Anne vient d'emménager avec sa mère dans un nouveau quartier. Elle se sent seule et déracinée. Heureusement, elle fait la connaissance de Pierre, leur voisin peintre, et passe bientôt toutes ses soirées dans son atelier. Lorsque Pierre lui demande de l'aider à préparer sa prochaine exposition, Anne est très flattée. Ne serait-elle pas un peu amoureuse ?
Marie Desplechin has written over thirty books for children and adults, and is published internationally. Enormously popular in her native France, she has twenty-two first cousins, feels most comfortable in the kitchen, and has always dreamed of living in the 19th century.
Ce samedi 15 mai 2021, j’ai choisi de faire court, je l’avoue. Exténuée par une matinée passée à survivre à mes Chicoufs (les oncles, tantes et autres parrains et marraines investis me comprendront, tout comme les adeptes des fameuses BD Les triplés, de Nicole Lambert), je me suis contentée de lire un tout petit livre au beau milieu d’un après-midi oscillant entre pluie et beau temps : Ma vie d’artiste, de Marie Desplechin (l’école des loisirs). Et il se trouve que j’ai beaucoup apprécié ce récit qui parle de la pré-adolescence (mon créneau préféré en littérature jeunesse) et présente Anne, une jeune collégienne renfermée suite à un déménagement qui est, à ses yeux, un déracinement total. Mais très vite, elle fait la connaissance de Pierre, son voisin, un peintre légèrement morbide - son truc, c’est les cadavres -, qui accepte qu’elle l’assiste après l’école, pour l’aider à préparer sa prochaine expo. Aux côtés de Pierre, Anne grandit : le peintre ne la ménage pas, est brusque parfois, l’incite à s’investir. Anne a désormais un monde à elle, un secret qu’elle protège jalousement et ne partage pas avec sa mère, une bulle d’indépendance à l’intérieur de laquelle sa personnalité s’affirme. Elle rencontre Neville, le neveu de Pierre, qui a son âge et est plus dégourdi qu’elle. Elle s’en fait un ami et revit... L’autrice va droit au but, utilise efficacement les ellipses pour se concentrer sur l’essentiel. On aimerait parfois qu’elle nous en donne plus, afin de passer davantage de temps avec cette protagoniste qui nous rappelle nos propres hauts et bas de cette période charnière qu’est la pré-adolescence. Mais on réalise vite que c’est entre ces ellipses, justement, que se crée notre propre bulle intime, que se dessine notre jardin secret, notre vie d’artiste.