Faut que j'te présente Vania Strudel.
Attention, commence pas à te foutre de sa gueule, j'te préviens j'te mords.
Je sais qu'elle a un prénom de serviette hygiénique et un nom de famille made in boulangerie, là tu m'apprends rien. Mais Vania, elle est cool. Elle est cool pour plein de raisons.
Déjà, Vania elle est cool parce qu'elle est totalement imparfaite. Elle a des défauts à n'en plus pouvoir. Elle est chiante, bornée, drama queen, pas capable de voir qui sont les bonnes personnes autour d'elle, un brin moqueuse, voire carrément méchante par moments. Et pourtant, tu t'attaches à elle. Tu apprends à te dépatouiller dans les couches, à creuser les apparences, et tu te dis, tout d'un coup : j'te kiffe, Vania. T'es trop fraîche.
Ensuite, Vania elle est cool parce que les gens autour d'elle le sont aussi. Tu sais, moi j'aime pas quand les parents font office d'abat-jour dans les romans ado. Si c'est pour avoir des rôles d'empêcheur de pogoter en paix, pas la peine. J'préfère encore qu'ils soient pas là. Emilie Chazerand, elle te crée un père de famille loufoque, investi, drôle à sa manière, mais surtout dingue d'amour pour sa gamine. Elle te crée un homme à la recherche du bonheur, à la conquête des petites choses, un gars qui n'a pas fini de rêver, tu captes ? Il a quarante-six piges et il démonte. Comme un strudel maison, supplément cannelle. Puis t'as Victoire. Elle sent la poiscaille sur les marchés du dimanche matin, mais c'est une sacrée bonne pote. Pas clichée pour un sou, du coup garde la monnaie. Et puis bordel, Pierre-Rachid quoi. Comment tu peux t'appeler Pierre Rachid, l'assumer, et être aussi mortel 23h/24? (ouais, attends c'est quand même un mec, accorde lui le bénéfice d'être un petit con au moins une heure par jour.) T'auras qu'à monter un étage pour rencontrer Rachel et son papa. Une nana cassée qui croit en l'amour version Adopte Un Plouc et son père légumineuses qui se la joue psy. Voilà. T'as un super portrait de famille que tu serais fier d'avoir en photo dans ton porte-feuille.
La Fourmi Rouge, c'est pas juste le roman marrant de ta rentrée. La Fourmi Rouge, c'est une boite de beignets, tu vois? Pour rester dans la thématique boulangerie. On te dit pas à quoi ils sont, alors tu mords, t'es surpris, t'es choqué, t'es attendri. Tu te laisses ramollir le coeur par l'écriture incisive et tordante de l'auteure, tu apprends l'empathie, tu découvres les blessures, les coins friables. La Fourmi Rouge, c'est se casser la gueule et en rire comme un porc. C'est se raconter des trucs qui font mal à même le sol en sachant que la personne à côté de toi t'aime pour tout ce que tu es. C'est un roman qui te dit "regarde à quel point la vie est belle, aussi biscornue soit-elle."
Pour reprendre un des mots de fin...
Emilie Chazerand
Merci
Sans ponctuation ni rien.