que le mot Bara lui-même incarne — cette liberté d’aller, d’exister et de choisir malgré la précarité.

J’ai également retenu la dimension morale du récit : “les mensonges ou les secrets, s’ils ne sont pas révélés, peuvent nuire à d’autres personnes.” Cette phrase est, pour moi, le fil rouge éthique du roman : le silence, qu’il soit individuel ou collectif, entretient le désordre. Les personnages, comme la société malgache décrite, portent le poids de ces non-dits transmis de génération en génération.

En toile de fond, Vol à vif dresse le portrait d’un pays fracturé entre centre et périphérie, richesse et misère, rêve et survie. J’ai trouvé la lucidité de Ravaloson remarquable : il ne condamne pas, il questionne. Son écriture nous plonge dans les dilemmes éthiques, politiques et spirituels d’une nation encore en quête de justice.
Profile Image for Ida Fitri.
Author 12 books13 followers
August 17, 2024
Perburuan: Cerita yang nun jauh di sana namun terasa begitu dekat. Tibar membawa kita berpetualang ke bukit-bukit, gua-gua dan sungai di Magadaskar sana.
Displaying 1 - 2 of 2 reviews

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