Claire, inquiète, consulte à nouveau son portable. Il est vingt heures passées et son petit-ami, qui était censé venir la chercher, est introuvable. Cela fait bientôt six mois qu’ils sont ensemble, Claire le connaît bien. Medhi est toujours à l’heure. François est extrêmement organisé. Grâce à lui, la soirée du samedi est devenue un évènement incontournable que ses voisins, choisis avec le plus grand soin, ne rateraient pour rien au monde. C’est le moment idéal pour décompresser et se relâcher. En plein cœur de la forêt, Medhi est nu. Il tremble. Malgré l’obscurité, il parvient à repérer plusieurs personnes autour de lui, les rires vont bon train, tout le monde semble à la fête… Mais qu’attend-on vraiment de lui ?
L'histoire est affreuse et écœurante, elle se lit vite et fait dresser les cheveux sur la tête, dommage pourtant d'avoir abusé de clichés (milieu rural, gros racistes aux idées arrêtées, alcoolos, mœurs incestueuses et autres vulgarités...). Le tableau est chargé !
Claire n'a plus de nouvelles de son petit copain depuis leur rendez-vous loupé du vendredi soir. Très inquiète, elle pressent qu'un truc grave est arrivé. La police écoute ses plaintes mais répond qu'il est trop tôt pour ouvrir une enquête. Alors elle fait comme elle peut, trouvant du réconfort auprès de sa belle-famille éplorée. Elle n'imagine pas encore le cauchemar qui l'attend car Medhi a été enlevé par des amateurs de chasse qui ont fait de lui leur gibier !
Le roman est dur & très sombre... non seulement pour le déballage d'une violence presque ordinaire mais aussi pour la cruauté humaine qui s'expose sous nos yeux effarés. C'est moche moche moche. On se prend tout en pleine tronche et on n'aime pas ça. L'histoire manque juste de nuances, surtout les personnages. Mais c'est une lecture sans concession donc pas très cool à ingurgiter.
Une expédition dans les bois minutieusement préparée: sept véhicules se succèdent, leurs occupants impatients d'entamer une partie de chasse nocturne, on s'apprête à libérer la « bête » séquestrée dans un coffre… Quelques heures plus tôt, un jeune homme, Medhi, a rendez-vous avec sa petite amie, Claire, devant un cimetière de campagne… Je remercie Net Galley et les Editions Préludes pour la découverte de ce roman assez atypique dans le paysage actuel du thriller français, de par sa forme et de par son contenu. Dès le départ, les dés sont joués : nous devinons dans les grandes lignes la trame de cette intrigue, qui est relativement peu élaborée. Est-ce un défaut? A mon sens, non, car ce livre m'a passionnée de la première à la dernière page. Les chapitres alternent entre le passé et le présent, à quelques heures d'intervalle, sans perdre le lecteur. La lecture est fluide, le style franc, froid, tranché colle aux actes de préméditation du crime, réfléchi et organisé et surtout au caractère manipulateur de François, chef de bande, initiateur de cette mise à mort barbare. Bien que la psychologie des personnages ne soit pas extrêmement développée, on devine l'importance de l'effet de groupe, de l'influence de caractères forts sur les plus faibles. Ce n'est pas un crime gratuit, le geste est motivé par une haine de la « différence » entretenue depuis l'enfance, par des discours xénophobes sans fondement transmis de génération en génération… L'histoire que nous conte Anthony Bussonnais est terriblement inquiétante, tant dans le sujet traité, la xénophobie et ses conséquences les plus extrêmes, que dans le réalisme de certains passages: ce livre n'est assurément pas à mettre entre toutes les mains… Âmes sensibles s'abstenir car nous sommes confrontés à de la barbarie pure… L'auteur pointe du doigt la bêtise, l'ignorance, le manque d'instruction qui touche toutes les strates de la société et pas seulement le demeuré qui vit au fin fond de la campagne, cliché remis en cause par la part prépondérante du notable, celui dont le statut social inspire confiance, celui que l'on respecte et qui pourtant sera l'instigateur de cette cruauté abjecte… La seule lumière de ce livre très sombre émane de la famille de Medhi, la victime: eux seuls sont capables d'empathie, d'humanité. Cette famille maghrébine touchée par le malheur en plein coeur du ramadan porte pourtant un message d'amour et de paix, aux antipodes de l'autre famille, dont le moteur n'est que la haine du prochain… Sans entrer dans le détail, ce livre m'a d'autant plus perturbé que je connais très bien les lieux mentionnés et même si l'auteur a pris soin de remplacer quelques noms, cela a rendu l'intrigue très réaliste à mes yeux, et j'ai eu une vision toute autre de ma campagne chérie, de mon havre de paix, des forêts où je vais me promener qui se sont brutalement transformées en lieu de massacre ignoble… Expérience de lecture assez brutale je l'avoue! Cette histoire peut malheureusement être transposée dans n'importe quelle région de France, « la France profonde » employée péjorativement ne veut pas dire rurale mais « basse », d'une bassesse d'opinion, de jugement… Ce livre a eu tant d'impact sur moi que je suis obligée de me dire : STOP, ce livre n'est qu'une fiction… Je trouve que pour un premier roman publié, c'est une belle réussite ! Retrouvez mes chroniques sur https://loeilnoir.wordpress.com/
La lecture d'"Un samedi soir entre amis" se déroule facilement et rapidement, grâce à un style abordable et une thématique d'actualité, le racisme, mais poussée sur une pente dangereuse. L'intrigue est temporellement resserrée (du vendredi 17 au mardi 21 juin 2016), le roman porte donc bien son titre puisque le nœud de l'action se situe ce fameux samedi soir, mais le crime au cœur de l'intrigue ne porte pas de réelle motivation, et c'est bien cette banalité terrifiante qui semble d'abord originale, qui ne paraît finalement pas assez aboutie. Les personnages ne sont pas assez approfondis dans leur psychologie, les quelques rebondissements sont la plupart prévisibles (du moins, pour moi, grande lectrice de thrillers/policiers) et la façon dont les coupables sont appréhendés se révèle trop linéaire, pas assez travaillée. Cette dangerosité du propos se retrouve également dans le traitement de ce microcosme extrémiste, où la vision des personnages reste très manichéenne entre les "bons" et les "méchants", les magrébins et les "français". Pour preuve, la seule scène sexuelle, choquante et provocatrice d'inceste, n'apporte rien à l'intrigue si ce n'est d'appuyer le côté vraiment bizarre de cet univers raciste et pétri de préjugés. Alors oui, le thème est d'actualité, son traitement se voulait probablement original mais cet ancrage dans le réel, loin d'être bénéfique, enlève de la vraisemblance car poussé aux extrêmes. Néanmoins, la lecture est demeurée un bon moment de divertissement et finalement d'amorce de réflexion, mais l'histoire ne restera pas gravée dans ma mémoire.
Résumé : 20h15, Claire est inquiète, son petit ami n'est pas à l'heure à leur rendez-vous. Pourtant il est très ponctuel d'habitude, ça ne lui ressemble pas. Elle espère qu'il ne lui est rien arrivé de grave. Au même moment, François, le vétérinaire du coin, est pressé, comme un enfant le soir de Noël ! Ce soir, c'est relâche, et il a prévu une soirée spéciale avec ses amis. Pour Mehdi c'est tout le contraire. Il est nu, en pleine nuit, au beau milieu de la forêt. Il est totalement déboussolé, ne comprend pas ce qu'il fait là. Il perçoit des silhouettes et des rires autour de lui. Qui sont ces gens ? Qu'est-ce qu'on lui veut ?
Mon avis : Sur ce livre sorti il y a peu, j'ai pu lire des avis totalement opposés, allant du coeur de coup au flop total. Et pour moi alors ? Petite appréhension en le commençant. C'est une lecture fluide et bien rythmée qui suit les points de vue de Claire, son petit ami Mehdi (ce n'est pas du spoil, déjà sur la quatrième de couverture on le comprend) et de François. On alterne entre le vendredi soir, la disparition de Mehdi, et le samedi soir, déroulé de la soirée en forêt ; les éléments se mettent en place petit à petit afin de saisir le déroulement des événements. Je l'ai dévoré en quelques heures, l'intrigue est haletante ! Alors, oui, les personnages, campagnards et extrêmes, sont clichés, le trait a bien été forcé afin de servir l'histoire. Mais il s'agit d'une fiction. On comprend assez rapidement qui sont les différents personnages par rapport aux autres, ce que j'aurais aimé un peu moins évident, même si ce n'est pas la grosse révélation dans le livre. J'aurais aimé un peu plus de texture vers la fin, après cette fameuse nuit, ça manquait de réalisme. En conclusion, oui, j'ai aimé ! Ni un coup de coeur absolu, ni un ros flop, mais un bon moment de lecture.
Sometimes gripping, but rather flat and linear 'Racist Hunger Games a la Campagne', that ends a little abruptly and, it feels, unsatisfyingly. I'd have wanted more justice, recriminations and 'why' coming from the baddies, and probably a more dramatic duel between daughter and parents.
It's well meaning, but the subplot of the girlfriend in the warm bosom of the Arab family also feels a little bit obvious and schmaltzy (though with the best intentions). All told, a pretty basic airport 'chase' thriller / beach read - diverting, but pretty ordinary.
Je l'ai lu jusqu'à la fin pour justement connaître la fin. Mais je n'ai vraiment pas aimé. Et ce n'est pas trop français international : "Ça sclingue", "C'est chelou", un "bougnoule". Bref, pas le thriller du siècle.
J'ai feuilleté, plus que lu, ce récit, avec un sentiment de malaise. Glauque, écriture expéditive, personnages pas attachants... Ce n'est pas un livre pour moi.
Voilà un roman qui n’a malheureusement absolument pas fonctionné avec moi.
Le synopsis était alléchant, et, au moment où je l’ai lu (il y a quelques semaines de cela) j’avais hâte de le découvrir, aucun doute là dessus. Mais, dès les premiers chapitres j’ai senti que l’alchimie entre nous n’allait pas fonctionner.
Pour autant je l’ai bien entendu lu du début à la fin, et je dois d’ailleurs reconnaître qu’il se lit assez rapidement.
Là où je n’ai absolument pas adhéré c’est sur les différents choix de l’auteur concernant ses protagonistes et/ou leurs dialogues.
Je ne nie évidemment pas que ce genre de personnages existent (hélas...). Les êtres profondément mauvais sont légion, et s’il reste une atrocité à inventer, nous pouvons compter sur l’humain pour ne reculer devant rien pour y parvenir sans hésitation. C’est pour moi une certitude.
Pourtant, à la façon dont l’auteur présente les choses, on pourrait croire qu’il pense que toute personne vivant en province est : raciste, homophobe, violent, alcoolique et vulgaire. Voire même incestueux, si on se réfère à la fameuse scène où Marie couche avec son propre fils (répondant au nom de Jesus...).
Tout cela a fortement contribué à freiner mon plaisir de lecture.
Je reste pourtant persuadée que l’auteur a voulu faire passer un message à son lectorat. Peut-être a t-il voulu pousser le lecteur dans ses retranchements et a-t-il (trop) fortement forcé le trait afin de nous pousser à ouvrir les yeux sur une certaine réalité ? C’est pour moi plus que probable, et je ne peux que lui tirer mon chapeau pour le culot dont il a su faire preuve.
Mais ça n’a malheureusement pas contrebalancé les nombreux clichés et les vulgarités répétitives qui ont gêné (et par moments totalement annulé) mon plaisir de lecture et ont fait disparaître mon intérêt pour l’intrigue.
Ce ressenti n’engage évidemment que moi, et le mieux est bien entendu que chacun se fasse son opinion par lui-même.
Quant à moi, je lirai avec intérêt le prochain roman d’Anthony Bussonnais, afin de voir vers quoi il se dirige.