Tu pourras me manger seulement lorsque je te le dirai
Tu m’attacheras puisque je l’aurai voulu
Il ne sert à rien de courir
Je sais que mère-grand ne m’attend plus
Je sais que j’ai tout mon temps
Il n’y a plus personne à la ligne d’arrivée
Il n’y a plus de course
Plus de gagnant
Je n’ai plus peur de marcher dans les bois
Je suis le loup
Dans KINK, ces deux adeptes du BDSM lèvent le rideau sur leur histoire et vous invitent à entrer dans le jeu. Exploration sensible et poétique vue sous l’angle du consentement, KINK démystifie des pratiques méconnues pour entrer au coeur de notre rapport au pouvoir, à la sexualité et au fantasme.
J’ai adoré ma lecture, le texte à mi-chemin entre une pièce de théâtre et une performance - ce que les illustrations rendent bien dans le format papier. La postface est très enrichissante aussi et lance les lecteurs.rices sur de belles pistes de réflexions, spécialement pour celleux qui n’ont pas pu assister aux représentations scéniques de Kink. Le consentement est exprimé comme un processus à travers l’oeuvre et j’ai grandement apprécié cette nuance qui est moins binaire que oui / non, plus représentative de la vraie vie.
J’en aurais pris tellement plus. Grand regret d’avoir raté la pièce de théâtre il y a de ça quelques années.
Ce fut d’un connu rafraîchissant que de lire de la sexualité kinky décomposée en vers poétiques. J’ai particulièrement aimé que la courte oeuvre profite de l’occasion pour aborder l’enjeu sensible des violences sexuelles insidieuses pouvant s’immiscer dans la dynamique sous l’étiquette d’une dite sexualité bdsm. Ne pas laisser l’espace à l’autre de consentir ou non à une pratique, c’est une agression, point.
« On connaît tous quelqu’un Complètement cassé, brisé, pas de safeword Pas d’écoute de soi chez l’autre Pas de gros bon sens, une relation violente Un manipulateur pour qui y a jamais eu de jeu T’es brûlée. C’est comme ça que les gens du milieu kinky appellent ça, la fois où c’est allé trop loin. » (p. 52)
Superbe livre initiatique au BDSM. J'ai beaucoup aimé la partie explication à la fin. Le lien entre le BDSM et le consentement est très bien expliqué (et nécessaire)! Ça me donne le goût de voir la pièce :)
Le dernier paragraphe de ce livre résume parfaitement son essence: Ce que St-Onge et Sasseville-Painchaud offrent avec KINK, c'est une réflexion sur la relation qu'on entretient avec ses propres désirs. Un échange sur la pratique artistique et éthique des créateurs.rices. Une exploration de ce que signifie l'intimité partagée, le consentement, la sexualité et l'épanouissement. KINK est une expérience théâtrale, oui, mais encore davantage, une oeuvre littéraire qui éveille une curiosité et des désirs insoupçonnés.