" La Mère la Sainte et la Putain : ce sont les trois visages d'une femme qui raconte la gestation d'un enfant fait de mots, car ici, le texte est sa première mise au monde, avant l'être à venir .On suit toutes les étapes traversées par cette amazone libre, entre le moment où elle tombe amoureuse (l'errance puis la « chute d'organes, le cœur tombé dans l'estomac ») et celui où elle va enfanter : ces étapes, ce sont les trois statuts du titre de ce bref roman en forme de cri, violemment imposés au corps féminin dans un monde décrit sans concession.« La faculté d'adaptation de la femelle humaine est un miracle de la nature. C'est à ce jour la seule espèce qui sait muter en quinze jours de prédateur à invertébré. »« Les mots naissent de l'inconfort, de la plaie, de là où ça fait mal. Les mots sont le hurlement de l'animal blessé, le cri du soldat pendant la bataille, le rugissement de la lionne affamée. Les mots ne surgissent pas de la tranquillité. »« Parce que les mots sont plus grands que la chair, parce qu'ils lui préexistent et qu'ils lui survivront, parce que l'odeur d'une peau ça s'oublie, et que les mots ça se relit.Parce que le souvenir se floute, quand les mots ont fixé pour toujours les contours des corps entre les draps. »« La mère porte le fils de l'homme, la sainte lave les péchés. La putain baise la lie de l'humanité. Puis est venue Marie-Madeleine, qui a sanctifié le métier. Depuis elle, les putains jouent les infirmières, essuient les pieds de Jésus condamné, sèchent les larmes, noient dans leur ventre le mal de vivre, les vices et la fureur, consolent le cœur des amants empoisonnés. Les putains appartiennent aux hommes, mais ne portent pas leur descendance. À elles la douleur du monde, aux autres celles d'enfanter. »"
Un court roman à vif, de rupture, de famille et de transmission, de réflexions queers et aussi toujours beaucoup de sexe (queer). Je suis définitivement très sensible aux écrits de Wendy Delorme. Ça me parle, ça me fait mal et finalement du bien, en tout cas ça ne me laisse jamais indifférente.
+ mention spéciale à la postface d’Al Baylac qui apporte une plus value géniale !
je suis amoureuse de la plume de Delorme, je pense honnêtement que c’est mon autrice pref (merci pau pour la reco) jsp quel debrief faire, j’ai adoré ? elle a écrit les meilleurs romans (avec quatrième génération) que j’ai pu lire dans ma vie jtm
Honnêtement je n'ai pas trop compris ce livre. Je n'ai pas accroché et je n'ai pas cherché à connaître les raisons du style si particulier. J'ai tout lu; mais en oubliant quasiment tout en même temps. Je pense que pour l'auteur, la démarche est importante, ça se sent. Mais pour le lecteur, ça reste quand même un livre bien chelou
C’est intense et ça ne sera pas au goût de tout le monde. C’est écrit avec les tripes, clairement. Le titre annonce la couleur, on ne peut pas dire qu’on n’était pas prévenues. Tout au long de ces pages, Wendy Delorme raconte une relation passionnelle, un amour asymétrique, un drama queer/saphique cru comme on en trouve rarement tant elle secoue les limites imposées à la sexualité lesbienne/saphique. Si vous avez lu Viendra le temps du feu, vous reconnaîtrez cette même plume saphique qui se joue des tabous x1000.
La première partie du texte m'a mis mal à l'aise parce que, pour moi, elle dépeint une relation obsessionnelle non réciproque et ça me renvoie à trop de choses de mon passé. La deuxième partie m'a laissé de marbre. C'est cru pour être cru j'ai l'impression. Je n'ai pas vu l'intérêt. Certains journaux intimes devraient rester intimes.
Why do parts of this book sound like a queer version of heteropessimism?
Despite a couple moving passages it overall falls flat and the intense/melodramatic tone gives it an anachronic feel instead of leading it into a more New Narrative kind of alley.
Additionally, I’m kind of sick of this kind of “trans/dissident masculinity is actually as oppressive as hegemonic/cis masculinity” discourse because… really?