52 microrécits fous d’amour, 52 gouttes d’eau qui subliment le quotidien et racontent les cartouches des suicidés de la veille, les oursins cannibales et les nuages gorgés de pluie artificielle. Le poète est ici dans son élément, il jette l’ancre à Québec et mord la fleuve qui le lui rend bien.
Né à Québec en 1977, Charles Quimper tenta d’abord de se faire pêcheur de homard avant de réaliser qu’il était atteint d’un mal de mer insurmontable. Il devint alors installateur de piscines hors terre et vendeur de fermetures éclair, avant de devenir libraire puis collaborateur à plusieurs revues et magazines. Marée montante est son premier roman, et Tout explose son premier recueil de poésie.
« J’aime que tu encordes ton nom au mien, que tu fasses bouger la lune les soirs de marée haute »
Ce lecteur fut plus qu’enchanté par les deux premiers efforts littéraires de Charles Quimper (MARÉE MONTANTE et TOUT EXPLOSE), puis quelque peu contrarié par l’amertume et l’hostilité de LES BRAISES, paru plus tôt cette année. Avec LA FLEUVE, sont cimentées la maîtrise ainsi que la souplesse de la plume de cet auteur de Québec. Le Quimper que j’admire est de retour.
Le littoral y joue un rôle, parfois premier, généralement en marge, mais toujours présent. Présentes aussi sont les déclarations d’amour, les vénérations envers celle qu’il aime, son corps, son âme … ses marées. C’est très beau.
Le surligneur du lecteur a travaillé fort. LA FLEUVE est à lire, relire, puis garder à portée de main pour une replongée dans la beauté des flots, dans la beauté des mots.
« Je rampe jusqu’à toi. Comme la mer avant moi j’épouserai tes chevilles et tes pieds.»
Si je savais comment expliquer pourquoi j'aime un recueil de poésie et pas un autre, je vous le dirais.
Mais je peux partager des extraits.
"On a la peau qui pèle, nos silences meublent la pièce beaucoup mieux que n'importe quelle bibliothèque Ikea."
"Tu disais que la grâce passe juste une fois par jour, très tôt le matin, quand les cochers n'ont pas encore monté la côte d'Abraham et que les exemplaires du Journal de Québec dorment encore dans le sac des livreurs."