Gabriel Nadeau-Dubois a toujours su manier les mots avec force. Il attire l'attention, il la garde avec son ton un tant soi peu arrogant, et il le fait avec merveille.
« Qui est le plus irresponsable ? L'insensé qui ne lutte pas contre les changements climatiques parce qu'il refuse les preuves de la science ou le sensé qui reconnaît la science, mais ne fait rien pour éviter la catastrophe ? »
Son ton souvent dénoncé, il ne me dérange pas ici. GND se fait le porteur de la vision des jeunes, ceux qui ont envie de dire « ok, boomer », quand on leur dit « oui l'écologie, mais pas au péril de l'économie » . Son texte est franc, facile à comprendre. Il nous répète ce qu'on sait depuis des années maintenant : on s'en va tout droit dans le mur. Malgré tout, on trouve le moyen de dire que GND polarise trop. Serait-il le temps de se remettre de 2012 et de se tourner vers son message, qui est important, lui ?
J'ai lu beaucoup d'essais environnementalistes ces derniers temps. Ils me rendent tous anxieuse et mal à l'aise. Mais c'est ça le but, être mal à l'aise. En fait, on devrait tous être fâchés, sans cesse. Pour reprendre un slogan célèbre : if you're not angry, you're not paying attention.
Ces essais, comme la lettre de Nadeau-Dubois, ont tous un point en commun. Ils soulignent l'importance d'agir, et le fait que c'est possible pardieu! mais qu'on est bloqués par une seule chose : le capitalisme. C'est vrai que les compagnies seront fâchées. C'est aussi vrai que le premier ministre qui aura le courage de fermer la porte au pétrole, à l'étalement urbain, aux projets autoroutiers, pour imposer le transport en commun, l'électrification, les pistes cyclables...sera le premier ministre d'un seul mandat. Mais on se souviendra de lui dans l'histoire.
On voit de plus en plus de jeunes maires avec un souci écologique. Valérie Plante, Bruno Marchand, Catherine Fournier. Mais est-ce que ce sera suffisant ?
Je le répète, le ton de GND ne me dérange pas ; parce qu'il est celui d'une génération entière qui en a marre d'être sur le banc, en regardant une équipe jouer sans considération pour elle, en lui disant, tu feras ce que tu veux quand ce sera ton tour...sans voir que le score est déjà de 50 à 0 pour l'autre équipe.