"J'ai écrit une lettre à François Legault. Des lettres, on lui en écrit beaucoup, mais celle-là est plus personnelle. Plus longue, aussi. C’est devenu un livre. Je l'ai appelé Lettre d'un député inquiet à un premier ministre qui devrait l'être, parce que ça résume bien mon état d'esprit depuis que je le vois aller dans ses nouvelles fonctions. L'inquiétude qui nous habite tous et toutes face à l'urgence climatique.
Je ne l'accuse de rien. À bien des égards, notre premier ministre est sincère. La première fois que je l'ai croisé, en plein coeur du printemps étudiant, tout nous séparait déjà, mais sa passion pour l'éducation était palpable. Devenu premier ministre, François Legault a conservé sa fougue, à une exception près. Une exception de taille. Lorsqu'on lui parle d'environnement, sa réaction me fait penser à celles des chevreuils qui, aveuglés par les phares d’une voiture qui fonce sur eux à toute vitesse, figent et fixent le danger, incapables de réagir.
J'espère donc lui faire voir l'urgence climatique avec des yeux neufs, lui faire réaliser le poids considérable qui pèse sur ses épaules, l'ampleur du défi, sans ménagement; mais aussi lui faire entrevoir la vie meilleure qui attend les Québécoises et les Québécois s'il décidait de le relever.
Une conversion sincère passe nécessairement par quelques sacrifices idéologiques. Le premier ministre doit accepter que le Québec devra changer, que ces changements seront parfois difficiles. Il doit faire le deuil du modèle économique qui nous a mené jusque-là. C'est le prix à payer pour pouvoir regarder ses enfants dans les yeux, ce qu’il a souhaité pouvoir faire dans son discours inaugural il y a un an. Mais c'est bien peu cher payé face à la catastrophe annoncée du business as usual. Celle-là, elle se mesure en degrés de réchauffement. Entre chaque degré, des millions de vies pèsent dans la balance.
Je suis peut-être naïf, mais qui ne tente rien n'a rien. Car tout ce qui nous sépare s'enjambe tellement facilement une fois que nous posons le même regard lucide sur une situation qui devrait, à l'heure actuelle, mobiliser le Québec comme le New Deal avait mobilisé les États-Unis de la Grande Dépression.
Cette lettre, je l'adresse à François Legault, mais je vous la dédie à vous, chers amis. Servez-vous en d'argumentaire. Vous la trouverez dans toutes les bonnes librairies. Faites-la circuler auprès de tous les François Legault de votre entourage. Sortons-les de leur déni avant qu'il ne soit trop tard."
Gabriel Nadeau-Dubois, (né le 31 mai 1990 à Montréal, au Québec) est un homme politique québécois. Il s'est fait connaître durant la grève étudiante québécoise de 2012, alors qu'il agissait comme co-porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (CLASSE), une coalition d'associations étudiantes opposées à la hausse des frais de scolarité universitaires au Québec décrétée par le gouvernement de Jean Charest. Il est depuis mai 2017 co-porte-parole de Québec solidaire et député de Gouin.
Il a remporté le prix du Gouverneur général, catégorie Essais, pour Tenir tête.
Deux constats transpirent de la lecture de LETTRE D’UN DÉPUTÉ INQUIET À UN PREMIER MINISTRE QUI DEVRAIT L’ÊTRE : - Le contenu confirme que son auteur est brillant - Le ton démontre que son auteur est baveux.
On comprend pourquoi Gabriel Nadeau-Dubois polarise tant auprès de la population. Avant même son entrée officielle en politique active, GND était déjà un politicien plus habile que la majorité de ceux qui sont ensuite devenus ses collègues. Fin orateur, intellectuel (à la fois classique et moderne), essayiste avéré et efficace, capable d’être sympathique, il sait jouer la game avec brio. Ses détracteurs, s’ils sont honnêtes, reconnaîtront ces faits, avant de le rabrouer en le traitant de « p’tit criss ».
Et « p’tit criss » (whatever it means!), il peut l’être!
En choisissant de s’adresser directement à son Premier ministre à la deuxième personne, et non à la troisième (comme je l’aurais préféré, question d’être moins dérangé par le ton), GND ne peut éviter de paraître condescendant envers le destinataire de son message. J’imagine facilement monsieur Legault diluer l’importance de la missive justement en raison de ce ton, subtilement méprisant utilisé par l’auteur :
« Si vous avez ne serait-ce qu’un peu d’amour propre, monsieur Legault, vous devriez être insulté par une telle supercherie. L’êtes-vous? »
« Vous êtes fier de votre statut de comptable, alors vous ne m’en voudrez pas de traduire les scénarios présentés ici en des termes que vous connaissez bien, ceux de l’argent. »
« Il arrive que les chevreuils, aveuglés par la lumière, se laissent écraser par la menace qui fonce sur eux. Ne soyez pas ce chevreuil, monsieur Legault. »
« M’est-il permis d’espérer que vous saisissiez mieux l’urgence dans laquelle nous nous trouvons si je vous dis que ce que nous annoncent tous les faits colligés par la science, c’est une formidable crise économique? »
Les quatre sections du court ouvrage regorgent de telles cynismes enrobés dans une distinguée politesse. Ma mère disait qu’en vouvoyant les gens, il était plus difficile de les envoyer «promener». Je crois que GND est capable des deux : vouvoyer et envoyer promener.
La question demeure : monsieur Legault a-t-il lu cette lettre? J’espère que oui et j’espère qu’il a été capable de fait fi du ton et de concentrer son attention sur l’information exposée par son auteur.
(4/5. En fait, je donne 5/5 au contenu et à la qualité de l’écriture, mais le ton utilisé par l’auteur dilue inutilement l’impact de l’importance du message)
D'accord, le ton est arrogant et je pense que certains commentaires auraient pu être édités, mais cette lettre que GND a écrite il y a à peine 2 ans au premier ministre du Québec au sujet de la crise climatique était nécessaire. Il y a un argumentaire qui s'appuie sur des données scientifiques et ouvrages d'autres sonneurs d'alarme avant lui. Difficile, pendant la lecture, de ne pas faire de parallèle avec les autres enjeux qui sont ignorés par le PM en ce moment.
Gabriel Nadeau-Dubois a toujours su manier les mots avec force. Il attire l'attention, il la garde avec son ton un tant soi peu arrogant, et il le fait avec merveille.
« Qui est le plus irresponsable ? L'insensé qui ne lutte pas contre les changements climatiques parce qu'il refuse les preuves de la science ou le sensé qui reconnaît la science, mais ne fait rien pour éviter la catastrophe ? »
Son ton souvent dénoncé, il ne me dérange pas ici. GND se fait le porteur de la vision des jeunes, ceux qui ont envie de dire « ok, boomer », quand on leur dit « oui l'écologie, mais pas au péril de l'économie » . Son texte est franc, facile à comprendre. Il nous répète ce qu'on sait depuis des années maintenant : on s'en va tout droit dans le mur. Malgré tout, on trouve le moyen de dire que GND polarise trop. Serait-il le temps de se remettre de 2012 et de se tourner vers son message, qui est important, lui ?
J'ai lu beaucoup d'essais environnementalistes ces derniers temps. Ils me rendent tous anxieuse et mal à l'aise. Mais c'est ça le but, être mal à l'aise. En fait, on devrait tous être fâchés, sans cesse. Pour reprendre un slogan célèbre : if you're not angry, you're not paying attention.
Ces essais, comme la lettre de Nadeau-Dubois, ont tous un point en commun. Ils soulignent l'importance d'agir, et le fait que c'est possible pardieu! mais qu'on est bloqués par une seule chose : le capitalisme. C'est vrai que les compagnies seront fâchées. C'est aussi vrai que le premier ministre qui aura le courage de fermer la porte au pétrole, à l'étalement urbain, aux projets autoroutiers, pour imposer le transport en commun, l'électrification, les pistes cyclables...sera le premier ministre d'un seul mandat. Mais on se souviendra de lui dans l'histoire.
On voit de plus en plus de jeunes maires avec un souci écologique. Valérie Plante, Bruno Marchand, Catherine Fournier. Mais est-ce que ce sera suffisant ?
Je le répète, le ton de GND ne me dérange pas ; parce qu'il est celui d'une génération entière qui en a marre d'être sur le banc, en regardant une équipe jouer sans considération pour elle, en lui disant, tu feras ce que tu veux quand ce sera ton tour...sans voir que le score est déjà de 50 à 0 pour l'autre équipe.
Livre très bien écrit, très pertinent et appuyé sur des faits. Cependant, cette lettre fait aussi un peu peur par rapport à l’avenir lorsqu’on réalise toute l’inaction du gouvernement.
Ce petit ouvrage est un bon diagnostic de la crise climatique et dénonce l’inaction politique sur cet enjeu. Cependant, bien qu’il offre certaines orientations, il n’y a pas vraiment de pistes de solutions concrètes ou de propositions dans ce livre. Ceci étant dit, le passage sur la banlieue et l’urbanisme est très intéressant. Une courte lecture qui est somme toute agréable.
Au premier chef, cette lettre-qui-est-plutôt-un-essai est un geste politique plutôt habile de la parle de GND puisqu'il trace une ligne dans le sable. À partir du moment où cette lettre était ''rendue publique'', il forçait le premier ministre à dire ''Oui, c'est vrai, je le savais''.
Le ''je le savais'' en question, c'est surtout le thème de l'environnement et de la lutte aux changements climatiques. Je dois avouer que GND est rigoureux et plutôt pertinent dans ce livre. Bien sûr, on tire un peu vers le catastrophisme pour l'effet-choc, mais la logique de son argumentaire se tient et il reste cohérent envers ses positions traditionnelles. Je ne peux pas dire que j'ai appris grand-chose en le lisant, mais il a la capacité de vulgariser et d'argumenter de belle façon, dans son créneau du moins.
Je crois que tous devraient lire ce livre, qu'ils soient de gauche ou de droite. Dans une société où le débat global, mais surtout celui sur l'environnement, se stérilise à vue d'oeil, il faut sortir de sa chambre d'écho et aller voir ''l'autre''. C'est ce que j'ai fait et je ne suis pas déçu.
L'environnement est plus qu'un punchline politique, il faut s'en parler ouvertement et faire avancer le débat de société sur plusieurs aspects, comment l'aménagement du territoire, l'utilisation du transport ou l'implication du gouvernement dans sa préservation. C'est ce que GND tente de faire en lançant ce pavé dans la mare.
Cet ouvrage nous met le nez dedans! Autant pessimiste par rapport à l’avenir, autant optimiste, surtout réaliste. Remplis de fait intéressant méconnu, bien vulgarisé. Je me demande si François Legault l’a lu!
Dans sa Lettre d'un député inquiet à un premier Ministre qui devrait l'être, Gabriel Nadeau-Dubois essaie de demeurer optimiste malgré sa description de ce qui nous attend si nos élus continuent d'en faire beaucoup trop peu face aux changements climatiques. Malheureusement, cet optimisme semble souvent creux. Il l'est peut-être parce que, face à un gouvernement caquiste majoritaire et à d'autres élus climato-sceptiques ou tout au moins extrêmement mous face à la crise écologique, il est dur de partager cet optimiste. Il l'est probablement aussi parce qu'on a peine à croire que même GND ressent cet optimiste quand il connait l'intransigeance des élus québécois, surtout caquistes et libéraux. Finalement, il l'est parce qu'il s'inscrit dans un texte qui prêche dans sa paroisse. Si vous lisez la Lettre d'un député inquiet à un premier Ministre qui devrait l'être, c'est que vous êtes certainement déjà d'accord que des changements majeurs doivent être mis en place. Le seul moyen que cette lettre se rende utile, c'est de la partager.
Un essai intéressant qui se démarque par la pertinence des sources que Gabriel Nadeau-Dubois utilise pour montrer l'ampleur de la crise climatique. Néanmoins, son ton est franchement agaçant et beaucoup trop "apocalyptique" en laissant croire qu'il faut que la lutte aux changements climatiques "commence par le Québec", alors que les États-Unis, la Chine et l'Inde sont les plus grands pollueurs du monde. Le Québec a beau tout faire pour protéger l'environnement et lutter contre les changements climatiques, leurs émissions mondiales ne sont pas assez pour créer un réel impact dans cette lutte si la Chine, l'Inde et l'USA n'embarquent pas.
Heureusement, avec l'assermentation de Joe Biden dans 2 semaines, il se pourrait qu'on aille un réel leader qui dirigera le monde (et non seulement les States) dans une transition vers des énergies propres et un plan solide pour la lutte aux changements climatiques.
Le plan de Legault est correct, d'après moi, mais beaucoup trop ambitieux. Il mise sur une ressource: l'hydroélectricité, alors qu'il ne devrait pas avoir peur de radicalement changer nos modes de vie si nous voulons lutter pour la survie de la planète.
Drawing on the current debate over climate change and the dire warnings of scientists, Gabriel Nadeau-Dubois challenges Premier Francois Legault to step up to the plate and deliver a vigorous plan for Quebec to reduce greenhouse gas emissions, diminish our dependence on the oil and gas industry, and challenge the preponderant role the automobile plays in our society. The plea is heartfelt and sincere. However, beyond a candid admission that a new environmental deal will be very expensive, the author remains very general in his proposed actions that government should take. “Stop urban sprawl”, “invest massively in public transit”, “ tax the huge multinational companies” are all well known rallying cries. But how to achieve these goals is not made explicit in this long letter/essay to the premier.
Bien que l'auteur se montre critique (et parfois même acide) envers son interlocuteur, il met un effort visible pour éviter de diaboliser le camp du premier ministre actuel. Le sentiment qui domine lors de la lecture, c'est celui d'impuissance face aux forces capables d'engendrer le changement (ou ne pas l'empêcher) qui refuse de se mettre en marche.
Très intéressant ! Et contrairement à d'autres avis, j'ai particulièrement apprécié l'usage de la deuxième personne. C'est confrontant, et je crois que c'est nécessaire. Après tout, seul le premier ministre a le pouvoir de faire ces changements nécessaires, alors il va de soit se l'interpeller directement. À lire !
livre essentiel à lire !!!! Traite de l’inaction climatique du gouvernement québécois, nous fait comprendre concrètement le lobbyisme par les compagnies pétrolières. J’ai adoré la partie qui parle de l’étalement urbain et son impact sur l’environnement mais aussi sur les citoyens :-)
M. Legault aurait tout intérêt à lire cette lettre qui lui est adressée...chapeau à GND, démoralisant mais fascinant. Les changements climatiques, c'est l'affaire de tous.